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Drame yéménite, hypocrisie mondiale…

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Les Etats-Unis  appelant mardi 30 octobre à la fin de la guerre au Yémen en prônant des négociations. Un aveu d’échec. Une déconvenue de la conception belliciste de Clausewitz qui voudrait que la  guerre soit « le prolongement de la politique par d’autres moyens .  Un acte de violence dont l’objectif est de contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté ».  Soit.

C’est aussi sans nul doute une stratégie diplomatique pour baisser la tension inhérente à l’exécution abjecte du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en Turquie par des proches de Mouhammed Ben Salman. Un acte odieux qui a fortement affecté la crédibilité déjà chancelante de l’allié saoudien qui s’enfonce de jour en jour. Aujourd’hui donc, c’est par pur opportunisme que  l’Oncle Sam donne l’impression d’avoir rejeté l’Officier  prussien Carl Von Clausewitz pour adopter Michel Foucault pour qui, c’est  « la politique qui est la continuation de la guerre par d’autres moyens, et non l’inverse.» Washington, estime toutefois que l’initiative des négociations de paix doit  venir les rebelles houthistes soutenus par l’Iran, «bête noire commune des Américains et de leurs alliés saoudiens». Le jeu des relations internationales est décidément insidieux. Trump et son administration veulent sauver leur face devenue hideuse tout en ménageant l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis qui bénéficient d’un soutien conséquent de Washington. Une coopération mortifère qui suscite l’indignation aux Usa. Jusque dans les rangs des Républicains. La crise humanitaire qu’a déclenchée l’intervention saoudienne est considérée comme la plus grave de la planète par les Nations-unies.

Même la France qui apporte « son plein soutien à la sécurité de l’Arabie saoudite », jugée menacée par les forces houthistes, le ton commence changer.  Ce n’est pas fortuit si la ministre française des Armées, Florence Parly,  estime  qu’il était « plus que temps que ce conflit cesse ».

Passivité…

 La publication mardi,  en Une,   par le très influent New York Times, des images terrifiantes d’enfants yéménites mourant de faim,  à cause  de la crise alimentaire dans  certaines régions du pays, ne fait que renforcer l’opposition molle mais  grandissante contre  cette guerre très peu médiatique.  Au Yémen, on meurt en silence. On tue sans crainte. Cruellement. Devant les yeux d’une communauté internationale qui affiche une duplicité, une passivité et une hypocrisie sans commune mesure. Maintenant, il reste à souhaiter que « la percée diplomatique la plus significative depuis le début du conflit », pour reprendre David Miliband, président de l’International Rescue Comittee, soit traduite en actes pour soulager les  populations yéménites, des musulmans torturés par d’autres musulmans et leurs alliés. C’est heureux que nos Jambars n’aient pas été envoyés dans cette guerre, cet « Orient compliqué », selon le mot de De Gaulle. Pourtant, le Chef Suprême des Armées avait décidé. « Un point et c’est tout », disait Macky. Heureusement, heureusement…

Source : Media28