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BRUNO DIATTA, Un grand serviteur de la République (Sidy DIOP)

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Il est parti comme il a vécu. Sans bruit. D’un effacement admirable, Bruno Diatta est un jumeau de la République. Un jumeau qui a préféré laisser la lumière à son alter ego, préférant lustrer la couronne présidentielle sans jamais se perdre dans ses fastes. De Senghor à Macky Sall, il a été le compagnon raffiné et élégant, champion des bonnes manières et gardien des coutumes de la République. Toute sa vie durant, il s’est imposé une règle difficilement observable de nos jours, rester dans l’ombre du président sans lui faire de l’ombre. Organiser ses sorties, gérer l’ordonnancement protocolaire sans jamais céder à l’exposition médiatique.
L’ambassadeur Bruno Diatta ne parle pas, ne prend pas part aux agapes du pouvoir et ne cède pas aux mondanités. « C’est un Chinois », disent de lui les habitués des couloirs du Palais. Seule lui importe sa mission. Tout le reste a toujours été accessoire. Voilà pourquoi il a été l’une des personnes les plus présentes sur la scène publique et, sans doute, la plus méconnue.
Cette vie solitaire, loin du tumulte et du brouhaha médiatique est un choix de vie qui colle parfaitement à sa mission. Quand on a fréquenté aussi assidûment quatre présidents de la République, on est forcément une mine de secrets qui feraient le bonheur de nombre de personnes. Mais la discrétion est l’autre nom de Bruno Diatta. Un homme à la carapace impénétrable, fermé aux fureurs du monde.
Dans un espace politique rétif à l’ordre, la longévité de l’ancien patron du protocole présidentiel a étonné nombre d’observateurs. Loin des coteries politiciennes, son professionnalisme a été son paratonnerre. Il a servi la République et le caractère non partisan qui la sous-tend.
Bruno Diatta, c’est aussi les bonnes habitudes, l’exemplarité, la discipline, l’ordre protocolaire. Au début de « sa mission », il a partagé sa science du protocole avec toute la République. Ses leçons sur le port vestimentaire, l’allure, la manière de porter un costume, de nouer une cravate… ont donné de la tenue à d’éminentes figures de la République.
Le Sénégal a, assurément, perdu une icône. Que Dieu ait pitié de son âme et que le Paradis soit sa demeure éternelle.
Sidy DIOP