Home»A la une»Quelques notes sur « Le Sénégal au coeur »

Quelques notes sur « Le Sénégal au coeur »

0
Shares
Pinterest Google+
J’ai lu rapidement « Le Sénégal au coeur » de Macky Sall. C’est d’ailleurs un livre de 168 pages pas difficile à lire, si l’on se passe de certaines généralités sur l’histoire du Sénégal,  des rappels et autres évidences qui donnent l’impression que l’ouvrage est destiné à des non-Sénégalais. La Charte du Mandé a été largement citée et la « révolution Torodo »  pour dire que « L’Afrique n’est pas si mal partie », reprenant le titre du chapitre 17.  Il y a aussi     la part importante de « bilan », l’actif particulièrement. Le Cmu, le Pudc, les bourses familiales, initiatives enveloppées par le Plan Sénégal émergent fils du Yonu Yokkute. Une volonté manifeste de montrer des réalisations pour solliciter un second mandat.

Mais ce qui passionne le plus dans ce livre, ce sont les éléments de biographie. Macky a retracé son parcours « glorieux », évoquant « cette enfance qui nous construit », ses origines modestes, mettant en exergue la noblesse de sa descendance pour mieux répondre à Wade qui l’avait traité d’esclave.

Il a beaucoup insisté sur sa « Longue marche », lui « L’enfant à dévorer ». Il a fustigé Idrissa Seck « l’autoritaire » lui, qui a tenu tête à Wade qui voulait l’humilier en le poussant vainement à la démission de la tête de l’Assemblée nationale. La traversée du désert, la recherche laborieuse  de maison à louer après son départ forcé du perchoir, entre autres.  Plus loin, il relate la victoire, le coup de fil de Wade « pas amer », avant la proclamation des résultats, l’espoir d’une réconciliation avec le compagnon.

Et ce jugement sans appel » Hélas, en 2012, c’est un Wade aigri et insultant qui a ressurgi ».  Une appréciation qui aurait été plus honnête si l’auteur avait évoqué les soubresauts liés à la traque aux biens mal acquis avec notamment l’arrestation de Karim Wade. Rien de cet épisode dans « Le Sénégal au coeur ».  Comme pour suivre sa ligne de conduite, hommage a été rendu à Abdou Diouf le deuxième president du Sénégal.

Autres remarques :
Macky qui a raconté l’episode de la défaite du Pds et  de Karim à Dakar, n’a pas jugé nécessaire de prononcer le nom de Khalifa Sall, le vainqueur.
Alioune Badara Cissé, considéré alors comme le numéro 2 de l’Apr, ne fait pas apparemment plus partie de l’histoire de cette formation.  Il  prend la défense de Souleymane Ndené Ndiaye, l’ami camarade étudiant, un des membres de « la bande à  Sandrine ». Même Ousmane Ngom a eu son clin d’oeil.

Il y a très peu de nouveautés surtout pour ceux qui ont lu le livre d’Alioune Fall « Macky Sall, contre vents et marées ». Des histoires enjolivées que d’autres acteurs devraient pouvoir compléter ou contester pour la postérité et la richesse du débat.

Autre remarque qui a attiré mon attention c’est le bilan du drame du Joola en 2002 revu à la baisse dans le livre. Il ne s’agit plus de 1863 morts officiellement mais de 1683 morts. C’est un détail important que Macky Sall qui a hérité du  ministère des Transports et des Infrastructures à la suite à ce  drame, devrait expliquer.

Enfin, le nom de Marieme Faye, est cité à satiété dans l’ouvrage. Vraiment, elle est très bien placée dans son coeur, dans « Le Sénégal au coeur ».  Un attachement et une reconnaissance notoires. Sans Marieme, comme il la nomme avec affection, Macky ne serait peut être  pas.
Même Sandrine, si belle, ne  pourrait pas occuper une telle place.

Mame Gor NGOM