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L’histoire secrète d’une aciérie en danger à cause de Tosyali (Par A. B. Mboup)

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Récemment les Algériens ont entendu parler de Tosyali lorsqu’une grève a éclaté ces dernières semaines au niveau de ses installations industrielles. Les travailleurs algériens sont montés au créneau pour défendre plusieurs revendications socio-professionnelles.  L’usine emploie également un bon nombre de ressortissants étrangers, principalement des Turcs. Ces derniers sont censés avoir les mêmes droits et obligations que leurs camarades algériens. Déjà en 2014, alors que l’usine n’employait que quelques centaines de personnes, un mouvement de grève a été enclenché et a revendiqué le départ de la section syndicale de l’époque jugée non représentative.

La filière de la sidérurgie en Algérie souffre énormément ces deux dernières années. Plusieurs centaines d’emplois sont menacés et des entreprises entières risquent de mettre la clé sous la paillasson. La faute à qui ? A la domination d’un opérateur étranger qui a longtemps profité des largesses du régime algérien. Cet opérateur s’appelle Tosyali.

Implantée à Oran, dans la zone industrielle de Béthioua, Tosyali Algérie a été créée en 2008. La convention signée entre l’Agence nationale de développement de l’Investissement (ANDI) et « Tosyali iron & steel industry Algérie » a porté sur un investissement de 11,3 milliards de dinars (130 millions d’euros).  Tosyali a mis en exploitation le premier complexe de production d’acier et de rond à béton en juin 2013. Deux ans après, soit en 2015, cette même société a mis exploitation une extension constituée d’une «unité laminoir de production de fil machine pour approvisionner les PME et les entreprises de construction.

Tosyali a réalisé ainsi son plus grand coup à l’étranger grâce à toutes ces facilités étranges qui lui ont été offertes par les autorités algériennes notamment lorsque le gouvernement fut dirigé par Abdelmalek Sellal lequel croupit aujourd’hui à la prison d’El-Harrach.

A la suite de la chute brutale du régime Bouteflika, le dossier Tosyali est enfin ouvert par les services de sécurité chargés d’enquêter sur les affaires de corruption impliquant les hauts responsables du régime Bouteflika. Et l’opérateur turc est nommément cité dans le dossier d’Abdelmalek Sellal qui est en cours de traitement en ce moment à la Cour Suprême.

Les premières enquêtes seront dirigées vers de nombreux points troublants, a-t-on appris au cours de nos investigations. Il s’agit, d’abord, de comprendre comment un investisseur turc, donc étranger puisque la société est à 100% turque, a pu obtenir aussi facilement un énorme crédit d’investissement d’une banque 100% algérienne à savoir la BEA. Ce crédit a été évalué à 970 millions de dollars dans une première étape. Ce crédit a été rehaussé au début de l’année 2018 à 1.3 milliard de dollars ! Une somme colossale qui soulève de nombreux soupçons.

Les enquêteurs des services de sécurité algériens s’intéressent aussi aux factures des équipements achetés par l’opérateur turc à l’étranger. Des factures qui apparaissent gonflées et les achats ont été effectués auprès d’une société tierce, une société intermédiaire, basée en Hollande et appartenant indirectement à l’un des actionnaires de… Tosyali.

Les services de sécurité doivent comprendre également pourquoi l’exportation de la ferraille à été arrêtée en Algérie dans le seul but de  permettre à Tosyali d’en bénéficier à des prix anormalement bas par rapport au marché international.

Force est, par ailleurs, de constater que les ventes de Tosyali au marché local pendant longtemps passaient par des sociétés intermédiaires privilégiées par Tosyali. Et ces intermédiaires décident par la suite de sélectionner leurs clients selon des critères qui demeurent jusqu’à maintenant obscurs et incompréhensibles.

D’autre part, à chaque extension de l’unité de production ou acquisition d’un nouveau matériel, cet opérateur turc profite d’un nouveau crédit dont le montrant parait de prime abord gonflé.

Aujourd’hui, les problèmes de Tosyali s’étendent à tout le secteur de la sidérurgie en Algérie. Les facilités obtenues dans des conditions plus que mystérieuses par cet opérateur turc ont empêché toute concurrence loyale en Algérie. Preuve en est, l’entreprise algérienne CASTEEL INDUSTRIES dont le site industriel est basé à M’sila et qui connaît en ce moment de grandes difficultés pour s’imposer dans le marché local en dépit des besoins nationaux et des perspectives prometteuses à l’exportation. Créée en 2003, casteel industries appartenait à la famille Blikaz et une entreprise française appelée Icosum qui détenait 10 % des parts.

En mars 2017, cette société est revendue à un nouveau repreneur algérien lequel a dépensé pas moins de 240 milliards de centimes pour la racheter et la relancer alors qu’elle avait flirté avec la faillite. Le nouveau repreneur a également contracté un crédit bancaire auprès de la BADR d’une valeur de 17 millions d’euros pour financier la mise à niveau et la modernisation de cette aciérie qui emploie pas moins de 380 employés à M’sila. Des encadreurs et managers italiens ont été recrutés pour gérer l’aciérie qui avait d’ores et déjà contracté auparavant des crédits bancaires depuis 2003.

En dépit de tout cet argent injecté et les capacités de production augmentées à 300 mille tonnes par an, Casteel Industries patine et ne s’en sort pas comme le démontrent les documents exclusifs obtenus au cours d’investigations.

Sur nos cieux l’État du Sénégal signe avec la même entreprise qui a fait des ravages en Algérie , un protocole de 510 milliards d’investissement sur 25 ans, Tosyali va gagner 10180 milliards .

L’Etat du Sénégal compte exonérer Tosyali d’impôts sur 10 ans en violation de tous nos textes .

L’Etat du Sénégal compte garantir le prêt de Tosyali et en payer les intérêts.

L’Etat du Sénégal compte donner à Tosyali l’exclusivité de la récupération de ferraille.

L’Etat du Sénégal compte mettre en place une administration spéciale, rémunérée par le contribuable sénégalais, au bénéfice de Tosyali tout en renonçant à ses parts et autres taxes sur l’utilisation du gaz de l’eau et de l’électricité.

Macky sall est une vraie calamité qui trahit son peuple en signant des contrats léonins.

Par Alioune Badara Mboup