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Le Patriote à l’épreuve de la réalité (Par M. Lamine Ba)

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Prévu à seize heures (16 H) GMT à la Place de la Nation, Ex Obélisque, Ousmane Sonko a été annoncé au micro central à 16 :50. C’était pour taire les reproches adressés au Leader du Pastef. « C’est un bon sénégalais, il convoque à seize heures et tarde encore à se présenter », déplorait une dame assise à mes côtés. Ousmane Sonko arrivera, enfin, exactement à 17 :30 mn. Bravo pour le respect de la tradition de venir tard.

Des militants ont investi les lieux et s’occupaient à satisfaire tous les invités et intrus. Manipulation ou vérité, le micro informe à un moment qu’ils avaient louaient 1200 chaises qui sont toutes occupées et demande aux uns de céder une chaise. Qui pouvait vérifier ce chiffre ? Ce n’est pas important, la guerre des chiffres a toujours eu lieu… Bof, ils nous proposaient des sachets d’eau. Une SOLUTION au chaud soleil qui sévissait.

Côté ambiance, rien de spécial, de nouveau par rapport à ce qu’on a toujours vu : tam-tam, musique Mbalakx, Rap, etc… Ici aussi, pas de rupture. De qui était composée l’assemblée ? Des patriotes bien entendu. Mais une réalité a frappé mon attention. Les Diolas et les barbus constituaient la majorité. Je comprends un peu la langue et j’ai reconnu des amis « Ibadous » de longue date. Rien ne l’interdit, je précise.

Sur ce point aussi, pas de distinction. Ce qu’on reprochait à Abdoulaye Wade et son vote Mouride, qui a accusé Macky de vote ethnique, Sonko n’y échappera pas. Il a et aura son vote « Ibadou » et Diola. C’est une réalité bien ancrée dans la socio-culture politique ou politicienne sénégalaise. J’attends de voir la solution sur cette problématique.

« Le pouvoir a ses réalités qui oblige les dirigeants, passés de candidat à Président, de prendre des décisions non-annoncées et de renoncer à une promesse », a lancé Cheikh Yerim Seck pour attirer l’attention de Sonko. Ousmane est clair : « je ne crois pas à la réalité du pouvoir », a-t-il tranché. Même le Prophète Mouhammad (saws) a fait face à la réalité de la Prophétie. Peut-être que Sonko a toutes les solutions et il va tout gérer tranquillement. Je l’attends au coin.

Parlons de la manipulation, version Sonko. Son MC a lancé à la délégation supposée venue de Fatick de relever le défi de la défaite de Macky dans leur région. J’ai jeté un coup d’œil dans l’assemblée, seule une dizaine de mains s’agitait dans un coin. Etaient-ils préparaient à lever la main à la prononciation de Fatick ? Apparemment ! Le MC répète la même phrase pour la supposée délégation venue de Matam. Là, zéro doigt. Personne n’a bougé.

Pour réussir son coup de communication, Sonko ou son service Com a porté son choix sur des célébrités des médias sénégalais : Pape Alé Niang, Pape Cheikh Sylla, Cheikh Yerim Seck, Maimouna Ndour Faye, celle-là qui, pour poser ses deux questions, a fait une mini-conférence avec son micro. Des questions individuelles qui n’avaient rien à voir avec le sujet du jour. Le tout dans un direct à la 2STV et ses micros qui trahissaient à des moments.

Chacun a eu l’occasion de poser une ou deux questions « kilométriquées ». Dans ses réponses, Ousmane Sonko a tellement parlé que le modérateur a rappelé, sans modération, au respect du temps de parole. Sonko voulait-il Limiter les questions ? « Je vous ai rassemblé ici pour échanger mais c’est moi qui définit le temps de parole à ma manière. Contentez-vous de m’avoir devant vous », semble-t-il avoir dit indirectement à ses journalistes.

Bref, il est à féliciter. Moi qui aime croquer des livres comme des cacahouètes, je le félicite. Si ce n’est pas une première, c’est une nouveauté : un livre de la part d’un politique pour annoncer un programme. Ailleurs, c’est ordinaire. En France, il y a même une rentrée littéraire. Une occasion pour les écrivains d’exposer leurs productions et aux citoyens de se cultiver et savoir ce que les uns et les autres proposent.

En conclusion, Ousmane Sonko a réussi à rassembler, ses partisans. J’apprécie son courage, sa « Foi en Soi », le respect des « Identités », thème qui m’est très cher. Mais il va falloir convaincre les sénégalais de cette nouvelle manière de faire la politique. Nous lisons à peine un journal intégralement. Que dire d’un livre ? enfin, Sonko, je veux plus de place pour les femmes dans votre programme.

Merci et bon vent. Moi, je reste Républicain, pro-Macky !