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LETTRE OUVERTE A ME MAME ADAMA GUEYE (Par Mamadou Lamine Ba)

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Dans la publication du journal « ENQUÊTE » du lundi 1er  octobre 2018, sous le numéro 2173, à la page 3, vous avez lancé un appel à la mobilisation de l’opposition. Je vous en félicite.

Dans les propos qui vous sont prêtés dans l’article, vous dites ceci : « nous avons tous identifié les risques de tripatouillages des élections » sans préciser la nature des « risques ». Pourquoi retenir cette information si elle existe et est d’une utilité publique ? Vous auriez peut-être convaincu vos cibles du bien fondé de votre appel. Les supposés risques, Me, n’existent que dans votre imagination. Je vous mets au défi de les rendre public.

Vous avez également dit ceci : « il faut que l’ensemble des candidats de l’opposition mutualisent leurs ressources et leurs forces pour faire une gestion opérationnelle des risques… ». D’abord, il n’y a pas encore de candidats mais de candidats à la candidature, en attendant le remplissage des critères fixés par la Loi Constitutionnelle et le Code Electoral sénégalais.

Secundo, pourquoi vouloir vous entourer du reste de l’opposition si vous êtes assez représentatif dans le pays ? Voulez-vous, à travers cet appel (s’il est répondu), masquer votre impopularité ? Les statistiques de vos différentes participations aux élections sont disponibles. Elles ne sont pas si fameuses. Une gestion, même opérationnelle (je vous concède le langage militaire), ne vous épargnera pas d’une raclée, vous et le reste de l’opposition qui s’effrite au quotidien.

Plus loin, vous dites : « nous, nous avons pris des initiatives ». Ainsi, vous semblez prendre les devants et appelez le reste de l’opposition à vous suivre. Quel culot ! Je vais prendre mon mal en patience et constater combien de partis politiques vont répondre à votre appel. Time will tell ! Je verrai si vous parviendrez à polariser l’opposition. Vous cherchez à vous faire une carapace politique, c’est manifeste.

Ah ! Parlons des femmes que vous insultez. « Les femmes sont maintenues dans une logique de subsistance » parce que, selon vous, « le moyen de financement des femmes ne leur permet pas de s’en sortir ». Je conteste Me. Les femmes bénéficiaires de ces financements fructifient leurs crédits et remboursent. Elles prennent ainsi leur envol et permettent à d’autres de bénéficier des mêmes financements.

Les femmes qui se réveillent tôt le matin et se rendent au marché au poisson à Pikine, celles qui ouvrent leurs magasins à huit heures, celles qui prennent leurs vols à temps pour aller faire leurs achats et rentrer écouler leurs marchandises au Sénégal ; ne se retrouvent pas dans vos propos. Elles sont dans une logique de développement.

Les femmes qui se lèvent tôt,  à Ziguinchor, et vont au débarcadère de Boudody, achètent du poisson qu’elles vont revendre ; celles qui arpentent les pistes rurales pour aller aux rizières, ne sont pas dans une logique de subsistance. Celles qui créent des entreprises à partir de ces financements que vous dénigrez, ne sont pas dans la  subsistance. Elles sont dans une logique de développement.

Me ! Quand vous dites : « on les maintient dans une logique de subsistance…», il fallait avoir le courage d’aller au bout de votre logique. Vous et des gens comme vous, voulez effectivement maintenir ces femmes dans une logique de subsistance politicienne. C’est ça votre objectif. Mais c’est peine perdue. Vous ne parviendrez pas à les corrompre.

« Une fois au pouvoir, nous allons changer la donne », avez-vous également dit. Un rêve, oui, une illusion aussi. Me, les enjeux sont ailleurs pour vous. Parce que pour accéder au pouvoir, il faut remplir l’une des conditions de candidatures d’abord : collecter 65.000 signatures de parrains qui acceptent que Me Mame Adama Gueye soit candidat à la présidence de la République du Sénégal.

Le pari donc, pour vous, dans ce contexte, est de collecter les signatures exigées par la Loi et non de promettre un changement de donne, la charrue avant les bœufs. Vous faites partie des gens qui ont conduit à la Loi du parrainage. Avec votre candidature fantaisiste, vous amusez bien les électeurs alors que ce dont on a le plus besoin, c’est de travailler et non de s’amuser.

Me ! Vous ne plaidez pas dans un désert intellectuel. Votre plaidoirie passe mal devant la Cour de l’opinion publico-électorale sénégalaise. Vous pouvez exister médiatiquement mais l’opinion sais qui est qui. Elle sait qui est capable de quoi. Elle l’a démontré dans un passé récent. Elle ne s’est jamais bousculée devant votre cabinet politicien. Votre distance avec le peuple vous aveugle.

 

Mamadou Lamine BA

Responsable de l’APR dans la Commune de Baghère, département de Goudomp.

Tel : 76 611 39 40.      Email:    ballamine@gmail.com