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Peine et tristesse pour maman Africa ! (Oupa Diossine LOPPY)

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C’est avec beaucoup de peine et de tristesse quand j’ai vu dans les réseaux sociaux mes compatriotes sénégalais qui se réjouissent parce que le Président  Macky  Sall et son prédécesseur se sont rencontrés au palais de la République pour une réconciliation.

En quoi cela concerne le peuple sénégalais ?

A mon humble avis, je n’ai pas vu l’impact positif sur le quotidien des sénégalais par rapport à ces retrouvailles. Abdoulaye Wade et Macky Sall, malgré le respect que nous lui devons en tant qu’ancien Chef d’État, il est un citoyen sénégalais comme tout autre. Il es citoyen sénégalais comme Abdou Diouf, ni plus ni moins !

La peine et la tristesse que j’ai eues c’est de constater que ceux-là à qui le peuple a donné le pouvoir croient qu’avoir le pouvoir est synonyme d’intelligence. C’est donc dire qu’ils peuvent manipuler les vrais détenteurs du pouvoirs comme ils veulent. Ne pas avoir les rênes du pouvoir ne signifie pas être dépourvu de toute intelligence et de toute logique.

Pour Parler du cas de Wade, il aurait pu inscrire son nom au Panthéon des grands hommes qui ont fait l’Histoire de l’Afrique, comme Amilcar Cabral, Nelson Mandela, Thomas Sankara, Kwamé Nkuruma, etc. Mais le constat est que Abdoulaye Wade est entrain de tomber au bas de l’échelle. En voulant faire en sorte que son fils, Karim Wade, devienne vaille que vaille Président du sénégalais est une hérésie. Nous ne sommes plus dans des royaumes et être Président suppose une élection.

Maître Wade est certainement un bon avocat. Mais est-il un bon sociologue ? Oui et non ! Oui, il sait que les sénégalais sont amnésiques. On peut les manipuler comme on veut. Il y a un instinct d’esprit grégaire. Non, il oublie que son fils ne connaît pas grand-chose  de la société sénégalaise. Quelle langue nationale parle correctement Karim Wade ? Nous ne parlons pas droit mais nous parlons société, nous parlons opinion publique,  donc la compréhension de a société sénégalaise.

Je peux me tromper lourdement mais le profil de Karim Wade n’a pas encore la chance de devenir Président du Sénégal. Karim est vu comme un blanc au Sénégal et un noir en France. C’est cela la réalité. Le Sénégal n’est pas encore les USA comme la France.

Il n’est point besoin de revenir sur l’épisode Wade-Sall. Même si nous sommes amnésiques, certains parmi nous n’ont pas encore oublié. Qu’est-ce qui motive alors ces pseudo-réconciliations ?

Mais nous pouvons et c’est notre droit de réfléchir sur ce rapprochement. L’élection de Macky a souffert de beaucoup de contestations. Après cette élection, il y a des affaires sur le pétrole, le gaz, le fer, le zircon… Le régime de Macky est malmené sur le plan national et international. Pour sauvegarder ses bases-arrières  et assurer son futur , il se rapproche de Wade qui semble avoir un pouvoir de nuisance.

L’élection présidentielle aura lieu en 2024. Sauf manipulation des textes, Macky ne devrait plus se représenter. Pour sauvegarder ses bases-arrières, il ne peut pas compter sur Idrissa Seck, pour protéger son frère Aliou Sall, il sait que Ousmane Sonko n’est pas quelqu’un qui revient sur ses propos, pour mettre son entourage à l’abri il est certain que Khalifa Sall voudra laver son honneur.

Donc, que reste-t-il à Macky ? La seule option qui lui reste est de s’allier avec Wade. Ce qui voudrait dire le retour de Karim Wade au Sénégal et une amnistie qui lui restitue ses droits civiques et politiques pour qu’il puisse se représenter à ladite élection présidentielle fait partie des points de combine, pour ne pas dire de discussion.

De ce point de vue, un constat amer s’impose. Les nouveaux colons sont pires que les anciens car les anciens sont facilement identifiables et il était facile de s’en méfier. A-t-on chassé l’homme blanc pour installer un autre colonialiste plus atroce, qui nous ment, nous manipule et nous prend pour des imbéciles de dernière espèce ?

Le temps n’est plus au discours; c’est à nous, toute la jeunesse africaine de prendre notre destin en mains. Ils ne sont pas très nombreux parmi ceux qui sont à la tête de nos États et qui pensent à l’intérêt général, pour ne pas dire l’intérêt du peuple. C’est à nous la jeunesse de les démasquer et de les mettre hors d’état de nuire. Nos ancêtres ont combattu l’injustice, la concussion et le népotisme au prix de leur vie, donc ce n’est pas aux nôtres que nous allons céder. Unissons nos forces et nos efforts pour mettre hors du pouvoir ces traîtres. Frères africains, nous le pouvons et nous le devons.

Que nous soyons Sall, Wade ou autres, l’essentiel c’est l’intérêt du Sénégal et de tous ses fils. Après Senghor, le Sénégal. Après Diouf, toujours le Sénégal. Après Wade, encore le Sénégal. Et après Sall, le Sénégal sera encore ici et là !

C’est dire que le Sénégal doit défendre ses richesses et sa souveraineté qui n’est pas négociable. Le pouvoir ne tombe pas du ciel. Même si nous sommes croyants et proclamons hic et nunc que le pouvoir vient de Dieu. C’est à lui qu’appartient la puissance, la gloire et le  règne ! Mais nous simples mortels, reconnaissons que c’est par le biais du peuple qu’on le détient. Donc, à ceux qui ont ce privilège, un peu de respect pour des gens qui vous ont tout donné, le pouvoir, la richesse, le prestige, que sais-je encore ?

A mes frères et sœurs africains, levons-nous comme un seul homme et prenons notre destin en main sinon notre mère Afrique continuera à être la dernière de la classe alors qu’elle a tout pour être brillante et se classer parmi les premiers.

Oupa Diossine LOPPY

Auteur/Politiste