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J’alerte (Par Mamadou Lamine Ba)

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J’observe le phénomène des « Gilets Jaunes » en France depuis ses débuts jusqu’à hier, avec ce qui s’est passé hier à Paris. Banques, magasins, boutiques de luxe, kiosques de journaux, etc… ont été incendiés et pillés. Quel lien avec moi ? Ça peut sembler lointain mais c’est proche de nous. Live de télés, tweets, postes sur Facebook, tout est là pour nous rapprocher et influencer. J’alerte donc, à travers ces observations-critiques.

Le ras le bol est parti d’une taxe sur le Carbonne. L’Etat français a misé sur le temps et a spéculé sur l’essoufflement du mouvement. Le temps a donné raison à ceux qui ont invité à les écouter et prendre en considération leur doléance. De petits rassemblements aux ronds-points aux marches dans les capitales régionales et à Paris, il y a eu une évolution puis pourrissement qui a débouché sur les casses du 16 mars, 18ème samedi à Paris.

Au Sénégal, une bonne partie de la jeunesse et des parents déplorent le chômage des jeunes et paradoxalement la présence d’hommes et de femmes du SYSTEME au sommet de l’Etat : des citoyens qui étaient là avec Senghor, avec Abdou Diouf, récemment avec Abdoulaye Wade et actuellement avec mon mentor Macky Sall. Beaucoup de sénégalais ne sont pas d’accord. Qu’ils le disent ou qu’ils ne le disent pas.

Les expériences sont utiles dans un contexte bien déterminé. Il faut un transfert d’expérience et il faut des conseils aux jeunes. J’apprécie la manière avec laquelle Moustapha Niasse dirige les travaux à l’Assemblée Nationale et canalise les ardeurs de certains nouveaux et jeunes parlementaires. Cependant, la perception de nos concitoyens est négative sur sa présence dans l’échiquier politique.  C’est à reconsidérer.

Il n’est pas seul, il y’en a d’autres. La perception collective est qu’ils nous coûtent trop cher. Pour certains, les postes qu’ils occupent exigent une prise en charge lourde. Pour d’autres, le citoyen lambda pense que des institutions ont été spécialement créées pour les caser. Et même chez certains intellectuels. Il me semble important de prêter attention à ces considérations et apporter les corrections nécessaires.

Les enjeux, les contextes et les compétences évoluent dans le temps et l’espace. De jeunes cadres, bien formés ne demandent rien d’autre qu’une chance leur soit accordée pour prouver qu’ils sont capables et qu’ils participent à la construction de notre pays. L’Etat ne créée pas forcément des emplois, il en crée les conditions et le Sénégal est en bonne voie. Aujourd’hui, on peut créer son entreprise en deux jours.

Cependant, il est important de noter, à la considération de l’inadéquation entre les nouveaux types d’emplois et les enseignements dispensés dans certaines facultés ou unités de formations, que des changements radicaux doivent être apportés, rapidement, non sans prendre en compte les carrières que je pense inadaptées au contexte actuel. Une reconversion de certains professeurs dont les matières ne sont plus pertinentes.

Partageons certains faits. Dans la santé, il se dit que des agents du ministère ont créé des instituts privés de formations en santé dont les sortants sont recrutés dans la fonction publique au préjudice des sortants des écoles ou instituts publics de formation en santé. Si cette information est réelle, c’est scandaleux. Je pense qu’il faut corriger cela au risque de pousser les jeunes diplômés du public à une révolte justifiée.

Parlons de l’exploitation professionnelle. L’Etat du Sénégal a fait des efforts dans la facilitation et l’accompagnement des entrepreneurs. Cependant, les jeunes ne sentent le retour de l’ascenseur.  Peu d’entreprises n’engagent des jeunes qui ne sont pas apparentés ou mis en relation. Le stage est la seule solution. Stages infinis, sans rémunération ou trop peu rémunérés pour loger, manger et se déplacer par mois.

Récemment, un ami a failli divorcer à cause d’un stage de son épouse dans une microfinance. Elle se réveille trop tôt, quitte la maison à 07 :45 pour quitter le bureau entre 20 :30 et 21 heures. Insupportable pour lui et Mme ne voulait pas réviser son emploi du temps. N’eut été mon intervention en appui à sa belle-famille, sont foyer aurait éclaté. Les entreprises usent et abusent des stagiaires, condamnés (ées) à un sacrifice parfois suicidaire.

Maintenant, évoquons l’exploitation spirituelle. Des parents mettent au monde des enfants qu’ils balancent à un monsieur, un marabout, qui ne reçoit rien comme contribution à la prise en charge de cet enfant. Le dit éducateur en fait ce qu’il veut, à l’insu et à l’indifférence du parent. Il l’exploite le plus souvent. A un certain âge, le jeune ne sait rien faire que les tâches qu’il a toujours exécutées au profit du marabout. Un danger ambulant.

Il est temps de réconcilier le pays à son peuple, dans toutes ses composantes. Pour cela, il nous faut des citoyens qui excellent dans la Sincérité, qui rivalisent en Discipline et qui font la concurrence en Patriotisme. Le récent incendie au marché Petersen est causé par plusieurs facteurs : impuissance des politiques, clémence de la Senelec mais surtout l’indiscipline des victimes qui excellent dans l’anarchie au nom du « ndimbel njaboot ».

J’alerte. Il faut soigner notre pays. Nous ne sommes pas à l’abri des surprises désagréables, surtout que nous connaissons les causes et remèdes des maux dont nous souffrons. Je lance un appel à tous mes concitoyens de se pencher sur nos maux, nos insuffisances et les solutions à apporter pour un meilleur Sénégal. On n’en a pas deux. Le seul que nous avons, notre pays, nous devons le préserver, ENSEMBLE.

Mamadou Lamine BA

Consultant en Médias et Communication

76 611 39 40

ballamine@gmail.com