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Affaires Sonko, PDS et parrainage : Ibrahima Sène sans langue de bois

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Dans cet entretien qu’il a accordé à Vox Populi sans sa livraison du jour, Ibrahima Sène revient sur l’affaire Sonko, sur la situation actuelle du Pds et sur le parrainage. 

Que vous inspire le débat autour des convictions religieuses d’Ousmane Sonko de PASTEF ?

Il ne s’agit pas seulement des « convictions religieuses » de Sonko qui est  présenté comme «  Salafiste », mais aussi, et surtout, de « son appartenance supposée » à la mouvance ALQaida ! Il existe bien  de « Salafistes » non membres de cette mouvance, et d’autres qui s’en revendiquent. Donc  les accusations d’Ahmed Khalifa Niasse contre Ousmane Sonko, ne relèvent seulement  pas d’un débat «  autour de ses convictions religieuses ». Ainsi, vouloir le réduire à ce niveau, serait une forme de minimisation de la gravité de l’accusation portée sur Sonko. Dans cette situation, Sonko devrait, pour sa propre sécurité, lui servir une citation interpellative sur ces propos, et si nécessaire,  saisir le Procureur sur cette affaire.

Cela est d’autant plus nécessaire qu’il ne devrait subsister aucun doute sur son appartenance présumée à Al Qaida, dont des membres  continuent de semer  la terreur et la désolation à nos portes, dans le Sahel. D’ailleurs, la Mauritanie vient de fermer une Université Islamique à Nouakchott pour «  activités liées à Al Qaida ». Ainsi, les accusations d’Ahmet Khalifa Niasse ne peuvent aucunement  être considérées comme de simples « dérapages de langage » en pré campagne électorale, tant leur gravité saute aux yeux !

En tant qu’acteur politique, quel commentaire faites-vous de la tournure des événements au sein du PDS où la candidature de Me Madické Niang fait des vagues ?

A mon humble avis, Madické a compris que,  juridiquement, Karim ne peut pas être Candidat en 20019. Et il sait en âme et conscience,  comme praticien avisé  « du Droit », que tenter par la force, d’empêcher la tenue de la Présidentielle à date échue, serait suicidaire pour le Parti, qui pourrait être dissout pour » tentative de rébellion »! Il sait que le PDS ne pourrait pas tenir longtemps dans la clandestinité. Mais tout cela, c’est le cadet des soucis de Wade! Pour lui, cela lui est égal que le PDS disparaisse, si son fils n’est pas autorisé à être candidat !Je me demande donc, jusqu’à quand,  les membres du PDS vont- ils accepter de voir leur Parti sacrifié à l’autel du fils de Wade?C’est pour son fils qu’il s’est séparé d’Idrissa Seck, de Macky Sall, de Diagne Fada, de Pape Diop, de Souleymane Ndéné Ndiaye, et de tant d’autres cadres qui ont contribué à faire ce Parti. Aujourd’hui, c’est au tour de Madické! Et comme toujours,  Wade considère qu’il n’en est pour rien,  et que ce sont les autres qui le trahissent! Une telle obsession pour son fils relève d’une pathologie évidente. En effet, Wade ne se rend même pas compte, qu’en voulant empêcher la tenue de la Présidentielle à date échue, il se met à dos tous les candidats qui se sont investis pour avoir leur parrainage et déposé leur caution. Il croit naïvement qu’il aura affaire juste avec le candidat Macky Sall et sa coalition!

Mais il faut que les membres du PDS se réveillent, sinon, ils vont  avoir en face d’eux, un Etat avec ses Forces de Défense et de Sécurité, dont le devoir constitutionnel est d’organiser les élections, avec le soutien de tous les partis et mouvements qui ont présenté leur candidature. Madické  a  donc raison de croire que, ne pas avoir un candidat alternatif du PDS dans ce contexte, et être obligé de tenter d’empêcher la tenue de la Présidentielle à date échue, serait un suicide politique collectif, rien que pour les beaux yeux du fils de Wade et satisfaire son ego ! Je crois profondément que ni le Sénégal, ni le PDS n’a besoin d’une telle éventualité.

Malgré le début des opérations de parrainage, l’opposition continue de dénoncer la procédure…

C’est de bonne guerre, puisque l’opposition en a fait un « slogan de campagne » pour, à la fois, récolter des parrains qu’ils tentent de convaincre, que le pouvoir cherche, par ce biais, à les éliminer de la course à la Présidence, et, trouver des justificatifs à présenter à l’opinion,  dans les cas où leurs objectifs de parrainage ne seront pas atteints. Donc, dans les deux cas, il est de leur intérêt à continuer à dénoncer le « système de parrainage » pour pouvoir continuer d’exister,  quel que soit l’issu de leur collecte de parrains.

Il faudrait donc les laisser à leurs lamentations, et continuer à édifier l’opinion, sur les véritables  enjeux de la Présidentielle de 2019, afin qu’elle prenne le parrainage pour ce qu’il est,  c’est-à-dire, un véritable système pour écarter ceux qui ne comptent que  sur les moyens financiers qu’ils peuvent glaner, notamment de l’étranger,  pour briguer la Présidence. Sans le système du parrainage, il leur serait encore possible de « louer le récépissé » des Partis qui n’ont  aucune présence significative à travers le pays, pour se présenter à la Présidentielle, même si la Caution de 65 millions était doublée, voir triplée !

De tels candidats, dans un contexte « de forte odeur de gaz et de pétrole », âprement convoités par des Multinationales et leurs Etats qui les soutiennent, sont de véritables  dangers pour la souveraineté du pays, et pour la sécurité de notre peuple. D’où l’appel que je lance à la population de veiller à effectuer un parrainage responsable qui ne permet  la participation à la Présidentielle,  que  de Candidats ayant une véritable assise nationale à travers le pays.

Le parrainage aurait dû les inciter à se rassembler pour optimiser leur présence effective à travers le pays, mais l’obsession de  l’appât du gain que peut procurer une «candidature à la Présidentielle » dans ce pays du pétrole et du gaz,  a rendu  l’opposition aveugle et sourde  à tout appel à la raison.