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De ‘‘Wade soutient’’ à ‘‘Wade ne soutient pas’’…

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Diantre ! Qu’est-ce que Sonko attendait de Wade, en allant si précipitamment et si bruyamment le rencontrer, qu’il n’eût déjà obtenu de lui ?

« C’est un bon Sénégalais, je l’estime… »

Telle est la ‘‘déclaration d’amour politique exclusive’’ que le président Abdoulaye Wade a faite, à son arrivée à Dakar le 7 février 2019, et dans un discours offensif, au plus jeune des candidats à la Présidentielle du 24 février 2019, Ousmane Sonko.

Si cet appel du pied à l’intention de celui-ci n’était pas aussi et avant tout une ‘‘consigne’’, avec ses nuances bien sûr, favorable au candidat à la Présidentielle, qu’est-ce que cela pouvait bien être ?

Il eût suffi, du moins selon nous, d’en prendre acte, platement s’il en fallait, puis de poursuivre sa « route de campagne électorale », imperturbablement, en attendant d’y voir plus clair, pour y avoir bien réfléchi, avant d’aviser, sans tapage médiatique.

Car attendre, c’est aussi réfléchir ; mais c’est également voir.

Au lieu de cela, le 9 février, soit deux jours après l’arrivée du président Abdoulaye Wade à Dakar, d’aucuns ont plutôt cru devoir provoquer, dans la précipitation donc, et dans le bruit médiatique, une rencontre improvisée, à l’hôtel Terroubi Bi, à Dakar, entre les deux leaders ; une rencontre improvisée qui n’aura en l’occurrence qu’un avantage, ou un inconvénient, c’est selon : bien embarrasser l’un et l’autre dans leurs stratégies respectives.

Qu’ont-ils bien pu en tirer, sinon la révélation à la face du monde de leur tâtonnement, synonyme, peut-être, de mésaventure pour le premier, et d’aventure pour le second, ou inversement ?

A la vérité, la catastrophe, politique s’entend, eût été frôlée, si l’on avait maintenu le point de presse conjoint, initialement prévu, au sortir de la rencontre de Terrou Bi.

Si la politique n’est pas un métier, elle est au moins une pratique avec une éthique et des codes.

Dakar, le 10 février 2019.

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)