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Fiction : et si les jours de Macky Sall au pouvoir (m)étaient co(mp)(n)tés ?

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Un doux rêve ou un cauchemar ? Un drôle de titre sorti des travers d’une tête commode et inféodée à l’opposition. Mais il n’en est que nenni. En effet, avec Macky, ça risque de  très mal finir.

Avec Macky, cet écorché vif du pouvoir, le Sénégal risque de sombrer dans une violence on ne peut plus pré et post-électorale. Une chute libre à tous les niveaux : politique, économique et social. La fuite en avant des investisseurs. Le pays à l’arrêt. A la veille de ces élections cruciales, les clignotants sont au rouge. Depuis quelque temps, un danger guette ce pays qui fut jadis un havre de paix. Les représentations diplomatiques ont vent de ce qui se trame. Leurs citoyens sont avertis et surtout ceux de la France.

Phare de la démocratie en Afrique, la lanterne Sénégal n’éclaire plus. Mais avouons que le président Sall n’est pas le seul responsable de ce chaos qui arrive. Désormais, des bruits de bottes et de sabots rythment la vie quotidienne de ce pays lilliputien, qui est encore la chasse gardée de la toute puissance coloniale, la France. Il est un secret de polichinelle de dire que Macky est bien vu par la France, qui, ayant perdu son influence en Afrique de l’Ouest, continue de régenter les affaires de quelques états africains. De relation de maître à celle d’élève et dans ce chaos pointant son nez, la France protège ses intérêts et Macky Sall protège les intérêts de son clan per fas et nefas.

Bâtiments publics incendiés. Rues jonchées de pierres barricades. Intifada. De la fumée s’échappant de quelques artères de la ville de Dakar. Une belle violence dans quelques villes du Sénégal mais point de mort d’Homme. Rire sous cape. Une révolution paisible se fait doucement mais sûrement. La colère et la désolation se lisent sur les visages de millions de citoyens qui se sont donné rendez-vous à la Place de l’Indépendance nommée Place Tahrir, le berceau de la révolte populaire égyptienne qui a emporté le régime de Moubarak. En voilà un qui rêvait d’être président à vie voire un roi ad vitam aeternam.

Le peuple égyptien ne l’a pas compris et l’a balayé d’une belle bourrasque avec l’appui de quelques braves militaires du régime. La Place de l’Indépendance, place de la libération, a été prise d’assaut. On scande des slogans hostiles au président sortant. On applaudit à tout rompre. On chante bien ou mal et peu importe les notes. L’espoir renaît. Mais la question que se pose un bon nombre de citoyens, c’est de savoir où se trouve actuellement l’opposition qui se cherche tandis que le président Macky inaugure des projets qu’avait semés l’ancien président Abdoualaye Wade. Et à quoi s’attendre de cette opposition ? Rien.

De Wade, le peuple est dans une attente fiévreuse. Parce que lui seul, peut faire bouger les lignes et quelques montagnes. Et cela, Macky le sait mieux que quiconque. En effet, ce dernier dort d’un œil et en fait des cauchemars. Wade l’a tellement marqué qu’il est obligé de se saupoudrer le visage à chaque fois qu’il sort de son palais de l’avenue Roume. Dès qu’il entend le nom de son prédécesseur, il tombe en transe et perd son wolof, oups son pular. Et oui, la Place de l’Indépendance est tombée dans l’escarcelle du peuple. Et non dans celle de cette opposition mexicaine qui préfère les salons feutrés et douillets aux lacrymogènes de cette police d’Etat, habituée à la violence et sans parler des milices beige-marron du pouvoir.

Depuis la Place de l’Indépendance, désormais devenue le centre de décisions stratégiques, le peuple appelle au soulèvement populaire, au blackout du pays. En effet, l’appel est suivi. Chaque jour comporte son lot de discours teintés de mépris et de haine. Et oui, la politique est un drôle de bête voire un ogre qui bouffe ses propres enfants qui la chérissent. Des enfants, esclaves de sa survie. Et la désobéissance civile s’installe. On brave les interdits de l’Etat. La société civile, sous le joug du peuple, s’emballe et entre dans la danse. Les préfectures et les gouvernorats sont occupés.

Effectivement, ce peuple ne sait pas voter mais il sait chasser un président par la force des idées et des muscles. L’on se fait violence et l’on viole les préceptes de la République pour faire craquer le pouvoir en place. Une guérilla urbaine et quelques techniques de combat de rue font florès. Le pouvoir ne tient plus en place. Il vacille. Le président, esseulé, est inquiet. Et dans cette cacophonie, surgit le ballet des traîtres, jadis laudateurs de Macky Sall. Un dîner d’hypocrites se met autour de la table présidentielle tout en levant le coude avec lui. Traqué tel un gibier, Macky, acculé et trahi, lâche le pouvoir. Ndoumbélane bruit désormais de mille rumeurs. Le président a abdiqué. Le président a fui. Par la mer. Par les airs.

Par la route. Il s’est réfugié en Gambie. La Côte d’Ivoire lui a trouvé un exil doré. La France a sauvé son élève par un corridor humanitaire, lui et sa famille. Désormais, lui et sa progéniture se reposent désormais en Amérique. Et son frère, Aliou Sall, jadis tout puissant, mêlé dans les affaires très sérieuses de l’Etat a été mis aux arrêts et incarcéré à Rebeuss. Mais n’oublions pas que quelques militaires de haut rang ont joué un rôle très important dans l’ombre de ce drame politique qui se nouait.

En effet, ces derniers ont refusé, face à l’insurrection, de tirer sur la foule massée sur quelques places névralgiques de la capitale. L’on les adoube et les embrasse. Enfin pour sécuriser ses intérêts, la France a conseillé au président Sall de quitter rapidement le pouvoir avant que tout s’embrase. L’on est en Afrique et que tout peut aller très vite. Macky, la peur au ventre malgré son intrépidité, n’a pas refusé l’offre de Paris. Il sait ce qui peut lui arriver en cas de réponse de sa part tout en se rappelant de la fameuse phrase du général de Gaulle, «  La France n’a pas d’amis. Elle n’a que ses intérêts ». La puissance de la girouette est passée par là.

La question qui hèle et fait parler, c’est de savoir qui va remplacer le président Macky Sall dans ce désordre républicain. Normalement, c’est le président de l’Assemblée Nationale, en l’occurrence Moustapha Niasse, un dinosaure du landerneau politique, ayant survécu à tous les régimes qui se sont succédé, qui doit le remplacer. En effet, il a le droit d’organiser des élections dans les 90 jours qui suivent et auxquelles ce dernier ne devra pas participer. Si Macky avait opté pour une résistance, Niasse lui-même serait capable de l’arrêter et de le mettre dans le gnouf. Il est une discussion qui s’est nouée dans quelques chaumières du même pouvoir en place. Le tout agrémenté de quelques discours puérils de certains leaders politiques. En effet, une guerre en coulisses se prépare et les coups pleuvent de tous bords et les amis d’hier deviennent des adversaires.

A l’heure actuelle, deux tendances se redessinent ; une composée de politiques très aguerris qu’on appelle les professionnels voraces de la politique et une composée de politico-technocrates. Mais dans cet entrelacs d’idées et de biceps, seul un patriote inféodé aux causes du peuple prendra le pouvoir parce que les politiciens ont tous échoué. Pour le peuple, le Rubicon est affranchi. Le pouvoir lui est revenu et du balai ! Une révolte populaire s’est emparée du pouvoir sans effusion de larme et de sang. Et elle fut silencieuse et efficace. Beau  rêve ou cauchemar, ce 24 février 2019 risque de réveiller quelques démons et quelques surprises. Macky gagnera ou le peuple prendra le pouvoir. Mon Dieu, fais que le Sénégal sorte victorieux de ce dilemme ô combien périlleux pour notre démocratie ! Loin d’être un devin perdu dans ses pérégrinations, tout peut facilement comme difficilement arriver sous nos tropiques africains. Comprenne qui pourra !

POUYE Ibra