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Droit D’Asile Pour Adama Gaye (Par Pathé Mbodje)

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Des sans papiers ayant envahi le secteur de la communication sociale, spécialistes de la plomberie et des amitiés intéressées, ont voulu dénier le statut de journaliste à Adama GayeFils de et maître chanteur notoires, ils sont plus abonnés au retour d’ascenseur, sous forme d’une proverbiale valise de la part du Prince. Vous les verrez bientôt à Dakar, pour un cahier spécial sur le Sénégal, si ce n’est en reconnaissance de belles pages quadrichromées sur le pays de la Téranga au nom d’une amitié entretenue par des espèces sonnantes et trébuchantes.

Adama Gaye est un journaliste de talent, formé à bonne école, il a une belle plume. Ses écrits font référence dans le landerneau intellectuel par leur hauteur de vue, leur impact économique, scientifique, littéraire ; ils sont loin de ces logorrhées quotidiennes servies à la petite semaine et qui démontrent le peu de qualification professionnelle de leurs auteurs. Le 29 juillet dernier, il a été arrêté et écroué à la suite d’un pamphlet particulièrement virulent vis-à-vis du président de la République Macky Sall du Sénégal.

Dès la garde à vue cependant, Adama Gaye s’est rendu compte qu’il est allé trop loin dans sa rupture psychologique : la thèse défendue hors Cour du compte piraté est rédhibitoire et ne saurait prospérer  tant l’individu est connu pour son impertinence vis-à-vis du président de la République au cours de ces quatre dernières années particulièrement, malgré un voyage en Afrique du sud dans les valises du chef de l’État sénégalais ; Il précisera lui-même, par la suite, que c’est à la demande expresse de l’hôte qui en avait exprimé le souhait à son invité de lui amener son ami Adama. Certains ont cru y déceler les liens d’une amitié qui se seraient détériorés par la suite.

Les propos de Adama Gaye contre le président Macky Sall doivent être sanctionnés pour leur caractère excessif. Ce sera justice pour l’imam Ndao, pour cet élève Ousseynou Diop qui est resté  près de quatre ans en prison pour « apologie du terrorisme », pour Guy Marius Sagna entraîné dans les mêmes eaux d’une fausse alerte à l’attentat de la France au Sénégal, et pour Assane Diouf, cet illuminé extradé des États-Unis et qui n’a malheureusement pas pris de la graine de son expérience récente au Sénégal.

L’excuse opportuniste du lanceur d’alerte qu’ il faut protéger est irrecevable dans les cinq récents cas d’emprisonnement : en ces heures de terrorisme international, l’élève, l’imam et l’insulteur public ont semé le désarroi dans les relations entre le Sénégal et la communauté internationale doutant de la stabilité d’un pays cerné par l’instabilité ; les propos d’un Adama  Gaye et de cet illuminé basés sur la race et l’origine sociale ne doivent pas prospérer à cause de la sensibilité liée à l’ethnie, la race, la religion, sources et facteurs d’intolérance.

Les propos d’avril dernier rapidement retirés de sa page facebook dénotent d’un désordre émotionnel chez Adama Gaye :  il s’est présenté comme un Élu choisi pour débarrasser le Sénégal de son président et son logo décousu pendant sa garde à vue, fin juillet, renforcent cette confusion dans l’esprit de cet intellectuel perdu par son nombril se faisant passer tour à tour comme sorti de la cuisse de Jupiter ou une victime d’un Brutus cherchant à le mettre en mal avec le monde du pouvoir.

Il est vrai que les ruptures entrevues et jamais réalisées sous Macky Sall ont entraîné des bouleversements douloureux ; les plus faibles de la société ont réagi à leur manière,appelant à une désobéissance civile d’autant plus forte que beaucoup ne se relèvent pas encore de devoir continuer avec le président pour cinq autres années.

Élément de réinsertion sociale où on  paie sa dette, la prison a été pour tous un asile, un refuge où l’ombre de la longue nuit de la préventive porte conseil : à l’exception de Assane Diouf, les émeutiers se tiennent à carreau depuis leur élargissement. Il faudrait donc accepter ce droit asile pour Adama Gaye.

Par Pathé Mbodje