Home»A la une»An 9 du « Mouvement du 23 Juin » (M23) (Par Ibrahima Sène)

An 9 du « Mouvement du 23 Juin » (M23) (Par Ibrahima Sène)

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Le 23 juin 2011 a été moment mémorable de l’ Histoire de la lutte du peuple Sénégalais pour une République Démocratique et Laïque.
Ce jour du 23 juin a marqué d’une encre indélébile, l’aboutissement de la lutte du peuple Sénégalais contre la dérive monarchique que le Président Abdoulaye Wade avait imprimée aux Institutions de l’Etat du Sénégal, dès le lendemain de la première Alternance démocratique en 2000 au Sénégal depuis l’ Indépendance en 1960.
En effet, dès 2001, il s’est doté d’une Constitution qui renforce gravement les pouvoirs du Président de la République, élu au suffrage universel direct, qui contrôle le pouvoir exécutif, dispose d’un pouvoir peu encadré de nomination des Juges des Cours et Tribunaux, et d’un pouvoir exorbitant de dissolution de l’Assemblée Nationale au bout de deux ans des cinq ans de législature.
Le Président Diouf que l’on combattait et accusait de  » Dictateur » ne bénéficiait pas d’autant de pouvoirs!
Pourtant le Président Wade a été élu avec un Programme de la « Coalition Alternance 2000é (CA)2000), et du  » FAL », qui prévoyait la fin du « régime Présidentiel » pour instituer un  » régime Parlementaire », comme moyen d’en finir avec le  » régime présidentiel déconcentré », hérité du Président déchu, Abdou Diouf, Président du Parti Socialiste.
Le Projet de réforme des Institutions que le Président Wade avait initié dans la seconde moitié de l’année 2000, avait suscité une vive opposition du PIT/SENEGAL, lui ayant valu son renvoi du gouvernement.
Le soutien unanime des organisations de la société civile et des Partis politiques , à l’exception du PIT et de Jëf Jël , a permis un plébiscite de ce projet de réforme que le Président Wade avait soumis au peuple par référendum.
Le PIT et Jêf Jêl, désormais dans l’opposition, ont continué à se battre contre le régime de régression de la Démocratie que le Président Wade était en train de construire.
Mais à l’exercice de ce nouveau régime, la grande unanimité autour du Président Wade se déconstruisait au fur et à mesure où s’affirmaient ses tendances despotiques.
C’est ainsi que l’AFP et le RND ont été poussés hors de l’attelage gouvernemental pour rejoindre l’opposition à côté du PIT , de Jêf Jêl et du PS radicalisé par la pression que le Président Wade ne cessait d’exercer sur lui en vue de son inclusion dans son Parti.
Puis la LD les suivit pour rejoindre l’opposition dans sa lutte contre les dérives despotiques du régime du Président Wade, qui n’hésitait plus à le qualifier de  » Despotisme éclairé » ou de  » Césarisme démocratique »!
Cette régression de la nature républicaine et démocratique de l’Etat Sénégalais, était nécessaire au projet du Président Wade de fabriquer  » une nouvelle classe d’entrepreneurs sénégalais », à travers la gestion patrimoniale des biens publics , l’accaparement du Domaine public, des terres du domaine National et du Domaine public maritime.
Cette fabrication artificielle d’une  » nouvelle classe d’entrepreneurs sénégalais » allait de paire avec la privatisation d’entreprises publiques au profit de la France ( SODEFITEX, SONACOS, Chemins de fer), tout en vendant la SAR aux Saoudiens, et en projetant de vendre à Orange, une part de l’Etat dans le Capital de la SONATEL pour qu’elle en détienne la majorité.
Toute cette politique de bradage des biens public avait résulté sur l’effondrement de l’Economie avec un taux de croissance moyen inférieur au croît démographique, causant un taux de pauvreté, en 2011, de plus de 46% des ménages Sénégalais, et de plus de 56% des ménages ruraux, un chômage massif des jeunes sans perspectives autres, que l’immigration clandestine, le trafic de drogue et /ou d’humains, la prostitution , la pédophilie , l’homosexualité, ou le terrorisme islamiste!
C’est pour relever pacifiquement le défi de sortir notre Etat de cette régression de la République démocratique et laïque, de notre Economie de son accaparement par le privé national et étranger, et de notre peuple de cette dégénérescence, pour ouvrir de réelles perspectives d’avenir pour notre jeunesse, que les Partis d’opposition de l’époque ont su amener une bonne partie de la Société civile, à organiser ensemble, les  » Assises Nationales du Sénégal » en 2008.
Ce fut la concrétisation, grandeur nature, de la stratégie du PIT élaborée et mise œuvre depuis 1989, de  » large rassemblement des forces républicaines, démocratiques et laïques, en dépassant le  » clivage gauche/droite » et le  » clivage pouvoir/opposition », pour se concerter sur  » l’ état du Sénégal » et sur ses  » perspectives d’avenir » en cohérence avec les aspirations du peuple pour une République démocratique laïque dotés de plus souveraine et plus inclusive.
Malheureusement, le « clivage pouvoir/ opposition » n’ a pu être dépassé dans l’organisation de la tenue des  » Assises nationales » à cause du refus du Président Wade d’y participer et des pressions qu’il exerçait, souvent en vain, sur les forces vives de la Nation, comme l’UNACOIS, le CNCR, le CONGAD, et sur les gradés des forces de défense et de sécurité à la retraite.
C’est le « Mouvement » créé autour des  » Assises nationales » dont les  » Conclusions » ont été déclinées en  » Orientations » et non en  » programme gouvernemental » comme certains le disent sans aucune base, qui a permis la construction d’un  » Mouvement encore plus élargi », dans le cadre du  » Mouvement du 23 Juin » , pour s’opposer, autour du mot d’ordre  » touche pas à ma Constitution », à un nouveau projet de loi du Président Wade, qui devait consacrer la monarchisation de l’Etat sénégalais, malgré toutes les réserves articulées contre elle.
C’est ainsi que le 23 juin 2011, le peuple sénégalais mobilisé, a mis fin au projet réactionnaire du Président Wade, d’instaurer un  » régime de transmission du pouvoir d’Etat par héritage » !
Depuis lors, le Sénégal a acquis, avec le M23, la  » dévolution démocratique du pouvoir » qu’il faut continuer, dans son esprit, à préserver à jamais!

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL
Dakar le 23 juin 2020