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Présidentielle 2019 : Le Compte KK De Macky Sall Ouvre La Voie Au Vétéran Idrissa Seck (Par Pathé Mbodj)

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La fausse  tempête dans un verre d’eau, au Parti démocratique sénégalais,  alimente le compte KK de Macky Sall en faveur du candidat vétéran qu’est Idrissa Seck dans sa troisième tentative, après avoir théorisé les campagnes électorales antérieures, au Pds. Au début des années 70,  Abdou Diouf avait créé le fameux compte K2 pour contrer la montée de Me Abdoulaye Wade, en particulier au Sine-Saloum qui avait été le lieu de naissance des activités politiques du parti démocratique sénégalais (Pds). Aujourd’hui, mutatis mutandis, Macky Sall se crée un KK dans les mêmes  conditions et objectifs pour liquider  les adversaires les sérieux, Karim Meïssa Wade et Khalifa Ababacar Sall, député-maire de Dakar… ouvrant une large brèche à un candidat connu des populations sénégalaises qui sauront le maîtriser désormais.

Le Parti démocratique sénégalais (Pds) s’est lancé dans un combat d’arrière-garde avec la fausse crise née le 10 septembre dernier autour du candidat éventuel des Libéraux à la présidentielle du 24 février 2019 ; Me Wade a très vite refermé la parenthèse, sachant que les accusations contreMadické Niang ne sauraient prospérer : le fidèle avocat mué en responsable est celui des années de braises, théoricien de la simulation. Qu’importe,  l’essentiel est là : le Pds n’aura pas de candidat et il en est exactement de même au Parti socialiste-tendance Khalifa Sall qui refuse de voir la réalité d’une candidature impossible qui va disperser les forces face au pouvoir.

La mini-tempête dans un verre d’eau est née du réalisme d’un certain nombre de militants devant l’impossibilité de maintenir le fils de Me Wade comme unique candidat du Pds ; malgré le vaudeville valant attentat en ce  11 septembre d’un lancement d’une campagne impossible pour un candidat virtuel.

Le procès en sorcellerie intenté contre Me Madické Niang accusé de vouloir être khalif à la place du khalif démontre l’incongruité dans lequelle s’est engouffré le parti de Me Wade de vouloir imposer Karim Wade comme seule alternative. Dans la réalité, le Brutus présumé confie volontiers, off the record, ne pas être dans les dispositions psychologiques pour être candidat.

Karim Meïssa Wade ne sera pas candidat à la présidentielle du 24 février 2019 au Sénégal, ni pour le Parti démocratique sénégalais (Pds) ni pour une quelque autre formation ou coalition de formations politiques : ses démêlés avec la justice ne lui permettront pas de se présenter, comme, au demeurant, son inscription a été rejetée en vertu de l’article L31 du code électoral (1). Expulsé littéralement du Sénégal à l’issue de sa condamnation de six d’emprisonnement, l’Etat sénégalais a émis une contrainte au corps au maximum pour recouvrer une amende de 138 milliards et ainsi maintenir Karim Meïssa Wade loin des  sénégalaiseries de la campagne présidentielle de février 2019.

Le script était parfait, jusqu’à cet huissier Me Jean-Baptiste Kamaté qui,  en mai, a réussi l’exploit de trouver portes closes pour signifier à Karim Wade au Qatar de payer les 138 milliards. Il n’empêche : les théoriciens du Pds suggèrent de le faire venir pour se présenter comme le martyr arrêté et emprisonné pour des raisons politiques. Ceci est l’hypothèse sur laquelle travaille la formation de Me Wade. Il restera à savoir quelle sera la position des parties garantes de la libération et de l’expulsion de Karim Wade : le Qatar assistera-t-il au scénario les bras croisés, après avoir réussi là ou les plus autorités religieuses du pays ont échoué ?

Il en sera de même pour le Parti socialiste tendance Khalifa Sall : les mêmes griefs relevés contre le candidat présumé se retrouvent dans le dossier du député-maire de Dakar, l’exil en moins, sauf s’il s’agit de l’isolement en prison. Son directoire de campagne n’en mène pas moins grand bruit autour du parrainage, frustrant peut-être d’autres candidats d’une possibilité de faire face au président sortant. Car la stratégie de la diversité des candidats de tout poil (d’emprunt, de substitution et/ou de diversion,…) est justement semer la mauvaise graine pour se faire rejeter de l’électorat, d’une part, ou de paupériser le vote pour obliger le président sortant à un second tour, synonyme de chute au Sénégal, depuis l’An 2000.

Il restera alors de faire face à la réalité et de se disperser entre la dizaine de candidats retenus. Et Idrissa tiendra la corde face à Hadjibou Soumaré : sa proximité libéralo-socialiste est déterminante en dernière analyse et il semble avoir battu sa coulpe par une moralisation de ses positions d’espièglerie antérieures. Cruel drame cornélien pour un pouvoir pris à son propre piège.

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1- l’article L31 du code électoral qui dispose que ne doivent pas être inscrits sur les listes les individus condamnés pour crime, ceux condamnés à une peine d’emprisonnement sans sursis ou à une peine avec sursis d’une durée supérieure à un mois assortie d’une amende pour l’un des délits : vol, escroquerie, abus de confiance, trafic de stupéfiant, détournement et soustraction, commis par les agents publics, corruption, et trafic de stupéfiants, contrefaçon et pour les délits supérieurs à une peine d’emprisonnement de cinq ans.

Pathé MBODJE, M. Sc, 
Journaliste, sociologue