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Décès de l’ancien Sg de L’onu : Adieu Annan  (par Adama Gaye)

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Le décès de Kofi Annan, mon ami, très proche, me fait davantage réfléchir à la mort: j’y pensais ces jours-ci après celles des grands journalistes américains, Ed Bradley, Mike Wallace de CBS News, de Gwen Ifill, de NBC, de très grands journalistes, que je découvre ensevelis, en googlant, ces jours-ci, leurs noms.
J’ai connu Annan en 1996 quelques mois avant son élection au poste de Secrétaire-Général de l’Onu. Nous étions dans le métro New Yorkais, et avions engagé, ce matin-là, un entretien autour d’un article que j’avais publié dans Jeune Afrique sur l’Initiative spéciale pour l’Afrique que l’alors Secrétaire-Général de l’Onu, Boutros-Ghali, avait lancée. « Par électoralisme, pour séduire les Africains », avais-je affirmé.
La BBC avait envoyé à New York son principal programme de Télévision, Newsnight, m’interviewer sur l’élection du futur Secretaire-général.
Mes relations avec Annan n’avaient cessé de se consolider. Jusqu’à sa victoire en Novembre 1996 où je fus l’un des premiers à lui parler, le soir de sa victoire, au téléphone. J’étais à Jakarta, au Sommet de l’OCI, avec Ali Alatas, alors Ministre des Affaires Etrangères de l’Indonésie, que j’avais interviewé pour JA. Alatas,le Nigérien Hamid El Ghabid et Boutros furent, avec un candidat fantaisiste, les vaincus de cette compétition -Boutros ayant été victime du véto de l’Administration Clinton.
J’ai gardé les liens avec Annan. Etroitement. La mère de mes enfants était devenu son Assistante Spéciale, au 38ème étage dans le saint des saints du siège de l’Onu, sur les bords de l’Hudson River, à New York, pendant tout son magistère.
Pendant sa première tournée africaine en 1997, je fus de la délégation qui voyagea avec lui en Ethiopie, à Djibouti, au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, en Érythrée -avec une escale forcée pour refueling dans un Soudan sous sanction, qui n’en revint pas de l’aubaine de filmer live le patron de l’ONU !
En visite à Londres, quatre ans plus tard, alors que j’y dirigeais le magazine West Africa, il m’avait appelé et j’avais été convié à sa réception en présence de la Reine d’Angleterre…
La dernière fois que j’ai revu Annan était il y a deux ans, au Forum de Tana, où il avait parlé de paix et résolution des conflits en Afrique.
Cinq ans plus tôt, il m’avait invité à Genève, à son Panel pour le Progrès de l’Afrique, en compagnie de Bob Geldof, Robert Rubin, Michel Camdessus, Festus Mogae et une dizaine d’autres personnes. Nous avions discuté au Mandarin Hotel, sur les bords du Lac Leman, des questions relatives aux ressources naturelles en Afrique, plus spécifiquement des transferts de prix.
La mort de Annan, annoncée ce jour, me plonge dans une tristesse profonde. Elle est un rappel: nous sommes tous très éphèmères.
En pensant à celles des grands journalistes américains qui m’avaient tant impressionné, puis à celle de Aretha Franklin, mais aussi à mes amis, parents partis plus tôt, je deviens plus humble que jamais.
Repose en paix, Kofi !
Adama Gaye Journaliste-Consultant