Home»A la une»𝗠𝗮 𝘃𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗶𝗻𝗼𝗻𝗱𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗮𝘂 𝗦𝗲𝗻𝗲𝗴𝗮𝗹 ! (Par Babacar Diop)baba

𝗠𝗮 𝘃𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗶𝗻𝗼𝗻𝗱𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗮𝘂 𝗦𝗲𝗻𝗲𝗴𝗮𝗹 ! (Par Babacar Diop)baba

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La question des inondations au Sénégal occupe l’actualité en raison de ses effets néfastes non seulement sur les populations, dans toutes les régions du pays, mais aussi sur toute l’économie sénégalaise, avec des dommages immenses à tous les échelons territoriaux. C’est avec le constat d’un désastre causé par les eaux que je me suis rendu d’abord à Thiès, le dimanche 06 septembre auprès de nos concitoyens qui souffrent, puis à Keur Massar, à Jaxaay et à Rufisque, le mardi 08 septembre. Partout où je suis passé, les dégâts et la détresse des populations dépassent l’entendement.
 Je dénonce ici l’inaction et l’absence de plan cohérent de lutte contre les inondations de l’État qui n’a posé jusqu’ici aucun acte concret qui va dans le sens d’abréger la souffrance des populations. Ainsi, je compte partager ici ma vision stratégique sur le sujet afin que l’on puisse trouver des solutions de nature à résoudre d’une manière durable ce problème dans la capitale et dans le reste du Sénégal.
À priori, j’aimerais souligner que la question des inondations n’est pas une affaire que l’on pilote à vue, mais plutôt un sujet qui requiert une planification cohérente et structurée. Au lieu de créer des structures pléthoriques, couteuses et sans aucune utilité observable pour le pays, nous proposons dans notre programme des méthodes nouvelles, des ressources humaines de qualité et du matériel suffisant pour trouver des solutions idoines et définitives. Il s’agira surtout de créer une toute nouvelle Stratégie d’aménagement du territoire national (2020-2050), suivi d’un Plan directeur d’aménagement du territoire (2020-2025) et d’un Plan opérationnel d’aménagement annuel du territoire pour tout le Sénégal.
Au niveau des organes et directions qui seront responsables de piloter la Stratégie et les Plans, FDS s’engage à mobiliser des spécialistes rigoureux et compétents pour s’occuper des inondations à temps complet, en leur donnant des moyens de grande envergure afin qu’ils soient à la hauteur d’une mission importante de cette nature. Par la suite, nous créerons un corps de vérification publique, doté de moyens conséquents, afin que le suivi des travaux soit assuré, une fois que les phases de construction d’infrastructures sont complétées.
 Selon notre vision des choses, c’est d’abord dans les instances techniques que les questionnements scientifiques sur ce problème devraient être transposées et ainsi permettre à l’État de disposer de moyens pour évaluer l’évolution de la situation en temps réel. Par ailleurs, la réorganisation permettra de s’occuper de trois grandes questions fondamentales :
1) nous programmerons les mesures d’assainissement en association avec les spécialistes de travaux routiers et d’aménagement urbain. Les solutions techniques issues des réflexions permettront de résoudre le problème sur la base de connaissances scientifiques;
2) les aspects sociaux viseront à associer davantage, dans une approche participative, les populations des zones souvent inondées ainsi que l’ensemble des acteurs des milieux affectés, afin que les meilleures solutions découlent de cette approche concertée. Elle légitimerait davantage les solutions adoptées par l’État pour trouver une solution à cette crise structurelle ;
3) l’effort économique consistera à gérer, avec une reddition de compte régulière et transparente, tout l’investissement effectué dans le secteur. La planification des dépenses ainsi que le calendrier d’exécution des travaux, seront disponibles sur une page Web dédiée pour informer le public sénégalais. Les travaux de construction, qui seront faits à l’échelle du pays, créeront des retombées économiques, notamment des emplois locaux lors des phases de construction ainsi que des commandes auprès d’entrepreneurs locaux.
Il s’agit alors de faire en sorte que les projets d’assainissement soient socialement bénéfiques, respectueux de la nature et générateurs de retombées économiques pour le Sénégal. Dans la plupart des pays organisés du monde, les eaux de pluie sont récupérées, recyclées et réutilisées dans des activités d’aménagement publiques comme la création d’espaces verts. D’autres pays les utilisent dans le cadre des pratiques d’irrigation péri-urbaines, dans le domaine du maraîchage. Une telle pratique pourra donc impulser le développement du Sénégal. L’aménagement s’étendra également aux zones côtières pour contrer l’avancée de la mer qui menace la presqu’île du Cap-Vert, la ville de Saint-Louis, le delta du Saloum, la zone balnéaire de Saly, la Casamance et plusieurs parties du pays.
J’aimerais également souligner que nous surveillerons de manière stricte les mesures sur le respect des normes de construction de la part des entrepreneurs privés. Désormais, toute construction, selon notre programme, doit être assortie du respect strict des mesures d’assainissement. Pour ce faire, une surveillance stricte des normes de construction doit être de mise et les territoires non dédiés à la construction doivent être surveillés régulièrement pour en éviter l’occupation irrégulière et anarchique.
Dans notre programme, les mesures de construction devront aussi s’accompagner d’une éducation civique de la population afin de faire de nos villes un espace vivable qui profite à tout le monde. Au-delà même de la question des inondations, il est temps que l’on fasse de nos communes et villages des lieux où la qualité de vie s’améliore par de meilleurs plans d’urbanisation et des politiques d’assainissement cohérents à l’échelle du pays. Au rythme de notre progression démographique, nous avons tout intérêt à étudier ces problèmes de manière sérieuse et à y apporter des solutions idoines.
De ce qui précède, je constate une absence totale du gouvernement actuel sur la question des inondations, malgré un investissement de 750 milliards de FCFA engloutis, sans aucune reddition de comptes. Ce sujet lancinant a été une demande sociale forte adressée aux différents régimes qui se sont succédé depuis Léopold S. Senghor, sans qu’aucune solution intelligente ne soit trouvée. Il est donc grand temps que les grands changements s’opèrent pour résoudre de manière définitive ce problème à l’échelle du territoire national. Dans ce cadre, FDS compte jouer toute sa partition à l’émergence d’un Sénégal viable et vivable.
Dakar, le  10 septembre 2020