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ENTRETIEN AVEC Daouda Gueye cadre du Grand Parti : «Nous avons un candidat dont le profil est irréprochable»

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Dans cet entretien accordé à sensite.sn, Daouda Gueye  revient largement sur les objectifs et les raisons de la candidature de Malick Gakou. « Nous sommes les premiers à  rendre publics un Mémorandum, un Livre-programme et un programme de gouvernance », affiche-t-il. Pour ce cadre du Grand Parti, leur  leader a un parcours et un programme (Le PASS) qui  constituent de vrais remédes aux maux du Sénégal. Cet enseignant-activiste, engagé dans le combat contre l’érection de l’arène nationale au Technopole, aborde entre autres sujets,  son ambition pour Pikine, son fief en banlieue dakaroise.

Vous êtes un des cadres du Grand Parti, comment appréhendez-vous votre probable premier  scrutin  présidentiel ?

C’est vrai, le Grand Parti va participer pour la première fois à une élection présidentielle en 2019. Pour rappel, nous avons reçu le récépissé, acte de naissance de notre formation, le 17 août 2015. Nous avons aussitôt présenté le 10 octobre 2015 à l’hôtel Ngor Diarama un mémorandum renseignant sur la vision, l’idéologie, la philosophie et les orientations stratégiques qui fondent notre projet de société. Ensuite, après l’inauguration de la Permanence Nelson Mandela le 08 janvier 2016, nous avons lancé la « Caravane de l’espoir » à partir du 11 février 2016, dans le cadre d’une tournée nationale dans les 14 régions du Sénégal, pour aller à la rencontre des sénégalaises et des sénégalais qui ont exprimé le désir de recevoir le Docteur Elhadji Malick Gakou afin de marquer leur adhésion au Grand Parti. Cette tournée nous a également mis à l’écoute des sénégalaises et des sénégalais de nos villes et de nos campagnes, de divers secteurs d’activité, de différentes conditions. Cela nous a permis de mieux nous imprégner des problèmes auxquels nous devons proposer des solutions afin de garantir à nos compatriotes un mieux-être. Ainsi les piliers de notre projet de société présentés dans le Mémorandum ont été renforcés pour soutenir le Livre-Programme que le Docteur Elhadji Malick Gakou a présenté à la presse et à l’opinion en fin 2106. Le contenu de ce Livre-programme sera mis à jour suite au reniement de Macky Sall et à la tenue de la présidentielle en 2019 plutôt qu’en 2017 suivant l’engagement pris et répété à moult reprises par ce dernier de ramener la durée de son mandat de sept à cinq ans. Cela a donné aujourd’hui le Programme Alternatif Suxali Senegaal (le PASS). Le Docteur Malick Gakou est le premier candidat à la présidentielle, le Grand Parti le premier parti à avoir successivement rendu publics un Mémorandum, un Livre-programme et un programme de gouvernance.

Ces deux actions combinées, la tournée nationale du parti et l’écoute des sénégalaises et des sénégalais de tous âges, nous ont permis d’assurer une présence du Grand Parti dans toutes les localités du Sénégal en trois années d’existence, de placer plus de 300.000 cartes de membres, et de produire dans une démarche participative le Programme Alternatif Suxali Senegaal, appelé le PASS que les Sénégalaises et les Sénégalais jugent comme une alternative crédible au Pse qui a fini d’étaler ses limites.

Qui plus est, nous avons un candidat dont le profil est irréprochable. Docteur en économie, il a grandi dans l’administration sénégalaise sous l’aile de grands commis de l’Etat. Il est nanti d’une longue expérience politique, depuis les jeunesses socialistes alors qu’il était encore au collège jusqu’au poste de numéro 2 de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP). Il connait bien l’administration publique et l’Etat pour avoir été Président du Conseil Régional de Dakar de 2009 à 2014, et ministre des sports puis ministre du commerce. C’est le 13 février 2013 qu’il démissionne du gouvernement, jugeant que le chemin emprunté par Maky Sall ne mène pas au mieux-être des femmes, des jeunes et des hommes de notre pays. Les difficultés que vivent les sénégalais trois ans après corroborent son jugement. Le Docteur Elhadji Malick Gakou est des rares politiques qui ont eu à gérer des responsabilités au plus haut niveau de l’Etat et de l’administration, qui gardent les mains propres. Il est facile de dire qu’on a les mains propres quand on n’a encore géré aucune responsabilité dans l’Etat. Mais ce discours est plus pertinent quand cela vient de quelqu’un qui a le parcours du Docteur Gakou, et dont on ne peut pas dire qu’il a bénéficié d’un seul mètre carré de l’Etat, ou qu’il a pris les deniers publics. Sa réussite, il l’a forgée dans le secteur privé, dans le monde des affaires.

Son leadership est accepté par ses pairs qui l’ont porté à la tête de la coalition Mànkoo Wattu Senegaal et plus tard à la coordination de la coalition électorale Mànkoo Taxawu Senegaal aux législatives. Après deux années d’existence déjà, le leadership du Docteur Gakou a bousculé l’échiquier politique traditionnel pour placer le Grand Parti dans le concert des formations politiques qui comptent, qui pèsent.

Compte tenu de tout cela, nous avons un parti bien implanté à travers le Sénégal, nous avons un programme de gouvernance, le PASS, et sommes d’ailleurs les premiers à avoir soumis aux Sénégalaises et aux Sénégalais un programme, et nous avons un candidat avec un background académique et politique et une moralité exemplaires, qui a montré ses compétences dans le secteur privé à travers sa réussite dans les affaires. Dès lors, vous pouvez comprendre que c’est avec sérénité que nous appréhendons notre participation certaine à notre première élection présidentielle en 2019.

Il faut d’abord passer le cap du parrainage. Comment s’y prend le Gp?

Le parrainage ne saurait être un obstacle à notre participation et à notre victoire, la victoire du peuple sénégalais, à la présidentielle de 2019. Le Docteur Elhadji Malick Gakou a déjà été parrainé avant la loi par plus de 300.000 sénégalaises et sénégalais qui ont tous acheté la carte de membre du Grand Parti. Aussi, cela va de soi que depuis lors, le parti déjà bien implanté s’est beaucoup massifié. Donc, cette campagne pour le parrainage ne consiste pour nous qu’à mettre au propre le brouillon sur lequel nous avons travaillé avant l’avènement de la loi.

Votre candidat Malick Gakou déclare qu’il est celui des « mains propres ». N’est-il pas responsable d’une partie du bilan de Macky si l’on sait qu’il a été successivement ministre des Sports et du Commerce à la suite de la seconde alternance ?

Vous savez, le Président Macky Sall a été porté au pouvoir par toutes les forces vives de la nation, après une lutte âpre pour le départ de son prédécesseur. Le slogan c’était « Gagner ensemble, gouverner ensemble », pour garantir aux sénégalais un mieux-être. Ainsi, après la victoire de la coalition Benno Bokk Yaakaar à laquelle appartenait son ancienne formation politique le 25 mars 2012, c’est naturellement que le Docteur Gakou a été appelé à mettre ses compétences au service du Sénégal, d’abord au département  des Sports et ensuite au Commerce. Très tôt, il a eu des divergences avec les orientations définies par le Président de la République qui, selon lui ne présageaient aucunement l’amélioration du quotidien de nos compatriotes. En homme d’Etat, et mû par l’obsession de faire change les choses, il a d’abord œuvré à influer positivement sur la politique définie. C’est ensuite que, comprenant le changement n’était pas possible de l’intérieur, et pour ne pas être tenu comptable du bilan de Macky Sall qui se traduit après six années de magistère par une morosité économique et sociale et un recul de la démocratie et des libertés, il a démissionné volontairement du gouvernement, tournant le dos aux ors du pouvoir. Et partout où il est passé, Macky Sall a envoyé les corps de contrôle de l’Etat qui n’ont trouvé rien, absolument rien à reprocher à sa gestion. Au regard de tout cela, doutez-vous encore du bien-fondé de l’affirmation par laquelle il déclare être un candidat aux mains propres ?

Vous avez certes un programme le Pass mais croyez-vous que cela suffit pour sortir le pays des difficultés si l’on sait que le président actuel aussi en avait ?

A supposer que le président ait eu un programme quand il a sollicité le suffrage des sénégalais, il faut aussi préciser que ce n’est pas avec ce programme qu’il est en train de gouverner. Ce qui est étonnant d’ailleurs quand on sait que Macky Sall est comptable de huit sur les douze années de gestion de Wade, durant lesquelles il a été au cœur des politiques, donc a priori imprégné des problèmes du Sénégal et des sénégalais. C’est donc bizarre qu’il ait perdu du temps à billebauder avec le Yoonu Yokkute durant les premiers moments de son magistère, avant de l’abandonner pour aller acheter le Programme Sénégal Emergent dont nous sommes en train de constater la nocivité pour les Pme et les Pmi nationales.

Le Programme Alternatif Suxali Sénégal a pour socle le patriotisme économique, la protection et l’appui du secteur privé local, des agriculteurs, des pêcheurs, des éleveurs, etc. Cela ne signifie pas que nous allons nous fermer aux autres. D’ailleurs, cela n’est pas possible dans ce contexte de glocalisation. Mais nous allons encourager, soutenir et protéger les initiatives locales. Cela va corriger le caractère trop extraverti de notre économie, qui fait la croissance que le régime de Macky Sall vante à or et à cri n’est pas ressenti par les sénégalais parce qu’elle ne reste pas au Sénégal.

De nombreuses réformes sont également prévues par le Pass, allant du judiciaire au législatif en commençant par l’exécutif. Par exemple, pour une séparation réelle des pouvoirs dans l’optique de répondre aux appels sans cesse renouvelés par les sénégalais, justiciables et juges, pour une justice indépendante, la réforme introduite par le Pass consiste à remplacer le Conseil constitutionnel par une cour constitutionnel dont les rênes sont tenus par un magistrat choisi par ses pairs. Malick Gakou président ne siègera plus au conseil supérieur de la magistrature. Et le citoyen qui se considère lésé pourra saisir cette cour pour être rétabli dans ses droits. Ce qui n’est pas faisable avec l’actuel conseil constitutionnel. Oui, le Pass est adossé à la charte de bonne gouvernance démocratique issue des assises nationales, et dont le Docteur Gakou est signataire. L’assemblée nationale sera réformée, le nombre de députés limité à cent. En ce qui concerne l’exécutif, Docteur Gakou, Président de la République, ne sera pas en même temps le président du Grand Parti. Le nombre de ministres sera limité à 25 et les caisses noires et les caisses spéciales supprimées. Les institutions qui grèvent le budget comme le Hcct, le Cese, le Hcdt, le Cndt seront supprimées et les multiples agences dissoutes et réintégrées dans les ministères de tutelle. Toutes ces mesures visent à inverser la pyramide qui est telle aujourd’hui que nous avons un Etat riche et des citoyens pauvres. Ces économies renforceront le financement de l’éducation et de la formation qui feront aussi l’objet de réforme en tenant compte des intelligences multiples, de nos réalités culturelles et de la promotion de l’enseignement des langues africaines et dans les langues africaines, et la santé. Ces économies aideront aussi à financer notre politique sociale. Je rappelle que le Grand Pati est un parti de centre-gauche, d’obédience social-libéral. Cette politique sociale concerne, entre autres, le kit de naissance d’un montant de 25.000 francs à tous les nouveaux nés pour entre autres inciter à la déclaration des enfants à l’état civil, le Revenu Citoyen d’Insertion (RCI) de 120.000 francs par an à tous les jeunes de 18 à 30 ans, la bourse des étudiants à 50.000 francs, etc. . Je peux aussi parler des réformes dans les domaines de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage, des transports, de la gestion de l’environnement, de l’éducation et de la formation, etc. Toutes ces réformes sont mises en cohérence avec notre souci de placer le Sénégal et l’homo-senegalensis au centre de notre politique. Le Programme Alternatif Suxali Senegaal n’a pas été rédigé entre quatre murs. C’est le produit d’une démarche participative et inclusive mise en œuvre tout au long de la tournée nationale dénommée « La Caravane de l’espoir ». En conséquence, programme ne saurait mieux hisser notre pays hors des difficultés dans lesquelles l’incurie du régime BBY l’a plongé.

 Le Pass peut-il passer aux yeux des Sénégalais?

Le Pass est un système cohérent de réponses à des problèmes que les sénégalais ont eux-mêmes identifiés et portés à notre connaissance lors de la tournée nationale « Caravane de l’espoir ». Donc, ils ont activement participé à son élaboration. Par conséquent, c’est une vérité de Lapalisse que de dire que le Pass passe évidemment aux yeux des sénégalais.

Comment prétendre gagner la présidentielle si vous avez des difficultés à remporter les législatives à  Guediawaye le fief de votre leader?  

Ce que certains semblent ignorer et d’autres oublier c’est que le Docteur Elhadji Malick Gakou a gagné les élections à Guédiawaye en 2009 et en 2014. En 2009, il a dirigé la liste régionale de Benno Siggil Senegaal, a gagné à Guédiawaye, pour ensuite diriger le Conseil régional de Dakar. En 2014, il était dans la coalition Benno Bokk Yaakaar où il a été décisif dans la victoire qui a conduit à l’élection par le conseil municipal du maire actuel. Après, le référendum n’est pas une élection. Et nous pouvons en dire autant des législatives qui ont été un gros scandale dans la manière dont Macky Sall et Abdoulaye Daouda Diallo les ont … disons désorganisées. Un sabotage qui a dangereusement craquelé la vitrine de la démocratie que le Sénégal est devenu depuis les années 1980. Voilà où Macky Sall nous a ramené, une trentaine d’années en arrière, par la remise en question des acquis démocratiques arrachés de haute lutte par des générations successives de dignes filles et fils de ce pays. Les libertés sont confisquées avec l’interdiction des marches devenue la règle, l’usage systématique de la répression contre toute initiative en désaccord avec sa politique, l’opacité dans l’organisation des élections. Nous parlions des législatives. Suite au désordre électoral réalisé par Abdoulaye Daouda Diallo pour garantir à son parti et à sa coalition un hold up, l’opposition et la société civile ont encore demandé au Président Macky Sall, président de l’Apr et de la coalition BBY, de confier l’organisation des élections à une personnalité neutre. Quand je parlais tout à l’heure de recul démocratique, depuis le code consensuel de 1992 l’organisation des élections a presque toujours échu à une personnalité neutre. En remplaçant Abdoulaye Daouda Diallo de l’Apr par Aly Ngouille Ndiaye de l’Apr, Macky Sall n’a fait que remplacer Pepsi par Coca, c’est toujours la famille Cola. Si j’ajoute à cela le refus de remettre le fichier électoral ou peut-être les fichiers électoraux à l’opposition et à la société civile, et les problèmes inhérents à la confection et à la distribution des cartes d’identité biométriques de la CDEAO aux citoyens, je peux affirmer de façon péremptoire que Macky Sall n’est pas dans les dispositions d’organiser des élections transparentes. C’est d’ailleurs ce qui fonde la crainte de certains observateurs relative à des élections qui risquent d’être troubles. Dans tous les cas, Macky Sall est seul responsable de ce qui arrivera.

Pour en revenir à votre question, comment dans ces conditions de désordre électoral peut-on juger objectivement du poids électoral des candidats ? Qui plus est, qui connait la sociologie politique du Sénégal sait que ce n’est qu’en des cas rarissimes qu’un leader politique qui n’a pas encore été au pouvoir est arrivé à gagner dans son fief. L’exemple de Abdoulaye Wade est là pour corroborer cela. Aux premières élections auxquelles il a participé, les élections générales de 1978, il a perdu dans son fief à Kébémer. Il n’a été victorieux que dans une commune, Oussouye, et dans deux villages, Taïba Ndiaye et Taïf. D’ailleurs, aux municipales de 1996, soit quatre ans avant son accession au pouvoir, il est venu s’aligner à Dakar, parce qu’il savait qu’il allait encore être battu dans son fief à Kébémer, alors que ses meilleurs scores il les réalisait dans les zones urbaines comme Dakar. Quand il est devenu Président, il n’a plus perdu à Kébémer. Beaucoup de facteurs peuvent expliquer cet état de fait. Mais le plus important, c’est l’affection que les femmes et les hommes, de tous les âges, de Guédiawaye portent pour leur fils le Docteur Gakou qui s’est beaucoup investi, qui a beaucoup investi pour un mieux-être des guédiawayoises et des guédiawayois. Il continue de le faire sans que cela ne soit conditionné par une ambition présidentielle. Si les élections se passent dans la transparence, vous allez voir les populations de Guédiawaye exprimer leur affection pour leur fils dans les urnes.

Vous  vous singularisez par vos critiques à l’encontre de Macky Sall. Apparemment vous êtes déçus par sa gouvernance.

Déception totale ! Et je peux dire que c’est le sentiment le mieux partagé chez les sénégalais vis-à-vis de Macky Sall. Parjure, reniement (wax-waxet), répression, restriction des libertés, niveau d’endettement record, instrumentalisation de la justice et des rapports des corps de contrôle à des fins politiciennes, discrédit de ces corps de contrôle comme dans le cas de l’Ofnac, manipulation politicienne de fibres très sensibles, slogans creux, tâtonnements, tergiversations, népotisme, impunité avec les nombre de dossiers qui croulent sous le faix de son coude, fermons le ban ! Voilà le champ lexical du bilan de ce septennat de Macky Sall. Alors vous parlez d’une déception. Oui, les sénégalais sont déçu par la gouvernance Macky Sall.

Est-Il possible que votre candidat soit à la tête d’une coalition ?

Evidemment, notre candidat, le candidat de l’espoir comme l’ont surnommé les sénégalais au cours de nos tournées, le Docteur Gakou sera à la tête d’une grande coalition. D’ailleurs la formation du puzzle est déjà assez avancée. Et les sénégalais vont sans doute plussoyer quand viendra le moment de leur présenter la coalition qui porte la candidature du Docteur Elhadji Malick Gakou. Pour l’instant, je ne peux pas avancer des détails. Time will tell !

En tant qu’enseignant, pensez-vous que les difficultés constatées durant les autres années sont de vieux souvenirs ? 

Ecoutez, vous avez entendu les responsables de syndicats d’enseignants décrier l’inertie dans la mise en œuvre des promesses du Président Macky Sall. Ce dernier a même appelé récemment le gouvernement au respect des accords d’avril 2018. C’est le statu quo. Rien de nouveau sous le soleil des enseignants, à part des promesses, des discours, les mêmes depuis 2012, et qui ne sont jamais suivis d’effets. Nombreux sont les enseignants dont la carrière est bloquée, faute d’avancement. Les dossiers de validation des années de vacation et de contractualisation stagnent. Faites un tour aux ministères de la fonction publique ou de l’éducation, vous allez voir le spectacle regrettable de centaines d’enseignants qui devaient profiter d’un repos mérité auprès des leurs après une année scolaire prolongée, et profiter des congés, squattant les couloirs et les bureaux pour vérifier si leur acte d’avancement ou de validation est sorti. Les promesses n’ont pas été tenues. Le Président Macky Sall le sait. Les enseignants vivent ces difficultés au présent. Et cela n’augure pas une année scolaire 2018 – 2019 apaisée.

Les inondations dans la banlieue ont-elles été définitivement résolues?

Evidemment, ce problème n’est toujours pas résolu en banlieue. Dans des zones comme Ouest-foire où on a connu de graves inondations autour des années 2007, aujourd’hui tout cela n’est plus qu’un vieux souvenir, grâce aux investissements consentis par l’Etat sous le magistère de Wade. Au même moment, la première phase du Progep entrait dans sa phase d’exécution à la fin de la gouvernance Wade, avec la création de bassins de rétention en plusieurs endroits de la banlieue. Cela n’a pas enrayé le phénomène et les populations de Pikine, Guédiawaye et Rufisque notamment ont continué de vivre le calvaire. C’est sous Macky Sall que la phase 2, dans le cadre du Programme décennal de lutte contre les inondations (2012 – 2022), est mise en œuvre. Malgré tout le tintamarre politicien autour de quelques canaux creusés çà et là et exhibés à la télévision nationale, les populations de la banlieue demeurent confrontées aux inondations à chaque hivernage. Pourtant, à l’Onas, à la Direction de l’Urbanisme et de l’Architecture et à la Direction de la Promotion de l’Habitat social, nous avons l’expertise requise pour faire face au phénomène des inondations. Cependant, au lieu de renforcer leurs moyens, Macky Sall a préféré créer des ministères comme celui de la Restructuration et de la Requalification de la banlieue qui a existé le temps d’un gouvernement. Les inondations sont un problème sérieux  aux conséquences désastreuses tant au plan social qu’au plan économique. Il faut arrêter la récupération politicienne de ce problème et dans le PASS, le Grand Parti prévoit de renforcer les moyens des experts au niveau des directions, afin de le régler définitivement.

Vous étiez au cœur  de la bataille contre l’érection d’une arène au technopole de Pikine. Maintenant vous avouez-vous vaincu ?

En vérité, notre combat n’était pas dirigé contre l’arène nationale. Natif de Pikine, j’ai développé une passion pour la lutte depuis ma tendre enfance quand c’était un jeu pour nous à la baie de Hann, où on se frottait à ceux dont certains sont devenus aujourd’hui de grands champions. C’est le cas notamment de l’actuel roi des arènes Eumeu Sene avec qui nous avons grandi. Je ne peux pas être contre la lutte, d’autant plus que ces champions comme Eumeu Sene, Ama Baldé, Boy Niang 2, et avant eux Balla Bèye 2 et Mouhamed Ndao Tyson que nous appelions « Kaana Boy » à l’époque où il n’avait pas encore commencé à pratiquer la lutte, tous ces champions font flotter fièrement le drapeau de la « PIKINE – NITE ».

Non, nous ne combattions pas la construction d’une arène à Pikine. Notre combat était, est encore, pour la préservation des Niayes. La Niaye de Pikine est une partie de la Grande Niayes qui va de la Patte-d’oie à Lompoul en passant par Thiaroye, Mbao, Keur Massar, Mboro, etc. Cette Niayes de Pikine est le poumon vert de la Presqu’îles du Cap vert. D’ailleurs, ce Cap est dit vert parce qu’il repose sur trois piliers qui sont en train d’être détruit par les nombreuses agressions du béton : le parc zoologique de Hann, la forêt classée de Mbao et la Niayes de Pikine. Cette partie de la Niayes remplit des fonctions, écologique, environnementale, économique, sociale, de rempart contre les inondations parce que c’est un bassin de rétention naturel, etc. C’est aussi un lieu de ponte pour plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux qui y font escale chaque année. C’est précisément la préservation de cette zone et de son écosystème qui était et demeure l’objet de notre combat.

Maintenant, l’arène est une infrastructure en contradiction avec les fonctions de la Niayes, c’est pourquoi nous avons bien sûr attiré l’attention des autorités publiques sur la nécessité de cesser les agressions contre cette zone. Malheureusement, elles ne nous ont pas écoutés. Ils ont remblayé une partie de la Niayes avec plus de 4000 m3 de sable et de gravats pour y ériger l’arène. Après les dernières pluies, les populations du quartier Darou Khoudoss où se trouve l’arène ont vécu le calvaire des inondations qu’elles ne connaissaient pas avant.

Les cités Impôts et domaines, Soprim, El Amal, Fayçal, le technopole, le centre d’épuration technique de Cambérène, sont autant d’agression contre la zone des Niayes de Pikine. L’arène est venue s’y ajouter. Et ce n’est pas fini, car un homme d’affaire a récemment clôturé un espace de 08 sur lequel il déclare détenir un titre foncier. Tout dernièrement, nous avons remarqué que l’eau qui remplissait la zone à ras le bord pendant toute l’année, était totalement drainée vers la baie de Hann via une canalisation qui passe sous l’autoroute. Nous soupçonnons un asséchement volontaire dans le dessein d’affecter les terres. Non, je ne vais jamais m’avouer vaincu. Ce n’est pas dans mon caractère. Nous allons évidemment continuer le combat contre la disparition de la Niayes de Pikine pour que les générations futures n’aient pas à ne la voir que dans les images d’archives.

N’êtes-vous pas aux antipodes des aspirations de nombreux Pikinois passionnés par la lutte ?

Ma réponse à la question précédente montre qu’il y a eu un quiproquo au sujet de l’objet de notre lutte. Les Pikinois sont aussi préoccupés que moi par les menaces qui planent au-dessus de la Niayes dont la disparition est envisagée par ceux qui voit comment elle a été rognée et continue de l’être par des promoteurs immobiliers, des affairistes avec la complicité des pouvoirs publics. Qui plus est, il  a la problématique de l’insécurité en marge de la tenue des combats de lutte qui est un souci que les Pikinois et moi partageons. Mais il y a surtout la proximité de l’arène, lieu d’animations folkloriques – battements de tam-tams, chants, cris de supporters, etc. – avec le cimetière, un endroit qui requiert silence autant pour ceux qui viennent y inhumer leurs proches que pour ceux qui viennent prier pour leurs disparus. L’imam Ratib de la grande mosquée de Pikine avec qui nous avons mené la lutte contre l’érection de l’arène dans la Niayes de Pikine, et pour l’extension du cimetière qui est plein, a interpelé le Président de la République lors du Conseil des ministres décentralisé à Pikine en ces termes : « Monsieur le Président, vous avez fait à Pikine ce que les Pikinois n’ont pas demandé, à savoir l’arène de lutte. Mais vous n’avez pas encore fait ce que les Pikinois ont demandé depuis longtemps, c’est-à-dire l’extension des cimetières ». Macky Sall a alors promis qu’il allait donner suite à cette demande. Depuis, rien n’a été fait.

Khalifa Sall et Karim Wade sont presque out pour la présidentielle. Est-ce leur réhabilitation est une priorité du Gp ? 

Le Grand Parti est né dans le refus. On parle de lanceurs d’alerte. Je crois que le Docteur Elhadji Malick Gakou a été le premier lanceur d’alerte en démissionnant du gouvernement de Macky Sall le 13 février 2013. Bien sûr, en homme d’Etat, il ne s’est pas adonné à un déballage. Or, Dieu sait qu’il sait des choses, ces choses qui l’ont poussé à mettre fin à sa collaboration avec Macky Sall. Le Docteur Gakou a très tôt dénoncé la remise en question des acquis démocratiques, la violation des libertés, et l’instrumentalisation de la justice dans les affaires Karim Wade et Khalifa Sall. C’est pourquoi il est allé voir ces derniers dans leur lieu de détention pour leur manifester sa solidarité et son engagement à œuvrer à leur rétablissement dans leur droit afin qu’ils retournent auprès des leurs. Le Grand Parti a participé à toutes les initiatives en vue de la libération de Wade ils et de Khalifa.