Home»A la une»Le covid-19, ou la nouvelle forme du terrorisme (Par Dr Bamba Ka)

Le covid-19, ou la nouvelle forme du terrorisme (Par Dr Bamba Ka)

0
Shares
Pinterest Google+

Le XXIe siècle, notre siècle, avait presque fini de consacrer à l’homme une pseudo-omniscience caractérisée par des avancées scientifique, technologique et biotechnologique considérables et à la fois, qualitatives. Mais, paradoxalement, le monde aujourd’hui plus qu’hier est hanté par une peur universelle qui, en une fraction de seconde, dénude tous ces efforts consentis pour rassurer l’homme contre la finitude mathématique de sa condition en lui assurant un semblant de pérennité.

La mondialisation de la peur inaugure une nouvelle forme de terrorisme qui n’est plus armée mais bactériologique. L’exacerbation des particularismes identitaires qu’elles soient religieuse ou ethnique, la montée en puissance du racisme et de la xénophobie, le syndrome de l’introversion (repli sur soi) avaient fini d’installer une forme de terrorisme structurelle qui a manqué de peu de parachever ce processus de re tribalisation et de balkanisation du monde. Aujourd’hui, la planète, dans son ensemble, est gagné par ce terrorisme épidémique dont la source est ce virus infiniment petit, invisible à l’œil nu, insensible sauf peut-être symptomatiquement (à travers la personne atteinte). Face à ce géant qu’est l’homme prétentieux et téméraire, le virus s’impose.

Il déroute la science et se rit de nos performances médicales. De notre corps et de nos structures sociales, il érige fief. Le covid-19 nous colonise, nous cloisonne. Il étend ses tentacules, nous asphyxie, nous étouffe et nous tue. Infiniment petit, invisible et présent partout, sur les loquets de nos portes, sur les portières de nos voitures, sur les rampes de nos escaliers, sous nos oreillers, dans nos rêves terrorisés, le virus nous nargue, et même du hublot de nos avions.

Aussi, superpuissants, super intelligents que nous sommes, notre combat contre le covid-19 ne rappelle-t-il pas cet épisode biblique (et cité aussi dans le Coran) où David le plus petit des fils d’Isaïe arrivera à bout du géant et courageux Goliath à l’aide d’un caillou lancé par une fronde ? Dans ce sens, je demeure convaincu que nous ne vaincrons le covid-19 qu’en redevenant David : courageux mais humble, fort mais intelligent. Laissons le virus être Goliath –s’il ne l’est pas encore- suffisant et téméraire. De covid ( Da-vid) qu’il devienne coliath (Go-liath).

Par ailleurs, notre monde est devenu une grande société de consommation cosmétique où des objets aux idées, tout se périme à la seconde et se remplace à la minute suivante au gré des logiques de marchés et des stratégies commerciales. Et face à cette consommation de masse illimitée tout azimut, et parfois, incontrôlée, l’on craindrait même que notre société subisse de plein de fouet son overdose.

La configuration du monde nouveau est donc concevable sous le prisme contradictionnel des forts et des faibles, des rapides et des lents. Le gap est donc grand et serait à l’origine de beaucoup de désaccords, de malentendus de surinterprétations, de mésestimes ou de surestimes qui se conjugueraient à l’échelle planétaire parce que bien que divers et protéiforme, le monde est Un. Sa singularité se lit dans cette pluralité additionnelle et complémentaire. Ainsi, ce monde du XXIe siècle, se révèle double et contradictoire sous le sceau de l’assurance et de l’espoir mais aussi de la peur et du vertige. En effet « Sans cloison, ni frontières, notre monde est riche de promesses et d’échange.

La mondialisation favorise le progrès technologique et l’expansion du commerce. Mais elle accentue les écarts de développement, accélère la propagation du virus, dégrade l’environnement ». Le covid-19 s’est propagé à l’échelle planétaire. Aussi, sommes-nous, effectivement, en guerre contre le covid-19. Mais une guerre « organisée » s’inscrit dans le cadre juridique et conventionnel défini par nous-mêmes à travers nos institutions internationales. Ainsi, parlera-t-on du Droit de la guerre.

Tout acte allant à l’encontre de ces conventions définies est considéré comme crime de guerre et naturellement sanctionné. Nous avons, donc, défini la guerre comme un jeu avec ses règles et lois comme la lutte avec frappe au Sénégal, une forme de domestication de la violence humaine ou toute contravention serait sanctionnée par l’instance de régulation à savoir, le CNG. Le terrorisme dans son exercice délictuel fait fi de ce droit de la guerre. Et, donc, notre ennemi d’aujourd’hui, l’infiniment petit, respecterait-il notre droit de la guerre.

Aurait-il ratifié les conventions internationales ? Distingue-t-il le civil, du militaire. Que nenni ! Notre ennemi d’aujourd’hui est plus terrorisant, plus organisé, plus rapide et plus silencieux que ces tous ces groupes terroristes armés que nous avons connus récemment. Son organisation réside dans sa désorganisation, son instantanéité et sa sournoiserie. Sa capacité d’extermination se mesure à l’aune d’une progression silencieuse et vertigineuse et dans la complaisance à ne point distingue.

Docteur Bamba Ka