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Robert Sagna « vs » Xavier Diatta ou le MFDC dans tous « ses » états

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« …On peut dire aujourd’hui que la guerre est finie. Ce n’est pas pour dire que la paix est là. La paix définitive est en train de s’instaurer. Elle n’est pas définitivement installée, mais il faut se réjouir que nous connaissions déjà une accalmie… Etant dedans, je peux dire que les choses bougent plus que vous n’imaginez… Salif Sadio est un homme de paix. Il est pour l’indépendance de la Casamance mais aussi pour la paix en Casamance… »

Ces propos sont d’un Sachant, Robert Sagna, président du Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (GRPC), qui sonnent comme en écho, ou plutôt comme en réponse feutrée, aux propos prêtés une semaine auparavant à un autre Sachant, Xavier Diatta, auteur de ‘‘Fiju Di Terra, la crise casamançaise racontée à mes enfants’’ puis de ‘‘Casamance, les geôles du mensonge’’, selon lesquels « des officiers (du MFDC) touchent jusqu’à 450 000 francs, là où des sous-officiers peuvent gagner 400 000 francs, des soldats touchant entre 250 000 et 150 000 francs’’. Toutes choses qui expliqueraient ou justifieraient, seules, aux yeux présumés de l’auteur, « l’accalmie notée en Casamance depuis un certain temps ».

Ainsi, le premier Sachant nous promet-il « la surprise (vous serez surpris) de constater les résultats d’ici quelques temps et très positivement… », face au pessimisme prometteur du second.

Or, à l’extrême opposé de l’un et de l’autre, et par une espèce de symétrie parfaite, je suis un Acteur, pas un Sachant mais un Acteur, même si, de manière discrétionnaire et unilatérale, pour la paix au sein du MFDC et hors MFDC, en son temps, j’ai cru devoir renoncer à ma charge de secrétaire général du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC).

C’est donc à ce titre, et seulement à ce titre, que je sais, sans être un Sachant.

Je sais, par exemple, que depuis 2012, à la faveur d’une profonde introspection salubre, les différentes factions armées du MFDC se sont retrouvées, d’abord ; pour ensuite se parler, les yeux dans les yeux ; avant de convenir de la nécessité d’un commandement unique, qui fasse allégeance à une autorité morale et politique unique. Entendu que ce processus se caractérisera, singulièrement, exactement depuis octobre 2014, par la fermeture du Maquis, toutes factions confondues, et notamment par son « isolement » du reste de la Casamance d’une part et du pays d’autre part.

Mais je sais, aussi, que nous devons, plutôt, à cette accalmie notée en Casamance, non pas je ne sais quelle forme de bien-être social dans le Maquis, mais la rencontre de deux volontés politiques avérées, qui plus est sincères : celle du président Macky Sall d’une part et de l’autre celle du MFDC toutes factions confondues, qui veulent ainsi, sincèrement donc, « faire la paix des braves, sans vainqueurs ni vaincus ». »

Gageons, toutefois, et pour terminer mon propos, que la promesse de « la surprise (vous serez surpris) de constater les résultats d’ici quelques temps et très positivement… » s’avérera. Nécessairement ! Et qu’elle sera agréable, tout au moins pour les Casamançais et plus généralement les Sénégalais dans leur globalité.

Mais le sera-t-elle jamais pour Robert Sagna avec son GRPC ?

Seule l’Histoire, encore elle, toujours elle, nous le révélera.

Dakar, le 29 janvier 2020.

 

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)