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LETTRE OUVERTE AU PEUPLE SENEGALAIS (Par Bougar Diouf)

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A bas les idées séparatistes !

A bas les idées sordides et banales balisant le danger sur lequel gite le pays de la Téranga depuis ces derniers temps ! A bas la haine grandissant et détrônant cette Téranga qui, des lurettes depuis a toujours été le moteur de la stabilité de notre société bien qu’hétéroclite, mais vivant en parfaite harmonie. Une société qui n’a jusque-là connu et valorisé que le commun vouloir de vie commune.

Notre foi en Dieu s’est-elle égarée ? N’avons-nous pas tout bonnement perdu notre être ? Notre croyance ne s’est-elle pas autoproclamée maitre destin qui ne donne plus d’intérêt qu’à un monde illusoire ? Ne sommes-nous pas tout juste des êtres qui ont perdu tout repère et ne voguant que vers un fleuve où grouillent mille et une ténèbres, ténèbres assombrissant notre itinéraire ? Les événements de l’heure semble explicitement le prouver et les sénégalais ne semblent pas encore pris conscience de cette dérive mortelle et suicidaire que prend au quotidien notre barque pour ne pas dire « Suniou gal » ; notre Sénégal. Notre impression a bien fini par devenir une conviction, nous avons franchi le rubicond. Et oui ! Nous le sommes franchi et nous nous y introduisons en profondeur et nous nous y introduisons encore davantage et encore en profondeur sans jamais se rendre à l’évidence que nous nous perdons au bout de notre itinéraire. Un libertinage absolu serait-elle alors à l’origine de ce à quoi nous sommes désormais confrontés ? La négligence des parents se souciant le plus de la quête du gain quotidien serait-elle la racine du mal ? Ou mieux encore, ne sont-ils pas seulement, ces pères et mères, impuissants face à la catastrophe qui est devenue maitre commandeur en chacun de nous ? Traditions et modernité, libertinage et droit d’ainesse, valeurs propres et valeurs importées, culture nationale et culture mixte ou importée. Autant de complémentarités, autant de confrontations conflictuelles, autant de biens, autant de racines du mal. Ce rapport traduisant cette dualité plurielle n’est-elle pas tout bonnement la résultante de ce que nous avons semé en chacun de nous ? Ne devons-nous pas juste revoir celui que nous sommes en train de devenir si nous ne nous pas déjà métamorphosés à l’heure ?

Il faut que cesse à jamais ce bébé-haine grandissant et infectant nos consciences et attisant la flamme du rejet et de la haine de mon prochain. Il est temps que nous fassions un grand détour suivi d’une introspection profonde car l’heure, même si nous continuons à la banaliser, semble grave et urgente. Les sentinelles d’éveil de conscience pour ne pas dire d’éveil de lumière, se doivent de se lever pour se constituer en bouclier contre la menace qui, nous semble-t-il a déjà pris part dans les cœurs et esprits de la plupart s’il ne nous est pas permis de dire chez toutes et tous. Que n’avons-nous dit sur ce jeu dangereux jeu de mots, qui cause depuis, une certaine dérive langagière et du coup infect la plaie pour ouvrir la brèche sur les maux de l’heure.

Y’va-t-il une différence entre les Sénégalais que nous sommes ? Depuis un certain temps, ou peut-être même depuis quelques années, la question ethnique ou religieuse semble de plus en plus creuser le fossé entre les fils et filles de notre.

Il est, depuis, constaté que le Sénégalais lambda, au nom de sa liberté d’expression, est de plus en plus devenu un monstre du langage qui lui donne certainement l’opportunité de dire tout ce qui lui vient à l’esprit oubliant coute que coute que liberté d’expression ne signifie nullement dévergondant de l’esprit pour emprunter le mot à l’autre. Nous avons constaté une confrontation conflictuelle teintée de caractère ethnique depuis un certain temps pour ne pas citer ceux qui ont eu à sortir de leurs grottes pour incendier le peuple de par leurs mots qui sont devenus la source des maux de ma nation et qui, si des mesures strictes ne sont pas prises, dégénérera et atteindra des proportions insoupçonnées qui conduirait sur les rails d’une de non-retour ; Celle du chaos certain. Alors attention à nos mots qui annoncent déjà les prémices d’une dangerosité menaçante.

Pensez à ces guerres tribales, religieuses, régionales ou encore ethniques qui ont toujours depuis belles lurettes été le lot quotidien de la plupart des Etats Africains pour ne pas parler de Nations. La Nation suppose un commun vouloir de vie commune or la plupart de ces Pays ont été ignorants à ce niveau de considération. Nous avons, sans nous en rendre compte, substituer nos Nations par des Etats Balkanisés et évoluant en micro-Etats pour un peu exagérer ou abuser du terme. Notre histoire douloureuse nous rappelle ces faits qui méritent une attention particulièrement afin que nous prenions davantage conscience de cette histoire, histoire dont nous seuls serons capables de changer positivement pour que l’Afrique-Mère arrête de gémir, pour que Notre Afrique-Mère arrête de survivre. Qu’elle vive enfin renaisse comme l’a connu tant de peuples à l’image des Etats Unis, et mieux à l’image de la France au XVIème siècle. Rappelons-nous alors de ces événements qui se sont passés au Rwanda en 1994 entre Hutu et Tusti, au Libéria durant quatorze années de guerre civile, en Côte d’Ivoire avec le concept d’Ivoirité, à la Centrafrique, au Soudan avec la vaste et immense Darfour, au Nigéria, terres où intimidation, viol, vol, corruption et même assassinat sont inscrits au fronton des institutions de la loi autorisée par des milices et bras armés ignorant le sens de l’humanisme et tuant sans regret.

Revenant toujours sur cette histoire commune à toute l’Afrique, retenez ceci :

D’avril à juillet 1994, un million de personnes furent méthodiquement exterminées au Rwanda ; leur seul crime était d’être nées Tutsi. Les africains se battaient à coup de machette. Au Nigéria, l’ethnie et la religion sont depuis, des leviers, des instruments d’affrontement et de violence humaine. L’Afrique a toujours dit « Non » bien que la récidive soit toujours des plus manifestes avec à nouveau le concept d’ivoirité qui déchira et ensanglanta la République de la Cote d’Ivoire au début des années 2000 jusqu’aux années 2010, le syndrome centrafricain qui éclata en 2011 (Tension ethnico-religieux entre Balaka et Seleka). Et que dire la Guinée, bien que stable par intermittence, connait de façon répétée des tensions ethniques cycliques pour ne pas dire éternelles, haine interethnique attisée depuis la période de la régence du président Sékou Touré. La question du Mali plus que récente, doit-elle passée inaperçue ? Et que dire de cette vaste et immense Darfour, région Soudanaise livrée à elle-même comme si elle ne faisait pas partie du Soudan et/où torture, viol, assassinat sont au banc du droit accordé aux milices armées qui tuent sans cœur. On a toujours dit « Stop » mais ça toujours recommencer. Les gens sont toujours massacrés d’une sauvagerie indescriptible. La douleur est immense et insondables et la communauté internationale fait semblant. Pour ces millions de pauvres entassés dans les camps de refugier, on passe de vie à survie ; devenu dépendant de l’aide étrangère, ils n’ont plus de vie, c’est juste un droit de ne pas mourir.

 

 

Au rappel de cette histoire commune à toute l’Afrique, qui ne vit que de douleur en misère, de misère en famine, de famine en pauvreté, de pauvreté en guerre ou  déchirement, peut-elle encore se relever. Peut-elle encore se défaire des mailles de ce mal ? Pourquoi avons-nous évoqué ce rappel historique de notre Afrique-Mère ? Il nous faut comprendre et prendre conscience que le Sénégal est un pays qui ne peut pas continuer à jouer avec les mêmes mots qui, hier, ont causé tant de maux en Afrique. La question ethnique et/ou religieuse est toujours un levier sur lequel émergent ces dérapages. Il nous faut alors arrêter ce jeu de cirque, un cirque qui risque de s’enflammer et de tout consumer. Sommes-nous à l’abri d’une telle menace ? Oui ! Si nous nous ressaisissons à temps et comprenons que nous n’avons pas le droit de continuer à jouer avec cela. Il nous faut remuer notre langue avant d’accoucher nos idées. Il nous faut murir notre réflexion, soumettre notre idée au tribunal de la raison pour ne pas provoquer et ne surtout pas incendier les méninges.

J’ai peur, lorsque, à l’Assemblée Nationale de mon pays, ceux et celles qui sont chargés de représenter le peuples incarnent des anti-modèles. Je me pose des questions lorsque, ce même représentant s’identifie selon les couleurs partisanes alors qu’il devrait être le représentant du peuple qui l’a élu au suffrage indirect.

J’ai peur lorsque, dans mon pays, l’intérêt national semble être relégué aux derniers soucis au détriment d’un intérêt particulier. Je ne suis pas en sécurité, lorsque, à la face du monde, on avance  des paroles de haine à l’égard d’une communauté.

J’ai peur lorsqu’on ose traiter les populations du nord de « Sauvages » ou encore pire de « Violeurs ». Je ne suis pas d’accord et j’ai peur lorsqu’un représentant de l’Etat vilipende et s’attaque aux populations du sud. J’ai peur lorsqu’on s’attaque et provoque la communauté « Mouride ».

J’ai peur, lorsque mes compatriotes considèrent, en s’adressant à moi, que Le Président de la République du Sénégal, n’est pas le leur mais celui d’une communauté comme si le Sénégal est conjugué au pluriel. Comme s’il n’y avait que des Républiques du Sénégal, comme s’ils ne faisaient pas partie de la nation ou je dirai comme si certains ne faisaient pas partie de la nation qui nous unit et qui reste le notre.

J’ai peur, lorsque dans notre pays, certains de mes compatriotes, s’adressant à moi, considèrent, que le pays est gouverné par une seule composante ethnique tout en nous taxant d’être de connivence avec une certaine pratique renvoyant au népotisme.

A ce que sache, le choix des différents Premiers ministres ont été portés sur la personne de citoyens Sénégalais et non à caractère partisane. A ce que je sache, la deuxième personnalité de l’Etat de l’heure qui, en cas de vacances du Président de la République ou en cas d’incapacité à gouverner, succédera au Chef de l’Etat n’est choisi ni en fonction de sa couleur politique encore moins de son appartenance régionale ou mieux encore en fonction de son appartenance ethnique mais sur la base de confiance que le Président de la République a placé en lui ou en eux.

 

 

 

Chers concitoyens ou compatriotes, c’est un faux débat. Il n’y a qu’un seul Sénégal et nous sommes les Sénégalais de cette jeune mais belle et grande Nation habitée par des hommes et de femmes qui ont en eux le sens du devoir de servir utilement au lieu de se servir. Depuis, de tout temps, les Présidents qui se sont succédé ont nommé à des postes de responsabilités Etatiques des Sénégalais comme vous et moi. Et nous avons toujours vu en ces gens-là des Sénégalais et pourquoi alors c’est maintenant que vous soulevez ce types de débats insensés alors que les autres vous ont toujours considérés comme des sénégalais malgré nos différences. Arrêtons ces faux débats et concentrons-nous sur des questions d’ordre à nous porter de l’avant. Mettons-nous au travail et arrêtons ces échanges inopportuns et vides de sens. C’est dire que nous sommes dans une arène où la voix devient l’arme de la provocation. Il faut que ces dérives cessent si nous ne voulons pas voir notre quiétude sombrer et nous installer dans une instabilité dont personne ne pourra mesurer les conséquences désastreuses.

Alors avons-nous le droit de laisser cette bouche, qui n’est nullement la bouche des malheurs pour paraphraser l’autre, continuer à intoxiquer et provoquer les uns et les autres ? Avons-nous le droit de continuer à être spectateurs ? Avons-nous le droit de faire montre de silence lorsque ceux et celles en qui nous avions placé notre confiance, ne cessent de nous décevoir ? Avons-nous le droit de ne pas dire « Stop » à ce « racisme ethnique » ? Avons-nous le droit de mener cette vitrine de la démocratie où s’abreuve tolérance et paix vers le chaos ? Combien sont-elles ces nations qui aimeraient nous copier tellement que nous avons pu et su être à la hauteur malgré cette mosaïque ethnique qui constitue notre nation ; une diversité qui constitue notre force et atout majeur de cohésion sociale avec le cousinage à plaisanterie, atout de stabilité et de développement national ? Dans cette conjugaison nationale, nous sommes restés une nation unie; Le Sénégal.

Mes chers concitoyens compatriotes !

C’est à nous qu’appartient la décision de décider et si nous décidons, tout est alors possible avec la volonté et la détermination. Sachez que nous avons le pouvoir préserver et de toujours protéger cette nation qui depuis belles lurettes est un havre de paix, de tolérance de progrès comme il l’a toujours été. Nous ne devons jamais nous associer à des porteurs de messages de haine ou de stigmatisation de nos frères et sœurs concitoyens. Comme toujours, nous sommes pour le Sénégal et non contre le Sénégal.

Il est plus que jamais urgent que nous enterrons ce type de pensées. Attention, car les actes ne sont que la résultante de nos pensées que la main exécute sciemment. Les fils et filles de notre Nation doivent mettre de côté leur différence et s’unir autour de l’idéal national. C’est cet idéal qui nous permettrait de mettre de côté nos différences car au-delà de toute considération, nous restons tous Sénégalais et de surcroit humains. Il ne peut y avoir de différence entre les fils et filles de la nation que nous sommes. Arrêtons alors de nous distinguer, de nous différencier, de nous déchirer, de nous haïr. Nous sommes tous frère et sœurs et nous sommes Sénégalais au-delà de notre particularité ethnique, religieuse ou même régionale. S’agissant des postes de responsabilités, il n’y a aucun mal à y mettre un Sénégalais dès l’instant qu’il jouit du titre de citoyenneté ou de nationalité.

 

 

 

Pour revenir à ce népotisme dont parlent certaines bouches vers qui le micro des média se dirige, nous ne pouvons accepter que de telles langues se délient pour ensorceler la conscience de la grande masse. Nous sommes là pour éclairer les consciences perdues ou égarées. Il faut que cesse de telles idées. Il faut que nous comprenions que tout sénégalais a le droit, s’agissant des questions de responsabilités, de servir la nation. A vous qui ne pensez qu’à votre ascension personnelle, nous avons compris que vous nous trouvez naïfs et voulez détourner notre conscience. Nous ne céderons pas car pour nous, rien n’a de sens si ce n’est l’intérêt national, les questions de l’heure. Vous qui êtes au commande ou leaders, ne poussez pas ceux vous prennent comme des messies à cultiver en eux de telles idées  nocifs.

Inconsciemment, notre société est, sans le savoir, pris en otage parce qu’on lui a fait croire à un mensonge grossier qui le maintien en état de dépendance perpétuelle qui se perpétue et s’éternise en nous. Que dire de notre façon de penser, de vivre, de s’habiller, de manger, etc.

Que devient un peuple où l’éducation n’est plus une priorité ?   Ce qui nous arrive et bien pourtant simple bien que la tache soit des plus complexes.

A encore et toujours continuer à négliger l’éducation des enfants, ne serions-nous pas alors cette nation certes instruite mais avec une éducation en mal ?

On ne peut pas continuer à négliger l’éducation des enfants et ne pas prédire les ténèbres du futur sur nous. Après constat, nous nous sommes rendu compte que ces dérives pourraient être la conséquence de ce libertinage excessif accordé aux enfants. L’absence de l’autorité parentale, complicité parentale pour couvrir les erreurs de l’enfant, libertinage juvénile où rien ne se prête au contrôle mais à sensibilité aveugle. Tout est négligé et tout est banal et l’enfant se voit être livré à lui-même pour ainsi se trouver sa voie. Rarement l’essentiel occupe les devants des discussions qui, au lieu d’être murie au tribunal de la raison critique, ne sont dictées que par des penchants purement ludique et où la prise de conscience de ce décalage ne semble guère être perçue. Comment voulons bâtir un pays si rien ne se prête au sérieux, lorsque tout est banal, négligé. Autrefois, l’éducation était entre les mains de tous, aujourd’hui elle est privatisée tout comme nos pensées sont conditionnées. Autrefois on savait être redevable à la société, aujourd’hui, on n’ignore ce que cela signifie. On ne se bat plus pour tous, on se bat pour soi. A l’école de la rue, l’enfant ne peut faire le distinguo entre le normal de l’anormal, le permis de l’interdit, le bien du mal. Et la conséquence reste sans nul doute ces dérives qui ne finissent de nous secouer au quotidien. Tant que nous continuons à donner la primauté à « Avoir » au détriment de « Etre », alors nous aurons toujours à discuter de ces dérives langagières et provocatrices.           

 

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