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SONKO et la Qatar connection (POUYE Ibra)

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Et si Ousmane Sonko m’était conté ? Et si les jours du leader du parti Pastef les Patriotes étaient comptés ? Et si Sonko était victime de cabale et en ferait-il son fonds de commerce pour se poser en victime dans une société qui aime voire adoube ou vénère ses propres victimes voire bourreaux des fois?

L’histoire est récente et elle est toujours là pour nous rappeler nos errements individuels et collectifs. En tous les cas, Sonko défraie la chronique quotidienne et met le landerneau politique de Ndoumbélane sens dessus dessous. Ce titre, soumis à notre réflexion, est-il fort de café si l’on sait qu’Ousmane Sono est affublé de salafiste doublé d’un jihadiste par le régime actuel. S’il en est ainsi, l’Etat doit prendre ses responsabilités les plus idoines pour contrecarrer ses projets d’attentat et de nuisance sur le territoire sénégalais. Rire sous cape. Le régime est aux abois. Les démons s’agitent. Le porte-parole du gouvernement actuel et un énergumène en la personne de Moustapha Cissé Lô en ont fait la principale cible à abattre. L’appel au meurtre de ce dernier. Même Jeune Afrique(JA) en a fait sa Une hier. La peur est en train de changer de camp. Le brouhaha se lève là où on ne l’aurait pas crû. La folie du pouvoir gagne du terrain. La paranoïa s’installe doucement mais dangereusement. 2019, l’an de tous dangers,  point. Les esprits s’échauffent. La presse locale s’emballe telle une mécanique rouillée. Et Ousmane Sonko se met en place. Il est sous la lumière et cette dernière fend son visage.

Le peuple, ivre de politique, en redemande et ses sorties sont devenues une piqûre de rappel au régime. L’on ne se passe plus de ses sorties fracassantes comme celles de Pape Alé Nang, une autre terreur du régime de Macky Sall. Décidément, ces enfants de la politique et de la télé sont devenus intenables voire couillus ad nauseam. L’on ne peut plus se lasser de ses deux acolytes. Cela se susurre qu’ils le sont. Deux larrons en foire tels des tourtereaux en plein délire. Buzz médiatique ou pas, la sonkomania secoue le régime et gagne du terrain. En effet, ce dernier risque de tomber de son piédestal. Mais déraciner Macky Sall et ses ouailles n’est pas chose aisée parce qu’ils sont ancrés dans le sol rempli de leurs racines profondes et fielleuses. L’axe du mal contre l’axe du bien. C’est ce que fulmine une certaine presse abonnée à la mondanité.

En bon stratège, le leader de Pastef les Patriotes distille des phrases assassines et polémiques comme celle où il disait que tous les chefs d’Etat qui se sont succédé depuis le soleil des indépendances à nos jours méritent le peloton d’exécution. Et là badaboum, le gouvernement et ses ministrons s’engouffrent dans la brèche et déversent leur bille sur le jeune leader. Ce qui fait le bonheur de Sonko fait le malheur de certains. Malheureusement, la politique est taillée ainsi. Elle un est enfant terrible. Un ogre allant jusqu’à manger ses propres enfants qui ont fait d’elle ce qu’elle est présentement. Pauvres bougres ! Pauvres enfants égarés ! Pauvres de nous aussi ! Nous n’avons  rien compris et ne comprendrons peu ou prou la quintessence des affaires de la Cité. Et elle s’appelle politique ! Et elle a cette fierté de nous tourner en bourriques. Drôle de force de la nature existentielle de l’Homme. La phrase de Sonko, un lapsus de communication si malheureux qu’il fût, ouvre des portes à ce dernier. En effet, il ne suffit point de fusiller Senghor, Diouf, Wade et encore moins Macky Sall mais de lui permettre de nouer une alliance entre le système et l’anti-système.

Un drôle de mariage perçu par certains comme contre-nature et vu par d’autres comme une alliance normale sachant qu’en politique tout se noue et se dénoue. Et la politique à Ndoumbélane a toujours été cousue de bric et de broc et depuis belle lune. Allez demander cela à Wade ou à Macky, ils vous diront pareil ! Personne ne peut aller sans l’autre. Une sorte de chaine de vélo. Tout s’imbrique et se pédale doucement. Sonko-Wade, une drôle d’alliance ? Seules les montagnes ne se rencontrent pas mais seuls les grands esprits se joignent des fois et insufflent une certaine énergie. Ainsi vogue cahin-caha ce Sénégal-là que nous dévorons à grand appétit quand nous parlons de lui. Et durant sa dernière conférence de presse, dans le but d’éteindre le feu de paille qui risquait de consumer la case Pastef, Sonko a su ramener certains leaders du Parti démocratique sénégalais (Pds) à de meilleurs sentiments.

La politique est un vilain jeu. Il a su calmer les ardeurs même si Abdoulaye Wade ne s’est jamais senti visé par les missiles tomahawk du jeune leader. Ce dernier va à Qatar, oui ! Sonko avec l’alpha et l’oméga de la politique sénégalaise, oui ! Sonko avec le faiseur de roi, niché et dirigeant son grand parti le Pds depuis la petite monarchie du golfe persique, oui ! Et de Karim Wade, le prince déçu et exilé, cela se sait et beaucoup d’eau coulera sous les ponts. Les propres souteneurs de Wade fils en prendront pour leur grade. L’on sait pertinemment que Karim est condamné et a failli être fusillé. Oups, je vous prie d’excuser cette intempérance de langage de ma part parce que je suis un profane de cette langue ô combien difficile !

Ayant la pédagogie en bandoulière comme un certain Macron.E, Ousmane Sonko saura convaincre le pape du Sopi en utilisant les mots qui titilleront l’esprit très fécond de ce renard de la politique sénégalaise. A Qatar, Sonko s’emploiera et pourvu qu’il y aille, à donner corps et âme à son projet de société même s’il est déjà ficelé et taillé sous toutes les coutures. Et ladite rencontre se fera solennellement et sous le sceau de la République. En tous les cas, deux stratèges doués de bon sens feront ensemble le destin d’une nation et ils scelleront leur cause commune. Celle de bouter Macky Sall et sa clique hors du palais de l’avenue de Roume, occupés à semer les graines d’un second mandat sur fond de corruption de votes et de suspicion très dangereuse per fas et nefas.

L’an 2019 risque d’être un tournant au Sénégal. Ce futur petit eldorado du pétrole et du gaz, enjeux de toutes les convoitises actuelles. Et cela vaut l’objet de toutes les Cassandre. Mais prions qu’il n’en soit pas ainsi ! Et du Qatar, des nouvelles fraîches nous reviendront en boucle et ô combien heureuses pour le destin de cette nation qui se jouera d’ici peu. Vivement 2019  et vivement nous, peuple sénégalais !

POUYE Ibra