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Un Dieu et deux mandats, trois mandats ? (Par Ibra Pouye)

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Ce titre, soumis à notre réflexion, est-il fort de café ? Ce titre on ne peut plus clair, divise-t-il ? Clive-t-il ce peuple sénégalais, rompu à la politique ? Peuple de sourds. Peuple de bougons. Peuple de rats des campagnes et des villes. Mais moi, Macky Sall, mon amour est taillé pour les rats des campagnes. Parce qu’eux ne savent pas ce qui passe dans ce landerneau trépident de la politique de Ndoumbélane.

Bon Dieu, qu’ai-je fait pour mériter un tel sort ? Un destin dur même si la carapace que je porte est ô combien solide. Et pourtant c’est la croix et la bannière comme ce fut Jésus de Nazareth pour le peuple juif mais la question qui hèle, c’est de savoir si réellement mérité-je l’échafaud ou la croix ? 2019, l’année de tous les dangers. 2019, l’an 2 de mon sacre électoral. Ce que dit ma cour composée de zélés et de souteneurs. Contrairement à mes ennemis qui se chargent de dire le contraire. Et qu’il en soit ainsi, je gagne ou je gagne ! Et qu’importe la saveur de ma future victoire ! Nous sommes en Afrique, la terre de tous les miracles politiques, la terre de toutes les impossibilités !

Dieu et 2019

L’an 2019 pointe son nez de couleur ocre à la saveur sahélienne. Comme l’harmattan soufflant sur des braises encore incandescentes. Effectivement, l’année 2019 est l’an que je redoute le plus. Celui de ma plénitude ou celui de ma déchéance. Mais bon Dieu fera que ce sera l’an 2 de ma renaissance. Un président tout neuf aux yeux de mes sénégalais. J’emploie et j’use ce mot ‘’mes’’ parce que ce peuple, à travers sa béatitude, m’appartient et qu’il n’en déplaise à ceux qui bougonnent et râlent. En effet, ceux-là méritent la sentence divine. Dieu m’est témoin. Le Dieu de 2019 fera de moi un nouvel empereur. Le nouvel enfant prodigue. Le prodige de la politique sénégalaise. Celui qui a su dompter la foudre de l’opposition. Cette opposition amorphe. Celle-là ressemblant à une hydre. Vous savez, l’hydre, ça me connaît, moi Salla Ngary Lamtoro, descendant de cette lignée noble du Fouta, ennoblie par je ne sais quel roi. M’en passe parce que l’histoire, ça ne me connaît pas ! Les devins ont prédit ma victoire. Celle au soir du 24 février. Une soirée enfiévrée où Dakar bruira de mille rumeurs. Et moi, je serai au faîte de ma gloire auréolée d’une mince gloriole. M’en fous des qu’en-dira-t-on ! Nous sommes en Afrique et une belle victoire électorale existe peu ou prou en politique. Et pourvu qu’il y ait la bonne liqueur et qu’on s’encanaille !

Dieu et mon bilan

Bon Dieu, adresse-toi au peuple et dis-lui que mon bilan est très bon voire défendable ! Sinon, je…je ne ferai plus partie de…Oups, sornettes et sottises. A moi de me taire et de ne plus la claquer sinon mes ennemis vont me prendre pour un faux dévot voire un illuminé. Et ma foi, je ne suis point fou mais j’aime le pouvoir ! Ce pouvoir vous transforme et je sais qu’il m’a tellement tarabusté que je me suis senti Macky tout puissant. Et même faisant fi des prédictions des fois de quelques faux marabouts de la place. Mon bilan est ô combien visible comme le clair de lune qui ne s’est pas montré depuis belle lurette ! Il est visible comme le bout de mon nez de nègre. L’on tambourine et l’on s’embourbe dans des calculs majestueux. L’on chante mes réalisations, mes prouesses, mes qualités d’homme divin et tutti quanti. Même les médias occidentaux ahanent à longueur de journée sur mon bilan corseté dans le fameux Plan Sénégal Emergent(PSE). Mon cheval de bataille que d’aucuns prenaient pour un éléphant blanc. En effet, ces derniers ont eu la surprise de leur vie. Je ne suis pas un piètre politicien. Mais je suis un politicien africain et je fais ce que je veux sur mes terres tout en sachant ce que je dis. Nous sommes en Afrique et après il y a quoi ? Que paroles et paroles sous les tropiques et zéro tumulte.

Dieu et les sénégalais

Je ne sais pas si les sénégalais me comprennent. Au début, ce fut la rencontre d’un homme avec son peuple. Le bel amour. Le coup de foudre violent. L’enchantement finissant par céder au désenchantement. Dieu, dis à ce peuple que je travaille pour lui et non contre lui comme le font croire certains oiseaux de mauvais augure ! Ce peuple est le mien et je l’aime en à mourir. Et je suis prêt au sacrifice suprême. Mais ma foi, que ce dernier me le rende bien aussi ! Et en plus me sacrifier ou me donner corps et âme pour ce peuple, serait-il un sacrilège ? Je demanderai à Dieu qui me dira, j’en suis convaincu, que défendre le Sénégal, c’est essayer d’arrêter la mer avec ses bras frêles. Inutile de se mettre dans cette galère. L’on me dit de tracer mon chemin parce que le sénégalais ne mérite pas un regard. En effet, ce dernier est aussi pire que le français parce qu’il ne sait pas ce qu’il veut. Et le Sénégal n’a que ce qu’il mérite. Hélas c’est moi, Macky !

Et afin qu’arrive ce soir du 24 février et que je m’enjaille avec mon clan à la fibre tribale et que coule le bon vin du vieux temps ! Dieu sera témoin de mes deux mandats. Quid d’un troisième mandat ? Seul lui et moi saurons si une autre onction du peuple serait possible mais bon nous sommes à Ndoumbélane et c’est le royaume de l’inexactitude et des impossibilités, oups des possibilités. Le royaume de Dieu et de deux mandats et pourquoi pas d’un troisième mandat ?

POUYE Ibra