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Plaidoyer pour Ngaaka Blindé (Umàr Sàl)

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Oui, la justice doit faire son travail. Et nous devons tous l’encourager dans ce sens.
Oui, les citoyens naissent libres et égaux en droit. Aucune faveur ne peut-être demandée pour untel plus que pour tel autre.
Cependant, « faire son travail », pour la justice, c’est de construire des avenirs et non de les briser.
Je me rappellerais toujours de ce juge Ahmed Fall du tribunal de Dakar et de cet inspecteur Ndoye de la brigade des mineurs au commissariat central de Dakar.
Dans une affaire de viol qui impliquait des jeunes que nous encadrions dans le cadre d’un projet social, je fus, en ma qualité de responsable moral de l’association, à la barre pour répondre de cet acte ignoble des jeunes.
Après une enquête qui fut longue et éprouvante, un procès suivi, qui changera complètement la vie de la vingtaine de jeunes que nous encadrions.
Le juge Fall, tout en restant dans une grande rigueur, avait compris le passé en morceau de ces jeunes et l’urgence, en sa qualité de juriste, de nous accompagner dans ce sens. Aussi, à partir de ce procès, 2 fois par semaine, il venait animer des discussions avec les jeunes sur l’importance d’une justice dans un pays, les délits, les sanctions.
L’inspecteur Ndoye faisait aussi de même.
Cette générosité de ces deux hommes changea complètement la vie de ces jeunes et plus aucun délit ne fut commis par nos protégés.
Aujourd’hui, ces jeunes, devenus adultes, parcourent le monde et vivent de leur art.
Ngaaka est un JEUNE artiste qui, par le hip hop, a trouvé une bouée pour ne pas rater les rendez-vous de l’avenir
« Lima tardé cii école, suma ko fayul cii Hip Hop, damay baakar » dit-il dans son son « jooyu xol », en hommage à sa maman.
Dans ces immenses habitations à ciel ouvert appelées « banlieue », TOUS les jeunes, filles et garçons, suent pour corriger l’une des plus grandes inégalités de notre société : l’épuisement des mamans à faire assurer à leurs enfants un avenir meilleur. Lutteurs ou artistes, le refrain est le même « sama yaay mo tax may sonnë »..
Ngaaka le dit si sincèrement dans ce son :
« Mère nima « man dama sonë sa kër Baay
Dama fi try, cry, pray dëk ci jëndë ak jaay
Lebba ka Fay ….fight, njëKenté wëgg, di raak
Dëkk fu né, loué, weer dé ñu genné la »
Puisse la justice, au nom de tous les espoirs, permettre à ce jeune artiste talentueux de se refaire une carrière, en ayant appris de ses erreurs.
Umàr Sàl