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DIOURBEL FACE A SON DESTIN : QUE FAIRE ?

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Diourbel oublié ! Diourbel abandonné ! Diourbel sacrifié ! Voilà entre autres les contenus des graffitis visibles et fréquents sur les murs des établissements, des maisons et rues de Diourbel ; des slogans qui traduisent la désolation, l’amertume, l’inquiétude, la désespérance, le dépit et le ras le bol des habitants de Diourbel.

DIOURBEL : une CAPITALE REGIONALE SOUS TUTELLE

Diourbel est une commune chef-lieu de la région du même nom. Malheureusement, Diourbel est une capitale régionale sous la tutelle d’autres capitales régionales. En effet, tous les secteurs et services publics, para publics et prives à Diourbel  sont sous la tutelle des secteurs et services équivalents dans d’autres capitales régionales comme  Dakar, Thies, KAolack, Fatick et même Bambey etTouba ; les ONG s’y installent rarement pour ne dire presque jamais. Les centres de décision sont TOUJOURS hors de Diourbel. Et selon l’adage, ‘’ce qui se fait sans toi, se fait contre toi’. Cette situation, héritage de l’école de gestion coloniale,  nous provient des évènements malheureux de 1962 avec la victoire de LEOPOLD SEDAR SENGHOR sur MAMADOU DIA, à l’époque le Maire de Diourbel ; il en était d’ailleurs le premier Maire. C’est cette justice des vainqueurs qui a isolé et mis en quarantaine DIOURBEL et l’a privé des priorités de la politique socioéconomique de l’état senghorien. L’Administration territoriale en garde toujours la culture et les stigmates.

DIOURBEL : DE GRAVES PROBLEMES STRUCTURELS

S’ajoutent à ce malheureux héritage de l’histoire politique du Sénégal, de graves problèmes structurels :

  • son climat plutôt chaud que frais, la sècheresse des années 60-70, l’appauvrissement des sols à cause de la monoculture arachidière et de la déforestation, la faible pluviométrie, l’exode rural et l’émigration,
  • La superficie et La démographie faibles entrainant son poids électoral et politique faible, du fait du détachement de la région de Louga,
  • la délocalisation de la SEIB dans la commune de NGOYE, avec ses conséquences nocives sur la vie économique et les recettes de la commune, le chômage, celui des jeunes notamment,
  • les voies de contournement Sud et Nord aussi impactent négativement les recettes de la commune,
  • la modicité des recettes municipales, des fonds de dotation et de concours limitent dangereusement l’action municipale,
  • l’absence de lobbys en général et religieux en particulier,
  • l’analphabétisme chronique, fruit de la méfiance voire du rejet de l’école publique et de la construction tardive de lycées, de collèges et d’écoles de formation : le premier collège (Cours Complémentaire CC) à Diourbel a été inauguré en 1962 par MAMADOU DIA dans des vielles bâtisses coloniales avec la promesse de nouveaux bâtiments. Hélas ! Les premiers élèves admis à l’entrée en sixième (12 et 13 ans) étaient donc orientés à Dakark, Thies, Kaolack et St Louis pour l’essentiel ; les tout petits fils de Diourbel étaient ainsi partis très tôt de DiourbelL. Partis étudier à l’extérieur, ils ont eu des diplômes à l’extérieur, ils ont travaillé à l’extérieur, ils sont mariés à l’extérieur et ils sont établis à l’extérieur au grand dam de Diourbel; les facultés universitaires qui s’y installent actuellement sont sous la tutelle de Bambey et Kaolack ; et leurs diplômés vont chercher du travail à l’extérieur faute d’offre d’emploi dans la région. Même les stages à Diourbel sont des parcours du combattant.

Malgré les diverses alternances et les pouvoirs successifs, rien n’a changé.

LE DEPARTEMENT DE DIOURBEL

Le département de Diourbel comprend la Commune et les deux arrondissements :

L’arrondissement de Ndoulo qui entoure la commune de Diourbel d’Est en Ouest et du Nord au Sud l’étouffe doublement : d’une part, les communes de cet arrondissement refusent toute extension géographique du foncier de Diourbel  alors que d’autre part son exode rural contribue à la réduction drastique du foncier de Diourbel.

L’arrondissement de Ndindy est complètement enclavé faute de route goudronnée privant Diourbel des flux humains, économiques et financiers importants au bénéfice des départements limitrophes d’autres régions.

PROGRAMMES CONJONCTURELS

Diourbel se contente de temps à autre de coups de poing très isolés de l’Etat depuis presque soixante (60) ans alors que Diourbel a besoin d’investissements lourds, une sorte de plan Marshall pour impulser son développement. Le dernier coup de poing ne fait pas exception à la règle des scandales antérieurs : le Projet de Valorisation des Eaux pour le Développement des Chaines de Valeur (PROVAL) qui est un projet du ministère de l’agriculture a un budget de quatre-vingt milliards CFA (ECO) et concerne dix régions dont celle de DiourbeL La répartition scandaleuse faite entre quatre murs en l’absence de Diourbel lui attribue quatre milliards sur une moyenne de dix milliards par région alors que selon le président de la fédération des maraîchers de Diourbel, la région de Diourbel fait mieux que les trois régions de Fatick, Kaffrine et Kaolack réunies en maraîchage. Hélas encore une fois, Diourbel est programmé pour être sous la tutelle de Thiès dans ce PROVAL

ATOUTS DE DIOURBEL

Malgré tous ces problèmes, Diourbel a tout de même des atouts :

ENDURANCE : malgré toutes ces privations et pendant si longtemps, nous tenons debout et nous gardons le moral, le sourire, la réflexion, l’engagement et la forte conviction de devoir nous battre pour nous en sortir ; nous avons souvent des médailles dans l’Art, la Culture , l’éducation et le Sport. La situation ne saurait être pire.

PAIX : Diourbel est une ville paisible, l’une des plus paisibles du Sénégal ; nous avons l’habitude de dire que Diourbel est au Sénégal ce que le Sénégal est en Afrique. Diourbel est donc propice à l’investissement.

CENTRALITE : Diourbel est au cœur du Sénégal ; Diourbel est désenclavé d’Est en Ouest et DU Nord au Sud du point de vue des infrastructures routières. C’est un centre favorable aux échanges pour les divers flux humains, économiques et financiers.

POPULATION JEUNE : C’est une force indispensable à l’investissement humain et l’auto prise en charge dans les conditions actuelles de Diourbel.

CADRES : nous avons beaucoup de hauts cadres même s’ils sont installés à l’extérieur ; un électrochoc pourrait bien les remobiliser ;

DIASPORA : la contribution de la diaspora est très importante et mieux organisée, elle peut apporter d’avantage,

CITOYENS NANTIS : Diourbel compte parmi les  hommes d’affaire les plus nantis du Sénégal ; là aussi, il faut un électrochoc pour leur mobilisation,

TERRE ; même si la commune n’a plus beaucoup de terre, les arrondissements en ont encore,

EAU : Diourbel compte la vallée fossile du Sine d’une part ; d’autre part toutes les eaux de pluie de la commune sont aujourd’hui collectées ou en projet, récupérées au niveau des anciennes carrières de sables et constituent un bassin de rétention d’eau au potentiel énorme ;  de même, une bonne partie des eaux usées sont traitées et produisent de l’engrais et des eaux de culture en général et de maraichage en particulier.

ELEVAGE : secteur très prisé par les populations de Diourbel avec beaucoup d’expérience en la matière.

AVICULTURE : secteur en développement et très adapté au climat de Diourbel.

ARTISANAT : domaine également de performance des populations, prisé par les consommateurs sénégalais en général et la gente féminine en particulier.

PETROLE ET GAZ : beaucoup de recherches ont été menées et attestent l’existence de pétrole et de gaz ; on se souvient toujours des déclarations de feu Docteur WONE à ce sujet et sur d’autres ressources minières,

L’HOPITAL HEINRICH LUBKE : c’est une structure sanitaire qui, réhabilitée, est d’une très grande importance et un grand acquis.

LYCEE SCIENTIFIQUE D’EXCELLENCE : c’est une structure très importante qui va placer Diourbel au sommet du Sénégal, de l’Afrique et du Monde, avec déjà des prémices très prometteuses au Sénégal.

UFR et FACULTE DE MEDICINE : ces facultés universitaires implantées à Diourbel présagent de la prochaine Université de Diourbel.

LA SEIB ET LA SETUNA : ces unités industrielles sont un atout extraordinaire et stratégique pour la relance du développement de Diourbel pour l’agriculture, l’élevage et l’aviculture sans oublier l’emploi.

HOTELLERIE : un grand hôtel cinq étoiles luxe pour ne pas dire Palace est en construction pour accompagner les auberges et centres d’accueil existants.

SPORT : le site qui abrite le stade Ely Manel Fall de football et d’athlétisme, le stadium de basketball et de handball a une réserve foncière capable d’abriter un stade omnisport haut de gamme avec un centre d’accueil digne de ce nom..

QUE FAIRE ?

La question majeure à laquelle il faut maintenant répondre est celle-ci : QUE FAIRE? Que faire pour relever les défis du développement de Diourbel. Le développement de Diourbel est l’affaire de toutes les filles et tous les fils de Diourbel et de l’Etat du Sénégal. C’est dans cette perspective et dans un contexte de riposte contre la pandémie de la COVID-19, que nous proposons l’organisation d’une rencontre limitée et ciblée dans un premier temps, pour approfondir la réflexion et définir des TERMES DE REFERENCE d’un PLAN D’ ACTION entre autres.

Votre réaction nous obligerait! Merci par avance pour votre engagement pour le développement de Diourbel !

Diourbel le 01 / 06 / 20

EL HADJ NDIAYE DIODIO

Tel : 776367842

E-mail : eldiodio52@gmail.com