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La paix, le prix de ma légitimité (Par M. Mawa NDIAYE)

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La politique, comme Uranus avale sa progéniture, elle défait ce qu’elle a fait de bon comme de mauvais à la quête d’une satisfaction positive ou négative. Mais butera tôt ou tard, sur un fils comme Chronos avisé, décidé, dégourdi et déterminé à s’opposer.

 Un combat dépassé, déplacé dans et par le temps demeurera toujours d’actualité. Quand l’essentiel est en danger, s’opposer devient un devoir. Certes, mais un choix peut être déterminé par les circonstances et a un prix à payer. Politique pour politique, je ne choisis pas d’être du côté du peuple. Je suis pour le bien du peuple. Et le peuple sénégalais ne mérite autre chose que la paix. La notion de bien peut sembler relative, car philosophique. Mais je confonds, ici, exprès sur le plan sémantique « bien » et « paix ». Expression que l’on ne peut comprendre que lorsqu’on est confronté aux tumultes de la guerre ou de l’instabilité.

Cette paix, tant chantée, vantée et criée à hue et à dia ne saurait s’asseoir sans sacrifices continus, sans tolérances mutuelles et esprit de dépassement. Le peuple sénégalais a encore une fois fait montre d’une maturité insoupçonnée. Ceci démontre que cette classe politique ne le ressemble pas et leurs aspirations ne sont guère leurs préoccupations. Nous ne nous devons pas de les suivre dans leurs calculs égoïstes, ils peuvent nous mentir encore nous mentir, il en restera toujours. Malgré tout, le peuple en sortira vainqueur. Car nous valons plus, prenons de la hauteur et dépassons ces velléités politiques et concentrons-nous sur l’essentiel. Le ’’Diam’’.

Allah (SWT) dit : ’’Et craignez une calamité qui n’affligera pas exclusivement les injustes d’entre vous. Et sachez qu’Allah est dur en punition’’ (sourate 8 versets 25).

Face à des comportements « mutilistes », à des décisions et prises de position réductives et réductrices, peut-on empêcher une réponse insultante ou révoltante ? Oui, si la paix y va. Dans son message du 1er janvier 2019 intitulé : La bonne politique au service de la Paix, Le Saint-Père François lors de la célébration de la journée mondiale de la Paix affirme ’’ …la paix est comme une fleur fragile qui cherche à s’épanouir au milieu des pierres de la violence…’’. Cultiver la paix ne peut guère être facile et la voir croître encore plus pénible, elle ne se réussit qu’à la seule condition de se faire violence soi-même.

La sagesse interdit de verser par des propos chétifs aux insultes d’ignobles insulteurs (car il s’est agi vraisemblablement d’insulter l’intelligence du peuple). Le désir de paix et le plaisir de la liberté commandent de répondre le silence, et le mépris le plus total. Aucune victoire ne vaut la paix de nos concitoyens. Nos religions nous apprennent que tout le monde peut répondre à proportion de son dommage, mais que le pardon demeure le vouloir de Notre Seigneur.

Ce silence ne traduit une quelconque lâcheté proclamée pour fuir la queue entre les jambes. Ne nous refusons pas de le voir ainsi, tant que la paix et la stabilité du pays y vont. Ce silence assourdissant sera réponse du décalage abyssal entre la volonté populaire et leur volonté politique. Quelles que soient les délices qu’octroie le pouvoir peu ou prou juteux, ils finiront toujours par rendre gorge. Je serai toujours patient et le peuple aussi se doit de l’être.

Chers concitoyens, jeunesse de mon pays, ne cassons point et bruler encore moins. Je le dis, la jeunesse sénégalaise en sortira plus que jamais grandie. Armons-nous davantage d’engagement et d’argument, mais armons-nous de savoir et d’amour de la patrie. Cela ne pourrait aucunement constituer une défaite, mais plutôt une marche de plus vers le haut des escaliers de la liberté et la démocratie.

La paix ne se vend, ni s’achète.

Mawa NDIAYE

mwndiaye@gmail.com

778143644