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Maux sanitaires et feu

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Au moment où le coronavirus s’est installé, que le feu couve et que le couvre-feu revient, ce qui se passe à l’hôpital régional de Saint Louis est illustratif d’un manque de sérieux notoire dans la gestion des affaires publiques. Un hôpital sans ambulance, un bloc opératoire fermé depuis 15 jours faute de matériels, une rupture de réactifs au laboratoire. Largement suffisant pour diagnostiquer le mal : la santé souffre dans cette structure censée soulager et guérir des patients.
Si l’on sait qu’une telle situation est loin d’être isolée dans les établissements hospitaliers sénégalais, il y a mille raisons de s’inquiéter. Comment dans de telles conditions venir à bout d’une pandémie comme le coronavirus qui a semé la désolation dans des pays qui disposent d’hôpitaux aux plateaux techniques très relevés ?
Ceux qui espéraient un sursaut salutaire pour prendre enfin en charge les priorités des populations ont été sans doute naïfs. Bientôt un an après l’apparition de la Covid-19 chez nous, en dépit des efforts loués ça et là, du volontarisme noté, du succès salué, il faudrait un bilan exhaustif et surtout corriger les nombreux manquements qui sont à l’origine de drames multiples.

Il serait catastrophique pour les autorités de dormir sur des lauriers. Il serait peu intelligent de se contenter de louanges, de fleurs, tout en ignorant ou faisant semblant d’ignorer que notre salut réside dans la construction d’hôpitaux aux normes requises, avec un personnel qualifié et motivé disposant de moyens nécessaires pour sauver des vies. La Covid-19 est un mal qui nous montre paradoxalement le chemin à suivre pour vaincre les maux à venir. Pour cela, il faut aller au-delà des mots et des mesures contraignantes. Le couvre-feu est encore là. On espère qu’il n’entraînera pas encore le feu.