Home»A la une»Mais où sont donc passés les mentors de Salif Sadio ? Et où se terre Sant’Egidio ? (Par J.M Biagui)

Mais où sont donc passés les mentors de Salif Sadio ? Et où se terre Sant’Egidio ? (Par J.M Biagui)

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Je veux être clair, et sans détour j’accuse : si les hostilités venaient à reprendre en Casamance entre l’armée et la faction MFDC de Salif Sadio, le responsable en serait tout désigné : les mentors de Salif Sadio d’une part et Sant’Egidio d’autre part.

Les mentors de Salif Sadio, parce qu’ils auront pris en son temps la lourde responsabilité historique de trouver les mots « justes » et d’exercer la pression « indiquée » sur ce dernier, pour le convaincre indûment que des négociations de paix sont possibles sous l’égide de Sant’Egidio, précisément sur la question de l’indépendance de la Casamance.

Or, à l’expérience, Salif Sadio apprendra à ses dépens qu’il n’en est rien, strictement rien ; tandis qu’il tiendra de La Palice que l’indépendance ne se négocie pas, qu’elle ne se négocie jamais, sous aucun prétexte, et que, bien au contraire, elle s’arrache, politiquement ou militairement.

Et Sant’Egidio, parce que cette Communauté basée à Rome, en Italie, aura souscrit à cette menterie. Pis, Sant’Egidio s’identifie de nos jours à cette menterie.

Quand on dit la vérité, quand on est dans la vérité ou du côté de la vérité, on ne s’excuse pas. On ne le justifie pas non plus. Ceci est une vérité que nous tenons aussi de La Palice.

En l’occurrence, quelle est cette vérité contenue dans les accords dits de Rome ? Ou, à tout le moins, est-il jamais possible que de la menterie de Rome émerge quelque vérité ?

L’arrestation le 6 juillet 2019 de douze éléments se réclamant de Salif Sadio, tous présumés coupables d’une tentative d’organisation d’une réunion politique publique « informelle » à Kagnobon, après leur déconvenue diversement appréciée de Diouloulou le 22 juin 2019, constitue manifestement une réponse éloquente à cette double interrogation. Si l’on sait que le Gouvernement avait, auparavant, en mai 2019, autorisé, fût-ce de manière tacite, la tenue de deux réunions politiques publiques « informelles », à Koundioughor puis à Thionck-Essyl, par la faction du chef de guerre du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance.

Qu’est-ce qui a donc pu se passer entre-temps ?

En fait, aux prises avec une opposition, bien sénégalaise celle-là, qui l’acculait à coups de manifestations, tantôt autorisées, tantôt non-autorisées, le Gouvernement s’est vu apostropher, de manière irresponsable et inconsidérée, par des éléments de ladite opposition et de la société civile au sujet des « faveurs » et autres « largesses » accordées à Salif Sadio jusqu’alors.

Il va sans dire que la contradiction apparente dans laquelle s’est enfermé si soudainement le Gouvernement est plus qu’embarrassante pour celui-ci. On peut même croire que le Gouvernement est ici sincèrement embarrassé.

C’est alors que, à la faveur de ce qui passe pour une dynamique de domestication ou d’apprivoisement des activités de la faction MFDC de Salif Sadio, ses mentors et Sant’Egidio auraient dû intervenir auprès du chef de guerre, avec l’autorité qui sied, notamment pour lui suggérer, avec autorité donc, combien il eût été politiquement bénéfique pour lui de faire dorénavant, chaque fois que de besoin, une demande formelle de réunion politique publique, dûment adressée à l’autorité compétente, conformément à la recommandation y relative du Gouvernement.

Sachant, au demeurant, qu’une telle initiative de Salif Sadio eût nécessairement été appréciée comme participant des négociations de paix dites de Rome.

En tout état de cause, face à l’adversité commune, et le temps d’une conjoncture, quand bien même nous serions des ennemis irréductibles, il faut savoir être des alliés pour mieux avancer, en l’espèce dans les négociations.

Au lieu de cela, les mentors de Salif Sadio jubilent dans leur silence coupable et leur légendaire lâcheté, et Sant’Egidio se terre et hiberne petitement quelque part à Rome, ou ailleurs, attendant tranquillement le printemps de la libération des douze infortunés, dont elle s’empressera du reste, à coup sûr, de revendiquer indûment la paternité.

PS : Toutes les réunions politiques publiques (Congrès et autres Assises du MFDC), qui ont eu lieu jadis à Banjul et à Ziguinchor, entre autres, à l’initiative de votre serviteur, avaient fait l’objet, préalablement, d’une demande d’autorisation auprès des autorités compétentes. Et cette démarche du futur Secrétaire à l’Aile Extérieure puis du Secrétaire Général du MFDC d’alors portait bien son nom : Etre conséquent avec soi-même, quoi qu’il en coûte.

Dakar, le 9 juillet 2019.

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)