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Présidentielle 2019 : entre système et anti système, et statistiques (Ababacar Sadikh Top)

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Jamais une campagne présidentielle n’a révélé, d’abord, une si belle dualité, inexistante depuis notre indépendance et longtemps étouffée par les discours connus ; et ensuite, des statistiques qui montrent que le second tour est inévitable. Mathématiquement, cette élection ne peut se limiter au 24 février 2019.

Ce discours anti système, d’une part, porté par un homme nouveau, Ousmane Sonko, se démarque de celui dont la quintessence systémique, d’autre part, est bâtie sur des promesses jamais tenues avec la complicité d’hommes d’affaires, d’une certaine élite, et des politiques dont le profil renvoie à des intérêts crypto-personnels et prenant ainsi la démocratie en otage. Cette dualité se présente vraisemblablement à travers une opposition système/anti système.

Par cette élection présidentielle, le théoricien de l’anti système entendait aller en coalition avec ceux avec qui il a les mêmes objectifs et la même idéologie et sachant qu’il est l’incarnation, par son discours et son combat, de l’antisystème, il se devait d’unifier autour de lui une large coalition dont le seul but est de redresser le Sénégal, se défaire du système et mettre le Sénégal sur les rampes d’un nationalisme intelligent, gage de notre autonomie économique. Cependant, suite aux différentes tractations dont nous avons eues échos et des conditions que certains voulaient lui imposer, à l’allure d’un partage de gâteau, ce qui est antinomique à son discours, l’alliance était quasi impossible, malgré ses intentions et sa démarche.
C’est à la lumière de ce qui précède que nous avons constaté tous deux larges coalition :
👉🏾l’une, appelée majorité présidentielle sous la coalition Benno Bokk Yaakar, incarnée par des hommes connus du landerneau politique tels que Macky Sall, Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng et certains partis de gauche. Cette coalition brigue à nouveau le suffrage des Sénégalais et entend passer au premier tour et maintenir le statu quo qu’ils ont alimenté
👉🏾 l’autre, large coalition de l’opposition, Idy 2019, regroupe elle aussi, faudrait-il le dire et l’assumer, en son sein des hommes dont le profil est encore une représentation du système et d’autres qui ont récemment rejoint la coalition, suite à des calculs politiques et d’échecs de négociations par les conditions systèmiques qu’ils voulaient imposer à la coalition de l’anti système, Sonko Président. Cette coalition ne peut s’extraire du système car ayant en elle les germes des intérêts cryptopersonnels.

En un sens plus raffiné, la  dualité annoncée plus haut est composée de la coalition Benno Bokk Yaakar et de la coalition Idy 2019 donc représentation parfaite du système contre la coalition Sonko Président et dans une moindre mesure la coalition du Pur, coalitions de rupture et d’anti système.
Au demeurant, dans cette élection, malgré la pluralité des coalitions, seuls deux pôles se dessinent, celui du système et celui de l’anti système.

Concernant les statistiques, les mémoires les moins défaillantes se souviennent encore des élections législatives où la coalition présidentielle avait 49% donc n’avait pas la majorité, malgré une organisation catastrophique à sa faveur. Si on se limitait à ces simples statistiques, il y aurait inéluctablement second tour. Mais entre temps beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.
En effet, la nouvelle configuration politique montre d’une part, la popularité exceptionnelle de Ousmane Sonko qui a réussi le parrainage avec brio, et d’autres part, Idrissa Seck, par sa coalition et certainement par son expérience, draine avec lui un grand nombre de citoyens sans parler de la méthodique organisation du Pur.
Aussi, statistiquement, la nouvelle carte électorale montre nettement que Dakar (25,25%)  Thiès (13,48%) et Diourbel (8,8%) représentent près de 49% du fichier et sont décisifs pour une victoire au premier tour.
Dans ces régions, lors de l’élection présidentielle, la majorité présidentielle n’y a dépassé les 35%. Or les mêmes statistiques ont montré que pour passer au premier tour, faudrait-il avoir 52% dans ces grandes villes, ce qui est quasi impossible.
En définitive, dans cette élection présidentielle se joue le combat démocratique entre système et antisystème mais inévitablement c’est à l’annonce du second tour qu’on pourra savoir si le système fera face à l’anti système (BBY/Sonko Président) ou encore le même système face au même système (BBY / Idy 2019)

Ababacar Sadikh Top
Journaliste
Sénégal : 00221 77 232 06 06
Maroc : 00212 06 14 28 00 43