Home»A la une»La stabilité du pays, notre matière première (Mbargou Makhtar LO)

La stabilité du pays, notre matière première (Mbargou Makhtar LO)

2
Shares
Pinterest Google+
Le Sénégal, un pays de l’Afrique de l’Ouest qui a obtenu son indépendance en 1960 suite à un processus de négociation avec l’ancien colonisateur, contrairement à d’autres pays d’Afrique où l’indépendance a été obtenue à la suite d’âpres luttes conduisant même parfois à la guerre ; cette stratégie adoptée par des cadres et des intellectuels de haut niveau ont valu aujourd’hui au pays de la téranga sa stabilité historique.
Conscients des enjeux de l’après indépendance, les intellectuels à l’époque avaient très tôt anticipé le travail d’information auprès des différents segments de la population afin de leur exposer le mode de gouvernance une fois l’indépendance acquise. D’abord, il fallait trouver une solution à la disparité créée par les colons en instaurant deux types de sénégalais, les citoyens (habitants des quatre communes) et les indigènes. Ensuite, il fallait approcher les chefs religieux pour avoir leur soutien dans la construction de la nouvelle nation.
Ces efforts consentis par les précurseurs nous ont valu aujourd’hui d’être dans le cercle restreint des pays d’Afrique qui n’ont jamais connu de guerre encore moins de coup d’état. Et pour y arriver, le Président Senghor et son équipe se sont attaqués très tôt à la structuration de l’Etat en mettant en place des institutions et en organisant l’administration. Aussi, Senghor a placé la force paysanne au cœur de l’activité économique du Sénégal d’où sa fameuse phrase « Disso ak baykat yi, Disso ak samkatyi, Disso ak napkatyi ». Ces actes posés à travers l’encouragement du retour au bercail des intellectuels ainsi que l’inclusion des différentes franges de la population pour construire le jeune pays d’alors constituent le ciment qui tient les briques de notre entente et de notre cohésion.
Aujourd’hui ces légs des anciens doivent être préservés et chaque sénégalais a un rôle à y jouer. Mais le plus gros des efforts est attendu des politiques, du pouvoir comme de l’opposition. Le pouvoir est garant de la mise en œuvre du programme de gouvernance du pays et l’opposition elle-même doit être une force de proposition et d’inspiration au régime pour lui permettre de mieux réajuster ses plans dans l’intérêt de toute la nation.
Notre économie est des plus faibles dans le monde et pourtant depuis 2000, le Sénégal participe au conclave annuel des 8 pays les plus riches au monde (G8). Le Sénégal est aujourd’hui le 7e pays au monde des contributeurs de troupes aux missions des Nations-Unies. Ces résultats nous l’avons obtenu grâce à notre stabilité, fruit d’un travail perpétuel des générations depuis l’indépendance.
La découverte de ressources comme le pétrole et le gaz naturel doit renforcer notre cohésion car l’histoire de l’Afrique nous a appris que leurs exploitations sont souvent suivies de conflits débouchant parfois à des guerres civiles. Et pourtant d’autres pays dans le monde doivent leurs prospérités grâce à ces ressources, donc le génie sénégalais est interpellé pour qu’on fasse de ces découvertes une chance pour aspirer à intégrer le cercle des pays qui comptent économiquement. Ces résultats passeront inéluctablement par le dialogue, la consultation et l’inclusion de tout le monde.
Enfin, les sénégalais sont appelés en février de l’année prochaine à élire un des leurs pour présider aux destinées de ce pays mais force est de constater que le climat actuel n’offre pas les meilleurs garanties pour y parvenir. Rappelons-nous que le Sénégal a connu plus de 7 élections présidentielles dont 2 alternances et chaque lendemain de ces échéances électorales, les gens vaquent tranquillement à leurs occupations, donc le lundi 25 février ne doit pas être en reste. Beaucoup de défis nous attendent et continuent de nous attendre après le 24 février, nous pouvons citer entre autres les crises dans l’éducation, au niveau des universités, dans la santé, le problème du chômage, …Tout ces défis peuvent être relevés mais il va falloir que les conditions soient favorables et sur ce terrain tous les acteurs sont interpellés principalement les politiques, du côté du pouvoir comme de l’opposition par l’établissement du rapport de confiance qui doit les lier.
Mbargou Makhtar LO