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Mon commentaire sur les résultats des élections au Brésil (I. SENE)

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Bolsonaro, candidat d’extrême- droite, avec 55,1% du suffrage exprimé, contre 44,9% à Haddad, candidat du Parti des Travailleurs ( P T), a remporté la Présidentielle.
Cette victoire s’est traduite, dans le sud-est du pays, dans les Etats de Rio de Janeiro, Sao Paulo, Espirito Santo et Minas Gerais, qui à quatre Etats, produisent environ 60 % du PIB du Brésil et sont majoritairement peuplés de Blancs, qui représentent 55 % de leur population, selon le recensement de 2010, soit un peu plus de la moyenne de 47 % dans tout le pays.
Le nord-est du pays, zone où le PIB par habitant est le plus faible et où la densité est moyenne, a, lui, plus largement voté en faveur du candidat du Parti des travailleurs, Fernando Haddad.
Cette région est aussi celle qui comprend le moins de descendants de colons européens, et la plus forte proportion de descendants d’esclaves africains.

Ainsi, de mon point de vue, ce sont les classes moyennes qui ont basculé dans le camp du grand capital, pour assurer la victoire à ce Candidat de l’extrême droite.
Le PT, en tirant les populations de l’extrême pauvreté, a gagné leur confiance, au détriment de celle des couches moyennes.
Leur colère ne s’explique que par le fardeau fiscal que l’Etat leur a fait supporter pour sortir ces populations de l’extrême pauvreté, alors que le grand capital aurait dû supporter totalement le coût de cette politique sociale, pour réduire les inégalités.
C’est cela que l’on voit aussi dans la montée de l’extrême droite en Europe et aux USA Sous OBAMA.
Mais, en plus de cela, au Brésil, la dérive bureaucratique de l’Etat a favorisé la non reddition des comptes des entreprises publiques et le développement de la corruption.
C’est cela qui a d’abord fait perdre le pouvoir au PT, et envoyé, ensuite, Lula en prison, l’empêchant ainsi d’être candidat.
Malgré les sondages qui le donnaient favoris, sa candidature aurait- elle empêché cette alliance de l’emporter ?
Les sondages, aux USA, aussi favorables qu’ils étaient en sa faveur, n’avaient pas permis à Mm Clinton de l’emporter sur Trump !
C’est l’alliance des couches moyennes avec le grand capital, qui a contribué fortement à la reconquête du pouvoir par l’extrême droite aux USA et en Amérique latine.
Le Vénézuela et le Nicaragua, résistent encore à cette vague, grâce à la forte alliance des couches moyennes et des couches populaires qui ont supporté moins que le grand Capital, les coûts de la crise économique.
C’est pourquoi, l’impérialisme américain ne compte plus sur les « urnes » pour les renverser, mais sur la « rue », appuyée par ses agents, à défaut d’une intervention militaire directe, que Trump n’exclue d’ailleurs pas.
Au Sénégal, la politique de redistribution des richesses par l’impôt en faveur des travailleurs, et en faveur des couches les plus pauvres, par la CMU, le PUDC, les Bourses familiales, et l’administration des prix des denrées et services de première nécessité, soutenue par une croissance forte stable, porteuse d’emplois, ne s’est pas faite au détriment des couches moyennes qui sont faiblement ou pas fiscalisées, notamment dans le secteur informel, alors que l’Impôt sur les bénéfices dans le secteur formel de notre Economie, a été porté de 25% à 30%.
Ce qui a suscité l’ire du FMI et de la Banque mondiale qui exigent d’y revenir et de fiscaliser le secteur informel pour porter le taux de pression fiscale de 16% actuellement à 20%.
Face à ces exigences, le gouvernement a clairement opté pour l’avenir, d’augmenter le taux de pression fiscale par une lutte rigoureuse contre l’évasion fiscale, la réduction des « dépenses fiscales », et la fiscalisation progressive du secteur informel à des taux et rythmes soutenables pour accompagner leur formalisation, afin d’éviter de rompre l’alliance entre les travailleurs, les couches défavorisées et les couches moyennes, qui constituent la base sociale de BBY, et la stabilité du pays.
Ainsi, le taux de pression fiscale va augmenter de 16,1% en 2019 à 16,4% en 2022, donc très loin des 20% exigés !
Ces acquis sont confortés par les avancées certaines dans la transparence dans la gestion de la Chose publique, avec des organismes appropriés de reddition des comptes, de lutte contre la contre la corruption et la concussion, et dans la Décentralisation, par l’institution des bases d’un contrôle citoyen, à travers les « Comités consultatifs de village ou de quartier ».
Donc, c’est sur l’alliance entre les travailleurs, Les couches défavorisées et les classes moyennes, induite par les politiques publiques du Président Macky Sall, que va reposer sa ré – élection au premier tour de la Présidentielle du 24 Février 2019.
Cette alliance est d’autant plus solide qu’aucun de nos opposants n’a apporté à ces catégories sociales des réponses pertinentes à leurs aspirations économiques, sociales et politiques, ni osé se prononcer sur les exigences de taux de pression fiscale à 20% !.
C’est pour cette raison que nos opposants ne comptent plus sur le « vote » pour prendre le pouvoir, mais, de plus en plus, sur la « rue » !
D’où notre devoir de vigilance pour détecter à temps, les forces extérieures intéressées à la déstabilisation de notre pays, sur lesquelles ils comptent s’appuyer pour réaliser leur objectifs de prise du pouvoir par la « rue ».
Le Sénégal, avec ses nouvelles ressources en pétrole, gaz et fer, est devenu « une fiancée suffisamment belle », que les prétendants font légion !