Home»A la une»Dans le jeu des appareils… Wade et le pari du « MALWARE » pour rester dans l’histoire (Par Issa Thioro G.).

Dans le jeu des appareils… Wade et le pari du « MALWARE » pour rester dans l’histoire (Par Issa Thioro G.).

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En tant qu’acteur indépendant, esprit libre et observateur, je ne fais pas partie de ceux qui croient que Abdoulaye Wade souhaite que soient mis au feu le matériel électoral et les cartes d’électeur.
Je ne suis pas non plus de ceux qui jugent que son parti va boycotter les élections au profit d’untel et en défaveur d’un autre candidat.

Parce que son discours ne convoque ni l’émotion ni l’ambition mais attire seulement l’attention, je suis plutôt de ces analystes qui soutiennent que Abdoulaye Wade « est en train de recentrer le jeu démocratique à son compte et à son propre rythme »…
Il tient donc à mener les choses, dans le sens qu’il veut et à faire le pari de « l’intelligence naturelle » en l’absence d’un vrai débat sur ce qui doit être la nouvelle industrie avec ses corollaires que sont
« l’intelligence artificielle », la « 5G », le « Data Cloud », le « Machine Learning »… En l’absence d’un réel projet de société portant sur le fait de ne pas être une « colonie du numérique », de promouvoir une médecine de qualité, de rendre l’éducation performante, de construire partout des cités vertes et modernes, totalement à l’opposé des « bases arrière de parti au pouvoir » que proposent les politicards de service…

Wade est revenu au pays après un long silence pour rappeler, de ce fait, à tous les acteurs de l’espace démocratique qu’il reste l’unique « université en science du débat public » et celui que l’histoire va
retenir pour avoir inscrit le Sénégal au fronton du progrès démocratique et économique.
Pour lui, la transformation démocratique et économique, par « un changement de système » auquel aspire une bonne partie de l’opinion, n’est pas encore sur le point d’avoir lieu si l’on constate la forte
consistance des réseaux politiques et sociologiques.

Dans ce jeu, il continue de surfer sur ce qui devait et pouvait être dépassé au troisième millénaire c’est-à-dire « la transition démocratique ».
Entre la transformation et la transition, c’est une question de choix et Wade estime que les sénégalais n’en veulent pas à la lecture de l’histoire des présidentielles et de la manière dont la plupart des électeurs expriment leur citoyenneté à travers le vote.
Dans mon livre, « DIEU… LES PRINCES », publié en 2008, l’argent est un électeur au SÉNÉGAL. Tout comme le sont la sympathie, l’appartenance ou encore la victimisation.
La raison n’a jamais élu personne.

Il est vrai que le pays a connu deux alternances réussies mais les sénégalais restent très en retard sur les alternatives et les options transformationnelles, laissant toujours béate la porte des « musées des grandeurs anciennes » dont les gardiens demeurent le libéralisme de Wade et le socialisme de Senghor.

Dans cette configuration qui trouve ses racines dans des repères très anciens et pour casser les codes de ce système afin d’instituer une nouvelle plate-forme transformationnelle, Sonko s’est présenté mais il reste sociologiquement esseulé dans son projet.
Il a certes convoqué dans son discours le patriotisme de Cheikh Anta Diop et de Mamadou Dia cependant il est encore loin de pouvoir éclipser le système dit ancien voire obsolète, à la lecture des ralliements des recalés du parrainage effectués aussi bien par les « techno-politiques » que par les « politiques de souche ».
N’est donc pas un déterminisme, ce passage de la TRANSITION que véhicule le système à la TRANSFORMATION que propose l’anti-système.
Et ça, le « Pape du Sopi » le comprend si bien qu’il vient ranimer l’idée que rien, « absolument rien ne saurait se faire ou se décider sans lui et son parti ».

Wade sait que les dés sont déjà pipés pour son fils, Karim, le libéral de sang, et Khalifa, le socialiste de lait, parce que éliminés par la convocation du judiciaire dans le jeu des appareils.
Il maîtrise parfaitement les logiques et logiciels de Madické, Idy et Macky parce que tous les trois sont issus des flancs de son parti mais affranchis par des contextes et des (en)jeux d’appareil.
Il connaît bien les options du candidat du PUR, El Hadj Sall, parce que étant un chantre de la refondation démocratique et un acteur de la « charte de la bonne gouvernance », fruit des « assises nationales ».

Alors, en homme nuancé et en bon stratège de la communication politique, il « tient le discours du verbe haut, entretient la méthode de la terre brûlée » et à l’adresse de l’opinion, il dit que la campagne manque d’un acteur qui sort du lot même si chaque candidat tente d’expliquer, selon ses moyens et sa cible, son programme…
Wade a pris « l’option de la reprise en main du débat public » en sachant que le verbe « haut » n’existe que pour se faire entendre et prime toujours en politique la méthode de la terre brûlée consistant à ravager les territoires de l’adversaire afin de l’empêcher de reconstituer ses forces ou de trouver un refuge.
Dans le monde moderne, en matière de sécurité cybernétique » il est prouvé que cette méthode correspond à un « MALWARE » qui est un logiciel malveillant dont la fonction est d’entraîner la destruction des parties importantes d’un système pour le rendre inutilisable.

Évidemment, ma lecture de la situation est que Wade ne va jamais « saboter » le jeu.
Il est en train même de le clarifier en rappelant les postures et statures au moyen d’une arme qu’on appelle un « pourriciel » ou un « maliciel »… Non pas pour détruire à terme les coalitions en place ainsi que l’organisation en tant que tel de la présidentielle mais pour se construire, dans la postérité, l’image du « PAPE DE LA TRANSFORMATION » et prendre au dépourvu tous ses pourfendeurs d’hier et d’aujourd’hui.
Le jeu est entre la transition et la transformation.

De bonnes sources, j’ai appris que dans son schéma c’est Sonko, l’incarnation de l’anti-système, qui va être armé au moyen d’informations à vocation destructrice. C’est encore lui qui, dans le « plan de guerre », va porter, sur la place publique, les attaques contre le système au pouvoir pour garder sa « crédibilité » et son faciès de redoutable combattant.
Les autres candidats de l’opposition vont aussi être armés par Wade dans une stratégie dont le lit est de rendre inutilisable le système en pouvoir… Comme le fait un « MALWARE ». Et pour l’estocade, c’est Idy, le reflet du système des « pur sang » de la politque, qui va être choisi pour garder toutes les chances d’être au tour final face à un candidat qui, aux yeux de Wade, a tout intérêt à ne pas perdre le pouvoir.

Juste pour souligner que, dans le jeu du clignotement, si on donne le signal à gauche mais c’est pour bifurquer à droite, comme chez les libéraux.
Tout cela pour cela…
Pour rester dans l’histoire, les inspirations peuvent être habiles ou maladroites. Heureuses ou malheureuses. Certains calculs justes, faux ou faussés…
Mais, l’histoire finit toujours par se débarrasser des voiles des subterfuges et ainsi dévoiler la triste réalité des choses souvent faites de combines, de bassesses, de trahisons, de renversements de situation sans fin.
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Rufisque Daay Dem
Issa Thioro Maurice Gueye Birago