Home»Contributions»Madiambal, vous allez finir par vous noyer ! (Par Samba Diallo)

Madiambal, vous allez finir par vous noyer ! (Par Samba Diallo)

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Je viens d’achever de lire votre énième pamphlet contre M. Ousmane Sonko, candidat à la prochaine, intitulé « Quelqu’un qui veut être président ne devrait pas faire ça… » paru dans votre journal numéro 4769 du 14 janvier 2019. Rassurez-vous, je n’écris guère pour le défendre ; je n’en aurai ni le temps ni le talent, tellement sont nombreuses les bonnes gens à qui vous faites du tort parce que vous avez un journal et une sorte de plume vénéneuse ! Mais en vous lisant, je me suis souvenu de la ritournelle ; vous l’aviez chantée à M. Idrissa Seck aussi, ancien premier ministre du Sénégal. 

Vous lui disiez : « Idy, toi aussi, on était là », après lui avoir flanqué le quolibet de « pendule embardée ». Vous l’aviez chantée aussi à Abdoulaye Diop, ancien ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal, sur lequel je reviendrai. Vous n’aviez pas épargné non plus M. Abdoulaye Wade, sous son magistère en qualité de président du Sénégal et dont on pouvait comparer le gouvernement à la bande à Bonnot* rien qu’en vous lisant ! Puis, dans un passé très récent, il y a M. Serigne Mbaye Thiam, actuel Ministre de l’éducation nationale que vous aviez traité de tous les noms parce que l’Etat du Sénégal avait retiré l’agrément à une école privée avec laquelle vous aviez tissé quelque relation de connivence…

A l’ombre de vos soliloques, je n’ai donc pu m’empêcher de devoir vous rappeler un certain nombre de faits pour vous montrer qu’il n’y a aucun doute que nous ne sommes pas amnésiques comme vous. Nous avons juste le sens de la mesure, car lorsque vous ne l’avez pas, dans vos gestes comme dans votre verbe, vous finiriez comme ceux-là qui se dédisent, se dénient honteusement tous les jours parce qu’ils en avaient tous trop fait ou trop dit. Et le secret de l’ennui, disait Voltaire, c’est celui de tout dire !

Madiambal, on était tous là lorsqu’un beau matin, vous aviez publié dans votre journal l’inventaire des biens immobiliers (disiez-vous) de l’ancien ministre des Finances du Sénégal M. Abdoulaye Diop ; biens, (nous disiez-vous) qu’il a acquis en territoire canadien avec les adresses précises (disiez-vous). Vous aviez même donné le nom de son épouse qui lui servait de prête-nom sur certains biens et vous aviez assumé tous les commentaires qui sont allés avec ; ministre corrompu, prédateur, cupide etc. Pour un document dit d’investigation, on ne pouvait pas s’attendre à autant de précision. Vous aviez promis de livrer la suite… qui n’est jamais venue. Seulement, quelque temps après, vous êtes revenu nous dire que le ciel était sous la terre (comme disait l’autre) pour écrire, toujours dans votre journal, que vous vous étiez trompé de… « Abdoulaye Diop » ! Vous ne vous êtes jamais embarrassé, du moins je n’en ai pas souvenance. Et qu’en est-il de votre « bon Abdoulaye Diop » ? L’aviez-vous étreint d’excuses par la suite ou était-ce l’épilogue d’un change (pour ne pas dire chantage) bien réussi ? Qu’en est-il de son honneur et du vôtre (s’il vous en reste), de sa dignité et de la vôtre (s’il vous en habite) ? Qu’en avez-vous fait ? Je traîne encore le sentiment de dégoût que j’en ai pris parce que cela me rappelait le tristement célèbre journal « Taxi Ville » dont un article intitulé « Les fossoyeurs du Sénégal » nous listait en 1988, aux abords des élections, les soi-disant biens immobiliers de l’ancien président du Sénégal Abdou Diouf en Espagne et un peu partout en Europe… On connaît la suite. C’était des balivernes !

Vous êtes venus ajouter ce mauvais travail (je parle de votre prose citée plus haut paru dans votre journal), sur lequel tous les journalistes de ce pays devraient venir cracher tous les jours tout leur mal, tout leur mal-être ! Vous accusez de malversation un expert qui a appris sa science dans l’une des meilleures écoles du Sénégal, négociant en toute légalité avec des partenaires potentiels parce qu’exerçant en profession libérale après avoir été radié de l’Administration, enregistré par un malveillant…qui ne pouvait d’ailleurs lui rendre autant service ! Parce que, non pas vous êtes journaliste (ce dont je doute fort) mais parce que, dites-vous, il vous a insulté. Pis, vous dites dans votre texte détenir un enregistrement audio ; ce qui est à mes yeux une vaine et mesquine menace, du chantage ou ce qui m’en a tout l’air ! Et vous, comment gagnez-vous votre vie ? De quelle autorité prétendez-vous vous garnir pour que des citoyens viennent vous solliciter pour… négocier quoi encore, dites-vous ? Non, il faut arrêter voyons !

Vous n’êtes pas une sentinelle de la démocratie, de la liberté ni de cette vérité de faits que vous prenez du temps (semble-t-il) à aller cueillir à tous les coups cagneux, pour venir nouer avec l’honneur des bonnes gens une relation quasi ludique, pour mener ce troc malsain d’honneur sauf tapis de silence contre déballage ! De quel nom n’avez-vous pas traité Serigne Mbaye Thiam, ministre de l’Éducation nationale de son état ? Que n’avez-vous pas dit de mal au président de la République dont vous qualifiiez même les relations avec son homologue Turc M. Erdogan, de vassalité ? Votre « raison » pour insulter le président de la république et son ministre de l’Education nationale, c’était la fermeture de cette école dans laquelle vous aviez des intérêts. Non, vous ne pouvez pas être pas aussi versatile ! Il y a que quelque chose a changé quelque part. Mais quoi donc ? Je ne dis pas que l’Etat a eu raison ou tort, mais autant vous aviez eu le droit d’outrepasser toutes les bornes au point d’insulter chaque matin dans votre journal toute la République pour défendre « vos intérêts » (car je peine à comprendre ce que vous défendez ni de quel bord vous êtes), autant vous devez laisser à l’ancien premier ministre M. Idrissa Seck ou M. Ousmane Sonko la latitude de se défendre en leur qualité d’hommes politiques. On vous a laissé combattre vaillamment avec le verbe et la plume, laissez-les en faire autant ! Et de toute façon, vous ne devez ni ne pouvez les arrêter ; du moins jusqu’à ce que quelque chose change les sages propos de Gandhi que je relis dans un pan de mes souvenirs : « … Nous sommes tous de si grands pécheurs qu’il vaut mieux laisser le châtiment au Bon Dieu… »

J’ai lu une fois, l’histoire d’un brave homme habitant aux abords de la frontière qui, pendant la guerre de sécession aux Etats-Unis, avait fini par prendre goût à déplacer sa baraque, passant du Nord au Sud ou vice versa au gré des nouvelles qu’il avait sur qui des deux camps était le vainqueur du moment… On l’avait appelé Joe l’indécis. Au fond, c’était un amusant opportuniste !
Ce que j’exigerai de vous et de tous ceux dont on achète chaque matin des idées et des illusions dessinées dans les journaux, c’est de respecter notre intelligence en relevant un peu le débat.

Arrêtez donc de nous peindre les politiciens, nous en connaissons déjà les couleurs ! Si vous êtes en mission commandée par contre, pour déconstruire des candidatures, osez-nous le dire ! Nous savons voter. Nous savons choisir. Nous choisirons. Je ne vous apprendrai pas comment aller à l’essentiel ; ce n’est pas une tâche difficile, c’est comme dire qu’on a mal à la dent lorsque c’est le cas et pouvoir se la faire soigner ou arracher. Vociférer, se tordre de douleur n’en est pas un point essentiel !

A vos diatribes contre les autres, je choisis de comprendre pourquoi la Sonatel fait 200 milliards de FCFA de bénéfice pendant que le téléphone est demeuré cher ; pourquoi je paie un montant mensuel, perpétuel et invariable intitulé « Total abonnement services » qui s’élève à 6 667 F CFA sur ma facture de téléphone tous les mois… ? Même la Senelec n’entretient pas aussi cher ces vieux câbles !

A vos diatribes contre les autres, je choisis de comprendre et d’avoir la certitude qu’avec le train express régional (TER), je pourrais garer mon véhicule pour parcourir en 20 minutes les 17 km qui sont entre mon domicile et mon lieu de travail, au lieu des deux heures et demie que je perds sur la route tous les matins et soirs confondus et faire des économies ici et là… Que l’on m’assure aussi et surtout, que lorsque rouleront ses locomotives à 1 500 V (Volts) avec une puissance de 4 040 KW (Kilowatt), je continuerais à avoir de l’électricité dans non foyer ; peu m’importe qu’il coûte mille milliards, je suis preneur !

Je choisis de comprendre pourquoi il n’y a pas assez d’eau potable à Dakar, pourquoi on continue à construire des lopins de routes sur lesquelles roulent à tombeau ouvert des véhicules de plus de 20 ans d’âge et s’étonner qu’il y ait autant d’accidents mortels !
Voilà le genre de choses que j’attends de voir en achetant tous les matins votre parchemin d’arabesques ! Mais, en attendant, Madiambal, faites-en sorte de ne pas vous tromper de « Ousmane Sonko ». C’est tout ce que je vous demande. Salut frangin !

*Jules Joseph Bonnot était un anarchiste français. Il a dirigé un groupe illégaliste ayant multiplié braquages et meurtres entre 1911 et 1912 date de sa mort ; groupe que la presse d’alors a appelé « la bande è Bonnot »