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De vulgaires tortionnaires d’enfants, appelés maitres coraniques (Par Mandiaye Gaye)

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L’enchainement et la maltraitance des talibés sont des méthodes et pratiques bien esclavagistes. Ces pratiques qui n’existent qu’au Sénégal sont étrangères à l’enseignement du Coran, à la religion musulmane et moins encore à l’éducation islamique.

Le monde compte à peu près 2 milliards de musulmans qui apprennent le Coran et pratiquent leur religion, mais sans passer par la violence ou plutôt la barbarie que l’on emploie au Sénégal pour enseigner le Coran. Tous les maitres coraniques qui pratiquent de telles méthodes ainsi que leurs souteneurs sont des esclavagistes en puissance de pure espèce et quels qu’ils soient. Les véritables maitres coraniques sont dans les daaras modernes où, la maltraitance des apprenants est formellement interdite.

Le monde a tellement évolué dans tous les domaines pour nous faciliter la vie grâce à la modernité, la perfection et la performance des moyens pour nous permettre de rompre totalement avec l’archaïsme et l’obscurantisme de la féodalité. Mais au Sénégal, surtout dans le domaine religieux, une catégorie, de musulmans parmi lesquels ces dits maitres coraniques, refuse les progrès techniques incontestables pour aller de l’avant. Ces derniers, par cupidité, veulent maintenir certains musulmans incrédules, dans l’obscurantisme pour mieux les exploiter et les plumer, en se faisant passer surtout pour des saints.

En fait, ces fameux maitres coraniques s’accrochent à la naïveté de leurs fidèles, vraies proies, et font tout pour les isoler en les coupant de toute possibilité de voir clair et de se libérer de leur emprise. Enfin, comme on dit en wolof, ils font du « sopp dagaanal », c’est-à-dire légalisé par intérêt tout ce qui les arrange. La pratique de la violence est antinomique avec l’éducation à plus forte raison encore de la torture appliquée à de petits enfants innocents. Ces esclavagistes, sous le nom de maitres coraniques, sont des incultes qui veulent former une corporation de brebis galeuses au sein de la société sénégalaise. En vérité, ils ne sont que de vulgaires tortionnaires et des barbares nuisibles à notre société et à la religion musulmane, parce qu’ils ternissent leurs images aux yeux du monde. En fait, ils sont très éloignés des éducateurs qu’ils prétendent être, comme ceux qui enseignent convenablement dans les daaras modernes et les écoles publiques.

Par ailleurs, en dehors d’être des tortionnaires, certains d’entre eux sont des pédophiles, de dangereux dépravés et des violeurs de leurs talibés et de nombreux cas sont révélés par la Presse sans oublier ceux qui sont dissimulés. Mais tous ces cas sont toujours couverts par des religieux influents et leurs auteurs restent impunis. Oui, il faut oser dire la vérité et les choses telles qu’elles sont, lorsqu’il le faut, comme nous le recommande Dieu et le Coran et cela même s’il s’agit de notre propre famille.  Le maasla et le nafeex sénégalais sont devenus des tares très dangereuses dans la société sénégalaise. Ils sont, des sources d’injustice sociale et de parti pris et d’impunité manifeste en faveur d’une catégorie, de citoyens intouchables. En effet, il y a une forte pression, de quelques individus qui se font d’autorité des représentants attitrés de  Dieu sur la terre sénégalaise pour dire qui est bon ou mauvais musulman. Une telle fonction, Dieu ne l’a attribuée à personne au contraire, il dit  que chacun de nous est son représentant sur terre et qu’il est le seul à savoir le meilleur d’entre nous. Les maitres coraniques et quelques arabisants bénéficient d’une certaine solidarité de corporation et de souteneurs de même acabit, ce qui leur permet de faire du tintamarre et un tapage médiatique.

Tout cela est rendu possible, parce qu’ils ont en face d’eux un État faiblard qui n’ose pas appliquer la loi dans son entièreté et sa rigueur, lorsqu’il s’agit de ces individus-là. Ces derniers se couvrent du manteau de la religion musulmane pour commettre de très graves délits sur de petits enfants, mais l’État se réfugie derrière un mutisme et un silence de lâche en n’agissant même pas malgré cependant, les nombreux délits qui leur sont imputés. Alors qu’il est du ressort de l’État de protéger tous les citoyens à plus forte raison, la petite enfance. Et pourtant, s’il s’agissait de manifestations à caractère politique ou de revendications relatives à la justice sociale, l’État enverrait promptement les forces de police pour les réprimer. Ce qui s’est passé au tribunal de Louga ne pourrait l’être au Palais de justice de Dakar. Et la preuve, au procès de Guy Marius Sagna et ses camarades, les policiers seront plus nombreux sinon autant que le public. Voilà, le Sénégal de deux et deux mesures.

Mais certains musulmans doivent être quand même conséquents avec eux-mêmes pour ne pas vouloir pas une chose et son contraire à la fois. Comment les peuples noirs peuvent-ils avoir condamné hier l’esclavagisme dont ils ont été les victimes, comme de la barbarie et obtenu des Nations unies qu’il soit déclaré comme un crime contre l’humanité et d’admettre aujourd’hui chez eux en ce XXIe siècle, les mêmes pratiques?

Mais il est vraiment regrettable de constater que dans une large mesure, les médias sénégalais sont tombés dans le piège de ces individus-là par le fait qu’ils leur servent de supports médiatiques pour la diffusion de leur propagande mensongère. Ainsi, inconsciemment  et certainement sans y prêter attention les médias sont en train d’appuyer et d’encourager l’apologie de la violence que des esclavagistes développent par leur intermédiaire. Par conséquent, il me semble très important que les médias sénégalais doivent à l’avenir, juger l’utilité de la diffusion de certaines informations à portée sociale négative ou qui indirectement fait l’apologie de la violence comme dans le cas présent.

Mandiaye Gaye

Mandiaye15@gmail.com

Dakar, le12/12/019