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PRESIDENTIELLE DE 2019 AU SENEGAL : trop de lumière pour peu de visibilité

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Le parrainage permettra de filtrer les candidatures fantaisistes et limiter le business de certains leaders de partis dits politiques et hommes d’affaires, qui marchandent leurs récépissés à coups de dizaines voire centaines de millions au détriment De l’image du Sénégal, de la démocratie républicaine et représentative. Pour autant, peut-on s’attendre à une limitation des candidats, encore la caution a été baissée de 65 à 30 millions ?

Le Parti Socialiste sans candidat, impensable, jusqu’à preuve du contraire. Qui va porter cette candidature, avec quelle crédibilité devant l’opinion électorale ? Ousmane Tanor Dieng ? Pas sûr, avec tout ce qui s’est passé entre Macky et lui.  Il lui serait illusoire de se présenter face à Macky ; à la Landing Savané face à Wade en 2007.

Les partisans de Khalifa vont-ils choisir un autre candidat ou reporter leurs voix vers le Parti de l’Unité et du Rassemblement, une formation politico-spirituelle, dont l’épicentre n’est autre que Tivaouane, dont Khalifa porte le nom d’un des plus grands dignitaires. Le parti a fait un bon score aux dernières législatives de 2017.

Tivaouane contre Macky Sall ? Invraisemblable pour les réalisations qu’il y a faites en termes d’édifices devant accueillir des cérémonies et manifestations religieuses. Son image en pâtira à coup sûr. Mais le PUR n’est pas figé à Tivaouane. Ils sont implantés dans le Dakar, le Cayor et un peu dans d’autres localités. Ils s’établissent un peu partout au niveau national, grâce aux bons résultats qu’ils ont obtenus et la médiatisation de leur score.

A moins de six mois des élections présidentielles, estimées les plus disputées des observateurs, rien n’est encore clair, malgré la constellation des candidatures qui se dessine. Un horizon est là. Mais l’excès de luminosité baisse la visibilité et la lisibilité de la perspective.

La  pénurie d’eau dans certaines parties de Dakar, qui a été à ce moment, le thème des complaintes des opposants a été partiellement tu grâce au retour progressif du liquide précieux et l’ouverture de nouveaux forages qui aliment des quartiers jadis dits défavorisés. Les carences dans la campagne arachidière ont été corrigées, heureusement pour le monde rural. L’emploi des jeunes n’est pas entièrement réglé (impossible à l’état actuel de nos pays) mais la promotion de l’auto-emploi a créé l’espoir chez de nombreux jeunes.

L’opposition est absente dans certaines zones du pays. Ce qui créée forcément un vide. Les dérives répétées de certains partisans du pouvoir ont fini par installer le doute dans certains milieux et dans certains esprits. Le vide est visible, les indécis sont nombreux. De nombreux citoyens-électeurs sont dans un tourbillon politico-médiatique sans que des personnes puissent polariser et canaliser leurs aspirations et convictions.

Les mouvements de soutien : une alternative à la mutinerie interne du parti au pouvoir ?

Rien ne le prouve, à priori, même si, le Président  Sall, constatant les insuffisances dans son parti, a voulu miser un peu sur ces calebasses électorales pour combler les vides qui se créent au sein de sa formation.  Depuis lors, on constate et comptabilise une floraison de « mouvements de soutiens à Macky Sall ». Mais quelle de force dispose ces mouvements pour parfaire les carences  dans l’Apr et pour quel effet, quand, dans beaucoup de milieux, ce sont les  mêmes personnes qui sont membres de plusieurs mouvements ?

Entre les dirigeants des mouvements et les « responsables » classiques du parti, qui pourrait canaliser les militants et sympathisants de la coalition ou du parti présidentiel ? L’interrogation est d’autant plus importante qu’il y a risque : incohérence et manque de visibilité dans la coalition et chez les militants, pris entre deux feux.

L’opposition : une armée mexicaine

Le Plan du Pds a soulevé l’ire du pape du Sopi qui a tancé un de ses ténors, Madické Niang avant que les choses en se calment. Mais le mal est déjà fait et le message est clair : toute ambition, au Pds, surtout celle présidentielle, n’est réservée qu’à une seule personne : Karim Wade. Les anciens du parti, qui ont quitté et fondé leurs propres partis ne me contrediront pas.

Quand est-ce que Karim Wade va-t-il venir au Sénégal et que le Pds vende son image au reste des sénégalais qui ne sont pas convaincus de Wade fils. Les uns annoncent que c’est pour bientôt, les autres affirment mettre en place les conditions avant qu’il ne rentre.

Le Pds va-t-il travailler pour Macky en boycottant les élections sans Karim Wade ? Ce serait  un suicide et une inconséquence : une incompétence. A moins que ce soit la mission qu’ils se sont assignés en secret. Sinon, ils ne mériteraient plus de porter le titre de « disciples » d’Abdoulaye  Wade, exemple de courage et de real politik.

Au Rewmi, Idrissa Seck panse ses plaies socio-politiques contractées dans la bataille entre Makka et Bakka. Farba Senghor, un homme qui l’a longtemps pratiqué estime qu’il s’en est pris trop tôt et la corde s’est cassée.

Au PUR, il y  a une discipline interne, une conviction forte, un travail sous terrain efficient qui a dévoilé ses résultats lors des législatives. Si les législatives sont nationales, les enjeux ne sont pas les mêmes et les jutes  ne sont pas les mêmes pour une présidentielle. Ses résultats seront-ils suffisants pour élire leur candidat déclaré ? Qui vivra verra.

Les apéristes pourraient se réveiller et prendre conscience que l’enjeu : c’est la réélection de Macky Sall et pas un positionnement pour les locales de 2019. Parce que si Macky n’est pas réélu, toutes les cartes seront remises sur la tables et re-belottées. Les Maires sortants pourraient perdre leurs sièges et les prétendants pourraient buter sur les hommes et femmes de la nouvelle majorité.

L’opposition va-t-elle se ranger derrière un seul candidat, qui va étouffer toutes les autres ambitions, dont pour certaines, c’est la dernière chance ? Compro-mission impossible. Tant les ambitions sont nombreuses et les porteurs orgueilleux.

En attendant, la course aux parrains est lancée. Opposition et pouvoir s’accusent mutuellement de recourir à des méthodes anti-démocratiques pour collecter le maximum de signatures : l’achat de conscience.

 

Mamadou Lamine BA

Journaliste Consultant en Marketing Politique

ballamine@gmail.com

Tel : 77 99 32 55