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Tous les moyens ne sont pas bons… (par Jean-Marie Biagui)

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En l’occurrence, toutes les sources de financement ne sont pas bonnes, même pour un mouvement clandestin comme le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), où « la demande » est constamment forte, et « les besoins vitaux » de plus en plus accrus, et toujours verbalisés en tant que tels et présentés à qui de droit de manière incisive ; tandis que « l’offre » subséquente est en permanence à ses portes, ou à ses fenêtres, et « les opportunités » toujours aussi nombreuses que prometteuses quant aux « occasions rêvées de victoire » aux dépens de l’Etat. Même le « diable », surtout le « diable » devrais-je dire, est de la partie.

Sous ce rapport, donc, il faut être habité d’une certaine éthique, sinon d’une éthique certaine ; en être constamment animé ; pour s’élever comme par la verticale au-dessus de « la mêlée » avant d’aviser.

Ce faisant, vous devenez, ou vous restez, un homme ou une femme libre ; c’est-à-dire vous-même. C’est en tout cas la formidable expérience qu’il m’a été donné de vivre, dans la plénitude de mes convictions profondes y relatives ; d’abord comme Secrétaire à l’Aile Extérieure du MFDC, et ensuite en qualité de Secrétaire Général dudit mouvement.

Qui eût cru, un tant soit peu, que parmi les candidats au statut de réfugié politique casamançais, estampillés « MFDC », nombreux étaient le fait de l’Etat sénégalais ?

C’était du temps de la « décennie glorieuse » du Secrétaire Général Adjoint du MFDC et Représentant du mouvement en Europe & Dépendances. Il proposait alors le « sésame MFDC » contre six mille francs français. C’est une des nombreuses raisons de ma brouille avec ce dernier.

En agissant de la sorte, les autorités sénégalaises s’offraient, par anticipation déjà, quelque paix sociale, voire politique, notamment dans la Région du Sénégal Oriental, futur et prometteur « eldorado » du pays ; tout en assénant un sacré coup à l’autorité déjà chancelante du MFDC, alors grandement incarnée par un certain Mamadou Sané dit Nkrumah.

Le MFDC traînera ce boulet pendant longtemps, la carte de membre du mouvement n’ayant plus de valeur aux yeux notamment de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

Certes, dans l’absolu comparaison n’est pas raison, mais en l’espèce comparaison peut être raison.

En effet, qu’est-ce qui pourrait bien empêcher les autorités de fabriquer des « sympathisants PASTEF », non Sénégalais qui plus est, qu’ils résident au Sénégal ou à l’étranger ; d’en faire de « généreux » donateurs de PASTEF ; et à terme de retourner cela contre le parti ?

C’est que, assurément, on peut être un souscripteur formel au « Nemmeeku Tour » (campagne internationale de levée de fonds) de PASTEF sans en être nécessairement le véritable souscripteur, le souscripteur objectif si je puis dire.

« L’affaire Lamine Diack » est encore toute fraîche dans la mémoire collective, qui rappelle, donc, opportunément, cette lapalissade.

Ousmane Sonko, c’est un fait, veut devenir président de la République. C’est légitime. Mais ce qui l’est moins, c’est qu’il est un homme politique trop pressé, qui se veut plus rapide que la vitesse. Et ça n’est possible qu’avec les « raccourcis ».

Or, le « Nemmeeku Tour » en est un ; un « raccourci » potentiellement dangereux.

Le parti PASTEF avec son leader serait donc bien avisé de considérer la mise en garde du Ministre de l’Intérieur, quant au respect de la loi en matière de financement des partis politiques, comme une piqûre de rappel d’une part, et du pain bénit, ou de l’eau bénite, d’autre part.

Car, le « Nemmeeku Tour » émanant de PASTEF, « chantre » de la morale en politique ; le « Nemmeeku Tour » étant pour ainsi dire résolument innovant, sinon révolutionnaire ; il va sans dire qu’il exige ipso facto de l’autorité compétente qu’elle soit en l’espèce rigoureusement regardante.

Cela a bien un nom : l’éthique en politique, sinon l’éthique tout court.

Dakar, le 5 janvier 2021.

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)