Home»Politique»EL HADJI THIOBANE, MODEL, SUR LE DEPART D’IBRAHIMA SALL DE LA SICAP : «Il arrive que le coach effectue un remplacement qui n’agrée pas le public»

EL HADJI THIOBANE, MODEL, SUR LE DEPART D’IBRAHIMA SALL DE LA SICAP : «Il arrive que le coach effectue un remplacement qui n’agrée pas le public»

0
Shares
Pinterest Google+

El Hadji Thiobane, membre du Bureau exécutif national du Mouvement pour la démocratie et les libertés (MODEL) et responsable dudit parti à Bambey revient sur le bilan de son mentor politique, Ibrahima Sall, à la tête de la SICAP, entre autres questions.

Votre mentor, le président du MODEL, a été récemment limogé de ses fonctions de DG de la SICAP SA. Quelle en est la raison ?

Je ne saurais vous en dire une seule des raisons de son départ de la tête de la SICAP SA. J’ignore tout de cette affaire. Nous avons communiqué, mais pas pour l’essentiel sur cette affaire. On doit arrêter dans ce pays d’épiloguer sur des questions déjà encadrées et légiférées. Le Président est le coach d’une grande équipe nationale comme le disait le Président Wade. Il effectue des remplacements selon ses stratégies pour gagner un match. Il arrive souvent, dans un match de foot, que le coach effectue un remplacement qui n’agrée pas le public et le joueur. Mais, ce n’est pas parce que le joueur n’est pas bon, c’est dans la tête du coach. Peut-être que le joueur a fini d’accomplir le travail pour lequel il était partant, peut -être le coach veut conserver physiquement son joueur.

 Dans quelle catégorie rangez-vous votre joueur dans cette équipe du Président Macky Sall ?

(Rires) Je crois bien qu’il a fini d’accomplir le travail pour lequel il a été nommé à la SICAP SA. Au regard de la situation de l’entreprise, au moment de sa nomination en 2012, et aujourd’hui, au moment de son départ en 2019, des progrès considérables ont été notés. Comme pour dire que notre président a sorti la tête de la SICAP SA de l’eau dans laquelle elle était en train de se noyer.

 Qu’est-ce qui vous permet de faire cette affirmation péremptoire ?

Mais, c’est un secret de polichinelle ! Tous les gens qui ont été à la cérémonie de passation de service, les journalistes qui ont assuré la couverture, à travers les journaux télévisés et la presse écrite, partout, on a étalé les performances de l’entreprise durant les 7 années de passage du président Ibrahima Sall. Le Secrétaire général de la boîte, dans son speech introductif à la cérémonie de passation de service, a quasiment présenté la situation financière de l’organisation en faisant une comparaison des données du bilan de 2012 et celles de celui de 2019.Selon lui, dans le compte d’exploitation prévisionnel du bilan de 2012 de la structure, le poste d’investissement représentait 7% du chiffre d’affaires avec un passif représentant un endettement de 20 milliards de FCFA. Aujourd’hui, au moment de quitter l’entreprise, le DG laisse une situation bien améliorée avec un poste d’investissement dans le dernier bilan porté à 31% du chiffre d’affaires, la dette entièrement épongée avec un actif en liquidité de 8 milliards de FCFA. Cette situation améliorée de la SICAP SA a permis la réalisation de 4000 unités de logements faisant ainsi renouer l’entreprise avec sa vocation de construction à laquelle le surplace s’était substitué depuis un certain temps. La SICAP SA constitue la structure qui aura le plus contribué en termes de livraison d’unités d’habitation par an durant les 7 dernières années, a affirmé son DG sortant dans son allocution.

 L’université Alioune Diop de Bambey, où vous faites des vacations, est secouée par des grèves cycliques…

Dans l’espace universitaire, je suis seulement dans les salles de classe et les amphis pour dispenser des enseignements. Cependant, je peux vous affirmer qu’à l’occasion d’une audience accordée au Bureau politique du MODEL, à la veille du référendum, j’avais eu l’honneur d’avoir un tête-à-tête avec le Président. A l’occasion de cette audience, le leader du MODEL avait tenu à me présenter au Président Macky Sall muni de mon CV soutenant ma candidature au poste de Directeur du Centre universitaire régional (CUR) de l’université Alioune Diop de Bambey. En ce moment, les directeurs des CUR de Thiès, de Bambey, de Ziguinchor et de Kaolack, n’étaient pas encore nommés. Juste un décret avait fini de mettre en place les structures. Cette séquence du prolongement de la grande audience avec le Bureau politique du MODEL a eu lieu dans les couloirs qui mènent aux appartements privés du chef de l’Etat. C’était un huis clos avec le Président Macky Sall, son ministre Directeur de Cabinet, Ibrahima Sall et moi-même. Le chef de l’Etat, après lecture de mon CV, avait demandé un stylo pour porter son appréciation et des recommandations sur le document qu’il a remis à son Directeur de Cabinet. Dans le même sillage, il avait demandé à Ibrahima Sall de lui faire un rappel au moment opportun, car le profil qu’il avait sous les yeux était conforme à l’emploi selon ses propres propos.

 Mais, pourquoi donc, n’êtes-vous pas aujourd’hui le directeur du CUR de l’université de Bambey ?

C’est la question que je me pose moi-même .Qui a dû donc outrepasser les recommandations du chef de l’État au moment de porter les dossiers des différents candidats aux différents CUR à la table du Conseil des ministres pour leur nomination par le Président ? Le Président, avait-il entre temps porté son choix sur une autre personne ? Sinon, était-il vraiment au courant du changement de son choix a priori porté sur ma modeste personne, et matérialisé par ses écrits sur mon CV ? Ou bien ses collaborateurs avaient-ils fait fi du slogan «La patrie avant le parti» ?
(VOX POPULI)