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Libération de Guy Marius : L’épine dans le pied liberticide du pouvoir libéral néocolonial devenait une plaie purulente

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Trois (3) mois (90 jours) de prison sans jugement, des dizaines de milliers de manifestants à chaque manifestation au nombre d’une dizaine, des lettres de protestation au Président, des pétitions multiples signées par des dizaines de milliers de personnes indignées, des dizaines de conférences de presse, des déclarations signées et co-signées par associations, des mouvements, des partis politiques au plan national, africain et international ( Signataires : FRAPP, (Sénégal) Collectif Afrique(France), Yoonu Askan Wi (Sénégal), Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (France), Rassemblement Communiste (RC-France), Association Nationale des Communistes (ANC-France), Parti Communiste Révolutionnaire (PCRF- France), Pôle de Renaissance Communiste (PRCF-France), Parti Communiste du Bénin(PCB), Organisation des droits de l’homme et des peuples du Bénin, Comité Culturel pour la Démocratie au Bénin (ODHP) , CPFG-Bénin (Convention Patriotique des Forces de Gauche), UNSEB (Union Nationale des Scolaires et Universitaires du Bénin), CSTB (Centrale Syndicale des Travailleurs du Bénin), l’UJCB, (Union de la jeunesse Communiste du Bénin), MFLPP-Bénin (Mouvement des Femmes pour la Libération des peuples et pour le Progrès), Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI-Mali), Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme/Parti Révolutionnaire Populaire et Ecologique (ACTUS-Tchad), Les Amis de la Terre (France), Association Survie (France),Groupe de Recherche et d’Initiative pour la Libération de l’Afrique (GRILA-Canada-Sénégal), Association Français d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA Fance)) et des prises de positions de chefs religieux d’obédiences différentes. Chaque jour de détention de Guy Marius a fait l’audience des télévisions, des radios, de la presse écrite et des réseaux sociaux.

Les actions d’interpellation de Macky Sall lors de ces voyages à l’étranger, notamment dans les pays impérialistes, les communiqués, les lettres d’informations sur les atteintes liberticides et les mobilisations grandissantes pour la libération du militant emprisonné au camp pénal dans le quartier réservé aux terroristes étalaient au grand jour les sales dessous cachés de la « vitrine » prétendument « démocratique » du « pré-carré » françafricain du Sénégal.

L‘injonction du maître impérialiste, le président français, exigeant de ses valets africains, dont le Président Macky Sall, de mettre fin dans chacun de leur pays au prétendu « sentiment anti-français » ne se faisait plus dans le silence de l’indifférence de la majorité du peuple dont les protestations ne pouvaient laisser indifférents les démocrates des milieux religieux, coutumiers, etc qui ont réagi.

Guy Marius était devenu l’épine plantée dans le pied du mateey, épine qui finalement devenait une plaie purulente béante démasquant l’illusion que la démocratie est possible sous le colonialisme ou le néocolonialisme et montrant, peu à peu au peuple, l’inanité d’une telle chimère parce que seule l’indépendance nationale est à même de permettre la démocratie vraie.

Le regroupement des idiots utiles du « dialogue national » a été aussi plombé par la prise en otage illégale, arbitraire de Guy Marius pour avoir avec 8 autres de ses camarades manifesté aux grilles du Palais présidentiel.

En effet comment, dans ces conditions, mener un « dialogue » pour redorer l’image du pouvoir libéral néocolonial sali par le vol de l’élection présidentiel 2019, éclaboussé par les scandales à répétition de sa gestion prédatrice des deniers publics, de l’argent du peuple contribuable et terni par la hausse du prix de l’électricité, des denrées de premières nécessités ?

Comment « dialoguer » pendant qu’un digne fils patriote révolutionnaire anti-impérialiste, Guy Marius, est victime d’un abus de pouvoir aussi flagrant pour avoir osé dire non au waxeet présidentiel de la baisse promise du prix du courant ? Comment « dialoguer » alors que le peuple est de plus en plus dans la rue pour dire « libérez Guy Marius et annulez la hausse des prix » ? Comment faire gober par le biais du « dialogue national » l’arnaque anti-constitutionnelle d’un 3éme mandat ?

Gramsci, l’écrivain marxiste-léniniste Italien, déclarait sous le régime fasciste de Mussolini qu’il « hait l’indifférence » de ceux et celles qui se taisent devant l’injustice dont souffre les travailleurs et le peuple. L’indifférence a deux faces: l’impuissance et la honte.

Les forces démocratiques et populaires ont défié durant ces trois mois l’indifférence de l’impuissance pour aller à l’assaut de l’injustice de l’arbitraire, de l’abus de pouvoir, de l’illégalité par lesquels le Président libéral de la néocoloniale du Sénégal a dicté à la justice du pays sa soumission aux désideratas présidentiels obéissant au diktat du Président de l’ex-pays colonisateur.

Le mouvement syndical sénégalais, qui a eu ses heures de gloires dans toutes les conquêtes sociales et démocratiques dans l’histoire du Sénégal avant et après les indépendances nominales, par son silence sur le combat actuel contre la vie chère et sur la libération de la figure emblématique de cette lutte qu’est devenu Guy Marius a été traversé par l’indifférence de l’impuissance et de la honte.

Les laquais du « dialogue national », notamment les vassaux de l’opposition libérale (PDS, Reewmi, etc) et sociale libérale (PS, Grand Parti) de salon et les transhumants de la gauche historique se sont embourbés encore une fois dans l’indifférence de la honte.

Guy Marius libre, il faut maintenant poursuivre le combat pour annuler les hausses des prix, arracher la transparence sur les contrats sur le pétrole, le gaz, le zircon, le fer, etc puis abroger ceux qui ne sont pas conformes à l’intérêt national.

L’épreuve traversée confirme l’adage qui dit : « on peut perdre quand on lutte, mais ceux et celles qui ne luttent pas sont sûrs de perdre et ont déjà perdu ».

 

3 Mars 2020

Par DIAGNE Fodé Roland