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Les dieux n’aiment pas les guerres sans succès

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On ne peut pas renoncer, fût-ce à titre provisoire, au succès des guerres socio-économique et politique que nous menons ou sommes censés mener au quotidien, et en même temps vouloir celui du football.

Qui plus est, la mort de Ousmane Tanor Dieng, survenue quatre jours avant les hostilités footballistiques, et son inhumation la veille, sont certes une épreuve de dimension nationale, mais une épreuve face à laquelle l’unanimité dans les éloges funèbres à la mémoire du défunt aura démontré à quel point les Sénégalais savent être faux. Faux jusqu’à c’est-pas-la-peine !

Renoncer au combat de la sincérité à toute épreuve, démissionner par la résignation face au combat de l’honnêteté intellectuelle à tout prix, n’est rien de moins qu’une capitulation devant l’éternel.

Car, alors, nous n’aurions rien appris des autres Peuples en lutte, et notamment du Peuple algérien qui aura administré, une fois de plus, une belle leçon de patriotisme ou de nationalisme au monde entier, quant à sa capacité à mener de front tous ses combats, c’est-à-dire en même temps. Si l’on sait, de surcroît, que tous les combats, pour un Peuple en lutte, se valent, en toutes circonstances.

Or, le vendredi 19 juillet 2019 était le 22ème vendredi de combat pour la démocratie en Algérie ; un combat mené comme il seyait. Malgré donc cet autre combat, le même jour, contre les Lions du football du Sénégal. Mais un combat que les Fennecs auront bien mené, et qu’ils auront gagné, au grand bonheur du Peuple algérien et, par conséquent, au grand malheur d’un Peuple sénégalais démissionnaire, résigné.

Trop de renoncement tue le désir, l’envie, la volonté même, et donc la détermination. Et il appelle le manque de confiance en soi, nécessairement.

Aussi, et à l’évidence, faire bloc autour de l’équipe nationale de football était-il une nécessité. Mais poursuivre en binôme, ou en parallèle, c’est-à-dire en même temps, les autres combats, mais tous les autres combats, eût certainement été une exigence nationale, républicaine.

Dakar, le 20 juillet 2019.

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)