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LEÇONS DU 5 SEPTEMBRE : CE QUE BAMBA NOUS ENSEIGNE

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INTRODUCTION

Les américains ont leur 11 septembre.

Nous avons un 5 septembre que nous tendons à ne pas ériger en symbole  et en date référence de nos devoirs.

BAMBA est un miracle de Dieu. C’est lui-même qui l’écrit.

Il a tout écrit pour qu’il n’y’ait pas de débat sur sa Parole.

C’est la raison pour laquelle, son œuvre colossale est bâtie sur un fond mystique reconnu et apprécié par tous ceux qui  en ont telle lecture première.

Dieu, par le prophète lui a donné le Secret. Il l’écrit dans son poème mystique «  mafaatihul jinaan «   :

    Yaquudu rabbul ahlamin

     Liya bi xayril ahlamin

     Sirral kitaabi bila min

      Wa kaana  li bil afzali

 

     Le seigneur des mondes me révèle

     A travers la meilleure créature des mondes

      Le secret du livre

     Il a été pour moi d’une extrême générosité

 

Pourtant, des lectures secondaires pour ne pas dire profanes  de son œuvre , fournissent un matériel extraordinaire pour élaborer une vision personnelle ou collective, une démarche, un projet et des programmes , pour la libération mentale et matérielle de nos peuples, pour que nous cessions de copier  de l’inutile, de parodier et de singer  et nous mettre enfin à créer ce dont nous avons strictement besoin .

Nous développons ici dans cet article, ce que nous avons retenu et compris  pour essence  de son enseignement, dans ses écrits témoins de sa pensée. Ce sont 04 canons que nous développons ici.

      1 –    la conviction

      2 –    l’organisation

      3 –     la détermination

      4 –     la compassion active

 1 – la conviction

Bamba avait une foi inébranlable en sa religion que cette conviction suffit  pour foi.

Son attachement au prophète qui l’a enseigné et lui a donné la mission est indéfectible et, il a chanté tous les prophètes et prié en leurs noms dans ses nombreux écrits. Il a chanté comme le Koran, Marie la grande Dame dans une ode appelée fuzti  comme jamais on a chanté une dame .Il aimait le savoir et la connaissance a tel point qu’il a loué et désigné tous ceux qui ont consacré leur vie, par leur plume et leur parole, à sortir l’homme des ténèbres de l’obscurantisme et de l’ignorance.

 

Il n’a fait qu’écrire et prier toute sa vie durant. On évalue à des tonnes le poids physique de ses écrits. Ceux qui pourraient en douter doivent savoir qu’il n’a jamais eu de temps à perdre en paroles (wax, ku am jot)  car ces fondamentaux l’absorbaient.

Il a écrit SINDIIDI  à 12 ans, ode que des millions de Murid récitent tous les jours !

Et, si on sait qu’il écrivait jour et nuit, on peut faire le calcul suivant.

Il a vécu 75 ans  donc a eu un temps d’écriture de 75 – 12 : 63 ans (l’age du prophète !  )  Le dernier Ode est xaatimatu munaajaati  (clôture de sa mission, écrit entre le samedi et le lundi) et que son honorable fils Mouhamadou Moustapha a trouvé sur sa poitrine le 18 juillet 1895.  Donc, à raison de 01 poème au moins par jour, cela donne : 1 x 365 x 63 : 22 995 ouvrages !  Cela fait des tonnes de papier. Dans quel but ?  Prier et enseigner.

C’est la foi seule qui peut mener à  cela.

S foi l’a mené à toutes les cimes de la grandeur et, il l’écrit comme une leçon à pratiquer dans son panégyrique  WA KAANA AQAN :

 

AXNIZAAWIL ISLAAMI AN RUKUUNI

       Ilaa idaaka  wa ani sukuuni

 

     (Dieu ) dispense ceux qui ont la foi

      De la contrainte de devoir s’appuyer

      Sur les ennemis

      Et donne leur  confiance en eux-mêmes.

 

 

 

Vous le voyez, c’est la foi qui donne confiance en soi, c’est la foi quoi éloigne l’homme des bassesses que nous voyons aujourd’hui dans nos populations : avoir honte de la pauvreté de ses parents, au lieu d’en faire une source de motivation, avoir honte de ses origines à photocopier honteusement les occidentaux etc.…. être impatient de réussir à vendre son honneur au pervers et son âme au diable.

La foi que Bamba avait en a fait la référence des hommes de foi.

Bamba savait que c’est par la foi et pour la foi que les pharaons ont construit les pyramides et aménagé de façon scientifique les berges nourricières du Nil,

il savait, que ce n’est pas par Hasard que l’Angleterre qui a surtout dirigé les croisades avec ses rois (Richard Cœur de lion) s’est adossé aux doctrines renouvelant la flamme de la foi, de Calvin et Luther pour élaborer une vis/ou du monde pousser l’homme a réaliser la révolution industrielle européenne (18e siècle).

Il savait que chaque peuple trie sa force de  l’application des principes de sa culture et du respect de l’enseignement de sa foi.

Les asiatiques ne sont pas disciplinés par hasard !

Ils ne sont pas calmes et ingénieux par hasard !

Ils n’ont pas inventé le Yoga et l’acupuncture par hasard, le judo, le Karaté, et tous les arts de combat à mains nues par hasard !

Ils ne sont pas développés par hasard.

Ils sont restés au même tout en s’ouvrant à ce qui leur manque et qu’ils ont cherché et adapté à leur tempérament.

Il savait que toutes les nations qui se développent s’appuient sur leur culture exprimant leurs besoins fondamentaux.

C’est pourquoi, il a fait traduire ses œuvres en wolof par son disciple pulaaro-wolof, Serigne Moussa KA le poète sans égal, afin que son peuple qui s’exprime majoritairement dans cette langue  puisse accéder à un niveau de savoir indispensable à l’action. Il a ainsi contribué à développer le système d’écriture, qui a révolutionné notre oralité et qu’on appelle wolofal.

Il est temps de nous approprier les œuvres de Serigne Moussa Ka et de les oraliser par le chant couvre l’ont fait Ndiaga Mbaye (Naa jeema buraati)  et Fallou Dieng (Barsan et Xarnubi), et Ami Colle Dieng (Intro : Rasunlalaah).

La leçon.

II- L’Organisation

Bamba a organisé sa vie autour des mots livre, licite, utile et essentiel.

Il a enseigné ses idées, intelligemment vraiment pour ceux qui connaissent l’époque et la pertinence de ses tortionnaires et inquisiteurs d’alors.

Dans des conditions et des situations exceptionnellement difficiles, il a écrit des milliers d’ouvrages de diversité thématique et de profondeur mystique et éthique sans pareil.

Son sens de l’organisation va plus loin que la rédaction de ses ouvrages ; il a dompté ses passions et ses pulsions dés son jeune âge  en dormant ce qu’il faut, en mangeant le strict nécessaire, en s’écartant des futilités et des mondanités qui enchaînent l’homme et le poussent dans les moments difficiles à être capable de s’abjurer.

Voilà le fond organisationnel qui a permis au Cheikh à résister à tout, à ne jamais baisser les bras devant les solitudes Auxquelles on l’a confronté pour briser son moral et ses résistances (Exils Loin de sa famille) la faim (il ne mangeait pas ce que mangeaient ses geôliers qui ont cherché aussi à l’affamer en vain).

Il avait l’habitude de jeuner et de se contenter de peu.

Son souci d’indépendance et de libéré a été à l’origine de cette organisation : organisation de son temps, organisation de ses dévotions et organisation de ses besoins.

Il n’a jamais rien demandé à son geôlier, rien. Même le pécule qu’on lui attribua comme à tous les prisonniers au Gabon, il l’enterrait là où on a construit l’actuel ministère des finances de ce pays !

Il s’est gardé de montrer des faiblesses et des envies au colon.

C’est pourquoi il est parti seul alors que tous les chefs capturés dans son époque, sont allés en Exil avec leur famille (Samory, Béhanzin… Prempeh…).

Il ne leur a pas demandé ce qu’il avait fait.

Il ne leur a pas demandé où ils l’emmenaient.

Il ne leur a pas demandé quand ils le ramèneraient.

A Diourbel (Njaaréém) il avait son propre tailleur (Brahma Tani), son propre cordonnier (famille Tall) et un artisan du pays pour chacun des besoins fondamentaux.

Tout cela a renforcé le respect que ses bourreaux ont finalement eu de lui pour le chanter comme le fit le commandant du cercle du Bawool de 1913 à 1915, Jean Marie André Lasselves.

Ses fils et ses Cheikh qui avaient compris sa pensée, se sont éloigné des bavardages pour suivre sa démarche.

Ils sont mis l’accent sur le travail agricole et le commerce qui étaient les fondamentales de l’époque.

Son serviteur privilégié, Mame Cheikh Ibra Fall a fondé des villages de Colonat agricole dont les plus célèbres sont Ndaay Faal et Guy Reen (Tassinére)  à coté de Ndar (Saint Louis) et dont les jardins produisaient même les légumes des gouverneurs et administrateurs.

Son fils Abdoulahi surnommé « Boroom Dër bi (le propriétaire du Verger) avait creusé un bassin de rétention en plein sahel des années 1950 où ils produisaient tous les légumes du Sénégal.  C’est des camions et des camions qui venaient acheter ses récoltes vendues sur tous les grands marchés.

Tous ses fils se sont fait remarquer dans l’agriculture fondatrice du développement et de la liberté jusqu’à l’aîné de ses petits enfants, Cheikh Mbacké Gaindé Fatma d’illustre mémoire, le plus grand producteur d’arachide de son temps.

Le dernier Khalif-fils, Serigne Saliou est connu pour être un homme de la terre. Il écrivait dans le sable avec ses doigts, il donnait comme prière des mouchoirs remplis de terre et a verdi les terres de Geloor, Njuurul, Njibinjël, Ndooka, Lagan et Xelkoom entre autres.

Bamba a montré la voie du développement.

La leçon.

III- LA DETERMINATION

Il avait un but.

Il a accepté les sacrifices que l’atteinte de ce but exigeait sans en vouloir à qui que ce soit, même pas à ses adversaires, ennemis et aux nombreux jaloux qui ont posé des actes négatifs sur son itinéraire.

Il s’est donné les moyens de réussir par la vertu, le savoir et l’engagement.

Voilà pourquoi il a déblayé la voie pour nous soustraire des complexes qui nous ont été savamment inoculés en des siècles de domination et nous montrer comment réussir en restant soi-même.

Sa détermination s’appuyait sur la foi, le savoir et l’amour de sa patrie.

La leçon.

IV- LA COMPASSION ACTIVE

Elle traduit le mot Wolof « Yërmënde » ou l’arabe Rahma par lequel on qualifie la disponibilité de Dieu à l’égard de l’homme.

Elle s’exprime concrètement dans la solidarité, l’assistance, le bénévolat, la disponibilité pour ceux qui soufrant de maladie, de faim, de solitude, d’ignorance.

Le Murid (le chercheur que Bamba entend former) est prêt à mettre sa force physique, son intelligence, ses richesses au service de cette cause et gagner ainsi des « Salaires » plus élevés devant Dieu.

Si nous avions compris Bamba, les malades ne seraient pas seuls dans les hôpitaux où on les accueillerait de meilleure façon.

Si nous avions compris Bamba, les malades mentaux porteraient plus des haillons sales dans les rues.

Si nous avions compris Bamba, les Jeunes de tous les quartiers et de tous les villages s’organiseraient pour apporter des réponses promptes et organisées aux inondations, aux incendies, à l’ensablement de leur rue, à l’amoncellement des déchets industriels, …

Si nous avions compris Bamba, nous aurions, même avec nos bras, s’il le faut, creusé le canal du Kajoor sans la contrainte que le colon nous avait imposée pour installer le rail à merci et construire les bâtiments de ses administrations à merci.

Nous n’avons pas compris que pour être libres, il nous faut apprendre à donner à notre histoire, une partie de notre temps et de nos talents.

La leçon.

CONCLUSION

Bamba a vêtu l’islam d’une africanité de lumière.

Il a donné à la foi les dimensions de la Prière et du travail qui élèvent et ennoblissent l’homme.

Il a ouvert une voie de lumière pour nous réconcilier avec nous même tout en nous ancrant dans ce qui nous unit à tous nos frères de l’univers puisque lui-même l’écrit :

LI  AWSALI  LËZI  URIIDU  WANFAA-I

BI YAL WARAA YAA MUXNIYAN AN MIDFAA-I

Accorde-moi ce que je veux

Fais que je sois utile à l’Humanité

Ô toi qui me tiens lieu de canon.

  Babacar Mbaye NDAAK

Tél. : 00221 77 634 84 80

babakarndaak@yahoo.fr

www.leeboon-ci-leer.org