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Sénégal-Présidentielle 2019 : À Vaincre Sans Péril

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Seul devant des candidats novices dans leur majorité, à une exception près,  Macky Sall est presque assuré d’un second mandat. Sauf sursaut d’orgueil : le filtre de la Loi place le candidat de majorité à un second tour de fait et qui pourrait lui être fatal avec les appels aux reports de voix.

Un sursaut d’orgueil pourrait freiner la marche du candidat Macky Sall vers un second mandat où vraisemblablement il s’achemine : seul devant des candidats primo dans leur majorité, le président sortant est presque assuré d’une promenade de santé. Déjà, la mise à l’écart des deux du cinq majeur, Karim Wade et Khalifa Sall, laissait le Macky Salll en tête à tête avec le professeur Issa Sall et Ousmane Sonko, candidats « sans illusion » comme le reconnaît en privé l’ancien inspecteur du service des Impôts et Domaines et présenté par  Pastef/Les Patriotes ; sans illusion mais pas sans prise réelle sur des populations inclinant volontiers vers un solidarisme né des difficultés de Sonko renvoyé de son emploi et persécuté maladroitement (1)…comme pour Karim Wade et l’ancien maire de Dakar déchu de ses fonctions dans une procédure encore en Cour.

 

Par ailleurs, otage du mouvement « Moustarchidine » qui lui a imposé l’épreuve de force du meeting d’investiture prévu d’abord le Premier et finalement renvoyé au 8 décembre, le professeur Issa Sall n’est pas encore sorti de l’auberge du responsable moral Moustapha Sy. Au demeurant, ce soubassement religieux pourrait  aussi s’avérer aliénant pour une communauté internationale perturbée par les mouvements djihadistes en terre africaine.

Le même qualificatif religieux est accolé à Sonko, dans une tentative puérile de discréditer un sérieux candidat (Assane Diop sur TV-Rfi). La liquidation de Malick Gakou est alors intervenue après le ralliement de Abdoulaye Baldé de Ziguinchor et libère une banlieue et une frange maritime atlantique jusque-là rétive au pouvoir central : le rapprochement avec le maire des Parcelles assainies, l’affaiblissement de Takhawu Ndakarou avec la mise entre parenthèses de Khalifa Sall seraient le raccourci légal pour donner les coudées franches au candidat de Benno Bokk Yakaar.

Enfin les repêchés que sont Madické Niang et Idrissa Seck ne peuvent alors que renforcer ce sentiment diffus d’un penchant de la Justice pour le candidat de la majorité : en Cour, en Appel et en Cassation, l’interprétation libre de la Loi n’a pas donné des garanties de neutralité d’une Justice qui a connu des secousses sérieuses en 2018 (2). Les arguties du Conseil constitutionnel ne sauraient prospérer sur le plan technique : objectivement, l’informatique nous instruit que « you put carbidge in, you get garbidge out,  autrement dit une clé usb ne peut introduire du « Gold » pour obtenir du « Bold sh… », argument majeur des praticiens du Droit pour filtrer les candidats au premier tour.

 

Il reste que, comme en 2011, les tentatives de décrédibilisation des candidats a produit un effet boomerang : Sonko s’incruste de plus en plus et pour punir un dédit fatal à Niass et à Tanor en 2012, la ruse de Idrissa Seck ne serait plus un argument sérieux à opposer au candidat de « Rewmi », les politiciens étant tous champions du « wakh wakhète » sur leur fortune, la durée du mandat, le tripatouillage constitutionnel, etc…

 

 

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(1)-Par décret n°2016-1239 du 29 août 2016,  “Monsieur Ousmane Sonko, Inspecteur des Impôts et des Domaines principal de 2e classe 2e échelon, matricule de solde n°604.122/I,  est révoqué sans suspension des droits à pension pour manquement à l’obligation de discrétion professionnelle prévue à l’article 12 de la loi n°61-33 du 15 juin 1961”. A l’heure des lanceurs d’alerte.

 

(2)-Ibrahima Hamidou Dème a démissionné le Premier février 2017 du Conseil supérieur de la magistrature (CsM) où il était coopté pour représenter ses pairs ; quant à lui, le juge SouleymaneTéliko se désole de la présence du chef de l’Etat au CsM et mène sa croisade pour l’indépendance de la magistrature.

Lire également

Abdourahmane Diouf, avocat général, directeur du service de documentation et d’études de la Cour suprême : « Le rabat d’arrêt devant le juge de cassation. Cour suprême », bulletin d’information 5-6, pages 101 à 114.