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Ne pas oublier Mamour Diallo…

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Les graves accusations d’Ousmane Sonko contre Mamour Diallo, ne doivent pas être vite rangées aux oubliettes à l’image de ces informations aux courtes durées de vie qui ponctuent l’actualité. « 94 milliards  FCFA sont  détournés» par un Directeur des Domaines, une des pièces maîtresses d’un «système de prédation», pour reprendre les mots de l’accusateur. Une révélation assez grave. Qu’est-ce qu’elle est grave ! Elle ne doit pas périr cette nouvelle. Elle devrait être impérissable si et seulement si le vécu des Sénégalais  demeure la préoccupation majeure des gouvernés et des gouvernants.

Le rôle de la presse est déterminant en de pareilles occasions. Manifestement, elle ne s’enthousiasme guère à « creuser » davantage une brèche largement ouverte. Elle a ses raisons que la raison ne connait pas. Une telle posture donne raison à ceux qui pensent que ceux qui sont chargés de gérer nos finances comme  Amadou Bâ et ceux qui sont à la tête de ses différents services ont « mis à leurs poches » une bonne partie des médias susceptibles de dénoncer leurs travers. Un véritable désastre éthique qui est à l’origine de la décrépitude à laquelle on assiste. La presse sénégalaise est responsable de son propre discrédit. Nous avons intérêt à changer de fusil d’épaule et tirer là où il faut ou « se faire tuer » par des «balles à billets ».

La bataille pour la transparence et pour la sauvegarde de nos biens, concerne aussi la Société civile et toutes les vigies de la démocratie. C’est une question de salubrité publique.  Cette « affaire » Mamour Diallo doit avoir des suites judicaires comme cela se fait dans les pays qui ne se contentent pas de proclamer la démocratie sans pour autant accepter ses dures réalités. La présomption d’innocence de M. Diallo doit être respectée même si les rapports des corps de contrôle l’ont accablé à plusieurs reprises.   Et ce sont ces institutions qui ont été à l’origine des déboires de personnalités comme Khalifa Sall, maire révoqué de Dakar.

D’autres, notamment des pontes du régime, épinglés sont toujours libres comme le vent. Des dysfonctionnements à corriger. Si nous voulons d’une Justice pour tous, nous devons nous donner les moyens nécessaires en étant conséquents avec nous-mêmes.  En évitant de nous leurrer. Mamour Diallo ne doit pas être tranquille tant qu’il ne prouve pas son innocence. Le Procureur a l’obligation de donner des suites aux plaintes et rapports s’il veut être juste avec la Justice.

Les défenseurs  du Directeur des domaines peuvent poursuivre  leurs plaidoiries médiatiques. Ainsi va la société sénégalaise avec une belle répartition des tâches.

Mame  Gor NGOM